The first 200 lines.
NETFLIX PRÉSENTE
UN FILM ORIGINAL NETFLIX
"J'ai eu la chance de connaître la guerre." Voilà la vision des vieux.
J'ai toute ma vie pour raconter comment j'ai marqué l'histoire.
Je me suis engagé le 11 juillet 2001,
deux mois avant que ça prenne un tout autre sens.
J'aimerais pouvoir dire : "Je suis là pour défendre la liberté."
Mais, honnêtement, je suis devenu réserviste pour payer mes études.
Je n'ai pas ma place ici. Et j'en ai honte.
Une vraie histoire de guerre est forcément marquée par la honte.
KOWEÏT. ZONE DE TRANSIT. MARS 2003
Hé ! Ocre !
Tu en penses quoi ?
Pokey, c'était le nom de mon chien.
Et Mirra Loma, le nom de la rue où j'ai grandi.
C'est mon pseudo porno. Je m'enfonce jusqu'aux couilles en Irak, tu vois ?
Ouais. Bien trouvé.
Ils vont te l'enlever ?
- Ouais, j'y vais. - Il est temps. On va sortir les blindés.
Ça va se transformer en ville fantôme. Tic tac.
Ouais.
Si je te revois pas de toute la guerre, fais gaffe à toi.
Toi aussi.
J'appuie un peu.
Sur une échelle de un à dix, comment est la douleur ?
Dix.
Double la dose prescrite. Ça neutralisera la gêne.
La gêne ? Je peux même pas fermer le poing. Je peux pas me battre.
Fais voir ta main.
- C'était une portière ? - Oui.
J'ai vu des types plus blessés se battre.
Voici l'une des cibles potentielles. Quand on est à Bagdad...
Vas-y, Enzo.
Allez !
À moi les couv' de magazines de sport avec les nanas bien foutues sous les bras,
et les vagues qui éclaboussent mes pec'.
Chutsky, tu auras plutôt droit aux revues gays,
avec une bite dans chaque main et la honte dans les yeux.
Vous sentez ça ?
- Ça sent la chatte. - Pourquoi ?
Salut, Ocre.
Ça va ? On parlait de toi.
- Tu as une sale gueule. - L'anti-palu me donne des cauchemars.
- Cet endroit est un cauchemar. - Alors, le doc a dit quoi ?
Que ça va.
Bon retour parmi nous.
- Vous avez vu les blindés partir ? - Quoi ?
C'est vrai ?
Ouais. Cole chargeait les Abrams.
Sergent Harper, on part en opération ?
- J'en sais autant que toi. - C'est-à-dire ?
Si on part, on devrait se préparer.
Ils nous diront quand ils seront prêts.
Six semaines que je suis en cage. Il est temps que je sorte.
Comment va la main ?
Ça ira.
Enlève la béquille.
Que fais-tu ici ?
J'obéis aux ordres.
Très bonne réponse. Mais pas celle que j'attends.
T'es intelligent.
Plus que la plupart des gars. Pourquoi être venu ici ?
J'avais plus de linge propre quand je me suis engagé.
J'avais besoin du t-shirt.
Arrête, Ocre.
Mon père s'était engagé, mon grand-père aussi. C'est la tradition.
Magnifique journée pour l'infanterie.
Repos.
Mon adjudant. Comment vont les choses, lieutenant ?
Tout se casse la gueule, comme toujours.
- C'est la loi de la gravité. - On part plus tôt que prévu.
Le 2e bataillon est aussi lent à se préparer que ma femme.
À vos ordres. On sera prêts dans une heure.
Vous avez 30 minutes.
- Vous êtes fiers et prêts ? - Fiers et prêts, mon adjudant.
Il y a intérêt. Putain de belle journée pour l'infanterie.
Burton ? Impossible. Pas lui.
Je te jure. Burton.
Cet enfoiré de bisounours pleurnichard à visage poupin ?
Je suis dehors, je me doute de rien.
Je lève les yeux quand commence le feu d'artifice,
Mitch sort en vol plané,
la gueule en sang, salement amoché.
Du coin de l'œil, j'aperçois un éclair. Je regarde,
c'est Burton qui bondit du haut du porche.
Il se jette sur lui, le bloque d'un genou.
Il l'attrape par la queue de cheval, le traîne au milieu de la rue,
et lui met une raclée.
La pire dérouillée que j'aie jamais vue.
