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Allez, ouste !
C'est pas vrai...
Quoi ?
Vous croyez que je l'ai tué ?
Je l'ai trouvé comme ça.
À l'instant.
Attendez ici, camarade. Je vais appeler une ambulance.
JE SUIS VIVANT !
Mettez-le ici.
Un accident ?
Je ne crois pas.
Aucun signe de blessure.
Que lui est-il arrivé ?
Il a été trouvé dans le parc, sans connaissance.
Appelez la morgue.
Mort ?
Je suis mort ?
C'est impossible.
Je suis vivant !
Ça ne se voit pas ?
Il faut qu'ils le voient.
Vous !
Écoutez-moi.
Regardez-moi !
Vous ne m'entendez pas ?
C'est un cauchemar.
Il faut que je me réveille.
Que j'essaie de bouger, ne serait-ce qu'un doigt.
Je n'y arrive pas.
Il le faut !
Ne me laissez pas comme ça. Aidez-moi !
Il n'avait qu'un passeport et un peu de monnaie.
- Il était américain. - Comment s'appelait-il ?
Gregory Moore.
Né à Springfield, dans l'Illinois,
le 6 décembre 1935.
Délivré aux États-Unis.
Son adresse ?
- Je ne la vois pas. - Elle est quelque part.
Elle est sur le laissez-passer.
5 rue Vodichkova. Il était journaliste.
Et la cause du décès ?
Arrêt cardiaque, ça ira.
Indiquez qu'il était déjà mort. Tapez le rapport à la machine.
Nouvelle consigne ?
Simple précaution contre la presse américaine.
Appelez la morgue, j'ai dit.
Mais je suis vivant !
Ne faites pas ça !
C'est tout.
Un trench-coat anglais,
un caleçon,
un maillot de corps, des chaussettes,
une chemise en synthétique,
un pantalon neuf,
une montre-bracelet
et des mocassins montants.
En vrai cuir.
Et de ma taille.
Je peux ne pas les citer, si tu veux.
Non, inscris-les.
Je ne veux pas me faire virer pour des chaussures.
C'est bizarre.
Il est moins froid que les autres.
Ils auraient pu te fermer les yeux.
C'est trop tard.
Allez, là-dedans.
On a encore du boulot.
Ça, c'est sûr.
Mais on n'est pas payés plus.
Ce n'est pas possible.
Ce doit être un cauchemar.
Je ne sens rien.
Il doit faire froid, là-dedans.
Que m'est-il arrivé ?
Seul mon cerveau
fonctionne encore.
Il faut que je me souvienne.
Voyons...
Je suis Greg. Gregory Moore.
Ça, j'en suis sûr.
Mais à part ça ?
"Ce groupe, démasqué la semaine dernière,
"n'était pas un mouvement politique organisé,
"selon des sources officielles. Il n'est pas politisé.
"Ces hommes ont été suivis car ils se réunissaient
"pour parler de la situation dans le pays."
À la ligne.
Jack, donne-lui son chapeau.
"Un responsable du parti a déclaré que les suspects
"sont accusés de mensonges
"préjudiciables au gouvernement
"et d'exploitation ouverte à l'échelle internationale."
À la ligne.
"Aucun des hommes arrêtés n'a été déclaré prisonnier.
"Ils sont détenus dans un asile psychiatrique
"réservé au traitement lourd de cas désespérés.
"Le traitement n'a pas de limites précises."
Ajoute la signature.
À toi de jouer.
À notre feu déserteur.
Tu seras le prochain si tu forces sur la vodka.
J'y passerai sûrement, mais après toi.
On te retrouvera mort d'épuisement.
Toutes ces femmes, ça te pompe trop d'énergie.
Ce serait une belle mort.
Je pars tôt ce soir. J'ai rendez-vous avec Mira.
Continue à creuser ta tombe.
Voici une brève à envoyer.
Selon un correspondant en Sibérie,
un nouveau type de missile nucléaire a été testé.
Tu transmets ?
Je le ferai demain. Si les Russes confirment.
Ça peut être intéressant.
Tu me passeras le télex.
Bonsoir.
Tu vas à la conférence de presse, ce soir ?
Non, mais Jack pourra t'accompagner.
Cherchez la femme...
Pardon, Jessica. J'oubliais.
- Ma belle ! - Mon amour !
Tu as bien reçu toutes mes lettres ?
Oui, une par jour.
J'allais oublier.
Tiens.
- Pour moi ? - Avec tout mon amour.
J'avais hâte que tu reviennes.
Mais je continue à avoir peur.
Peur que tu partes subitement.
Quelle drôle d'idée !
Pourquoi partirais-je ?
Alors que je rêvais de te retrouver
depuis des jours ?
Je ne sais pas.
J'ai un drôle de sentiment quand on se retrouve,
l'espace d'un instant.
Comme si quelqu'un ou quelque chose allait nous séparer ?
Peut-être.
Quand je me projette dans un an ou dans dix ans,
c'est un peu
comme si j'étais à la croisée de deux chemins.
Ils ne me laissent ni imaginer ni espérer quoi que ce soit.
C'est là que j'ai envie de m'évader pour te rejoindre.
Avec toi, je n'ai plus peur de rien.
Pendant tout le trajet.
Il m'a laissée tranquille quand il a vu que j'étais sérieuse.
Puis-je me permettre ? C'est une spécialité de la maison.
C'est dangereux ?
En cas de problème, j'ai un extincteur.
Tu es triste de quitter Prague ?
Oui, d'une certaine façon.
Malgré l'oppression du Parti,
le citoyen moyen arrive à survivre et à garder son individualité.
Et puis, nous nous sommes rencontrés ici.
Quelle heure est-il ?
Quatre heures et demie.
On n'a plus de cigarettes.
Ton baiser a un goût de pomme.
Ton cadeau est bien, ici.
Ils sont beaux.
C'est une drôle d'espèce : Ils n'ont aucun instinct de voler.
Ils ont de superbes ailes, mais ils ne s'envolent jamais.
Nous en avons beaucoup.
Tu es adorable.
Quand pars-tu ?
Je ne sais pas. Dans moins d'un mois.
- À Berlin ? - Non, à Londres.
Ça veut dire passer à l'Ouest.
Tu pourras me faire sortir du pays ?
Traverser la frontière ne posera pas de problème.
Valinski fait jouer ses relations.
Tu quitteras le pays avec moi. J'ai payé le prix.
Je n'ai pas de quoi vous rembourser, monsieur !
Si vous me permettez,
je vous témoignerai ma reconnaissance d'une façon très agréable.
D'accord.
C'est sûrement Jack.
Greg...
Est-ce vraiment aussi simple que cela ?
Non, mais tu en vaux la peine.
Ça me revient.
Mira.
Toi, au-dessus ! Tu m'entends ?
Ça te fait la même chose ?
C'est peut-être ça, la mort.
Il faudrait le dire aux vivants.
Il ne faut pas que j'abandonne.
Si j'avais fait du journalisme au lieu d'entrer dans la police,
j'aurais eu de belles collègues.
Le commissaire a son harem de policières.
Oui, mais elles sont moins jolies.
Ma vocation, c'est la finance. C'est passionnant.
Un bon camarade pourrait vous introduire dans le milieu.
Non, merci !
Vous joueriez l'argent de l'État.
Je perdrais tout.
Ces gens sont des statues.
Mais où ont-ils été sculptés ?
C'est une exposition des plus grands notables de l'Est.
Hommes politiques, banquiers, trafiquants...
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