- Vous êtes restés à regarder ? - Ouais.
Putain, Burton.
Bref, sa mère s'est occupée de moi quand j'étais gosse.
C'était une belle ordure. Il le méritait. C'est tout.
Tu as besoin d'apprendre la maîtrise de soi.
Non, c'est bon.
Vous pouvez partir, Alpha.
Je me suis mis au Pilates.
Bien reçu, Noble Lion. On est prêts à partir. À vous.
Les gars, c'est parti. On y va.
Bagdad ou baston, enfoirés.
Une cigarette ?
Non, merci. Je fume pas.
- Veille sur mes miches, là-haut. - Comme d'hab'.
Allez, c'est parti !
C'est l'heure de faire la guerre, les mecs.
On va en chier.
Pas peur ? Ça va venir.
On double la cadence !
En avant, marche !
IRAK. INVASION DE BAGDAD. MARS 2003
- C'est la merde. - Tu l'as dit.
Va falloir contourner par le flanc.
L'équipe Charlie a une unité en face. Je pourrais y aller avec eux.
Chutsky, ça te tente ? Vas-y.
- Burton. - Ouais ?
Envoie la fumée.
Mais vas-y mollo.
Ne va pas bousiller une mosquée ou ça va râler.
Ces gauchistes...
Ça vient pas de la mosquée. Les tirs viennent de derrière.
Quel bâtiment ?
L'hôtel, je crois.
L'hôtel. Je vais prendre le gamin.
D'accord, Ocre.
- Burton ! - Trouvez-le.
Ça va péter. Prêt ?
Allons-y ! Suis-moi, Ocre !
J'y vais.
Merde !
Putain ! Fait chier !
Allez !
Allez !
Où est le commandant ?
- Commandant ! - Ici !
Commandant, par ici !
Ce soldat sait d'où viennent les tirs.
- D'où ? - De l'hôtel.
Il est dans l'hôtel.
Alpha, suis-le.
Bravo, avec moi. Couvrez-moi !
C'est bon.
Avance.
Avance.
Prêt.
Avance !
Des tirs. Du bâtiment sud-est.
Ocre, couvre-nous ! Par la fenêtre.
Les autres, montez !
Bon. Ocre, couvre-nous.
Je te tiens. Ça va aller.
Ça va ?
Arrête de geindre. C'est rien. Juste une petite blessure.
Aidez-moi, merde !
- Ça va ? - Bougez-vous.
Ouais, ça va.
Ocre, avec moi.
Toi, suis-moi.
Appelle-les.
Noble Lion, ici Eagle Un. Vous me recevez ?
Allez-y, Eagle Un.
Les tirs viennent pas de la mosquée,
mais de l'hôtel, c'est confirmé.
Il est à 260 degrés et à 100 mètres de la mosquée.
150.
Et à 150 mètres de la mosquée. À vous.
Quel étage, Eagle Un ? À vous.
Attends... Ils veulent le putain d'étage.
L'étage ? Le numéro de la chambre aussi ? L'enfoiré a commandé un room-service ?
Monte là-haut. Trouve l'étage.
Putain.
- Et fais gaffe. - Ouais.
Merde.
Troisième étage, angle sud-est.
- Troisième étage, angle sud-est ? - Ouais.
Putain.
Ça suffit, bordel !
Noble Lion, ici Eagle Deux.
Les tirs sont trop nourris.
Je propose une frappe aérienne. À vous.
Vous avez fait quoi ?
Chutsky ?
- Quel merdier. - Non, Chutsky.
- Vraiment, quel merdier. - Non, sergent. On est trop près.
Non. On est juste là où on devrait être.
On a combien de temps ? Je peux bouger ? On a le temps de bouger ?
Non. On a demandé une frappe aérienne. Bouge pas.
Attendez.
On poireaute là toute la journée.
Fait chaud. Je transpire des burnes.
J'ai des putains d'auréoles sous les bras.
Garde la tête baissée. Voilà le renfort.
Dans vos gueules, enfoirés !
Voilà pourquoi je suis à Bagdad, putain !
- Ocre ! Tu es sourd ? - Quoi ?
Ocre ! Tu vas vomir ?
Ça va.
On a réussi.
La guerre à l'américaine !
Sortez. On arrive par le nord.
Prépare les nibards, Kansas City !
No comments yet. Be the first to leave one.