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...
-J'étais en train d'ouvrir la porte et je sens que c'est du gaz,
donc j'ai reclaqué directement.
J'ai préféré vous appeler, car j'ai eu peur que ça explose.
Donnez-moi les informations.
Dites-moi. C'est quoi ? -Encore désolé. Le gaz est allumé.
Le gaz ? OK, à quel étage ?
C'est le 5e. Le 5e, juste là.
Montrez-moi.
-Là, en partant de la droite, c'est la 2e.
En fait, ma copine a dû partir... -Le gaz est resté allumé ?
-Ouais, ouais. Il est allumé, car ma copine est partie en urgence.
Elle a eu une urgence pédiatrique... -Tu déploies l'échelle. 5e, à droite.
À mon avis, c'est assez dangereux.
Y a beaucoup de gaz. -Chef, renforce le balisage. Allez !
C'était une urgence...
Prêt à monter à l'échelle.
Allez, allez !
Blossom Dearie : "Tout Doucement"
...
Il fait quoi, ce con ?
Descendez ! Vous n'avez rien à faire là !
Pas de casserole, chef.
-Y a pas de casserole sur le gaz ? Ma copine a dit avoir eu une urgence
et qu'il était resté allumé, car elle est pédiatre.
Pas de casserole.
-Je comprends pas. C'est bizarre. -Il s'est bien foutu de nous.
*-Fin d'intervention, on s'en va. -OK, chef.
On remballe.
...
La porte claque.
...
Oh, putain.
Ah merde.
Excuse-moi. J'ai pas un truc à l'œil, là ?
Là. Rien te choque ? À l'œil. -Chut !
-Si, t'as un orgelet. -Désolé.
Ah ouais ? -Un orgelet.
-Ça se voit beaucoup ? -Il est là, ouais. Il est bien là.
-Ah ouais ? -Chut !
Désolé.
Ça doit être le stress, ça.
Il souffle.
Excuse-moi, j'ai oublié de lire mes mails. C'est quoi, le casting ?
C'est sur quoi ?
-Tu vois pas ? C'est un film militaire.
-Quel genre de film ? Quelle époque ?
-Normalement, par mail, tu reçois tout, le synopsis...
T'as pas reçu ?
-Si, mais c'est sur mon mail et j'ai plus de batterie, donc...
Je peux jeter un coup d'œil
à ton texte, s'il te plaît ?
Rapidement.
-Non. Non, il faut que je le relise. J'ai besoin de le mémoriser vraiment.
Allez, s'il te plaît.
Un peu d'entraide ! C'est ça, l'armée, aussi.
Non.
Non.
Tu peux peut-être demander à lui.
-C'est la solidarité entre collègues, non ?
Tu peux me passer ton texte ? -C'est mort.
Désolé, hein !
Il souffle. -Putain...
Merci...
On parle en allemand.
De Gaulle.
...
Comme tu le sais,
on cherche le rôle de Charles de Gaulle.
OK ? C'est un film sur sa jeunesse.
C'est plutôt un film sur ses doutes, ses espoirs,
ses moments de joie, de désespoir, OK ?
La jeunesse chez les jésuites, Saint-Cyr, Lille, Yvonne.
Tu connais De Gaulle et Yvonne ? -Ouais.
Ça t'intéresse l'histoire ?
Bah ouais, ouais.
-Tu connais connais ou... Sûr ? -Ouais, ouais.
-Tu dis "ouais, ouais"... -Non, oui, c'est un "oui".
-OK, car c'est important pour Gerd. C'est un gros film, il veut
que les gens soient impliqués à fond.
-De Gaulle m'a toujours passionné. -Très bien.
Petit détail : Gerd ne parle qu'allemand.
Il parle ni anglais ni français. Tu parles allemand ?
-Non. -Russe ?
Non.
-Pour lui parler, passe par moi. Moi, c'est Marc.
Lève le petit panneau. Vas-y, lève le panneau. Merci.
Présente-toi. Merci.
-Bonjour, je m'appelle Adrien. J'ai 27 ans, je suis acteur.
D'ailleurs, j'ai fait plein de films quand j'étais petit,
vous en avez vu un ?
Gerd parle allemand.
Tu prends de la drogue ?
-Je fume un peu de crack à Stalingrad le samedi soir, après...
Je plaisante, c'est une blague. -Adrien...
Regarde la caméra et arrête tes blagues. Merci.
D'accord ? -Non, désolé.
Merci beaucoup.
OK.
...
Tu peux mettre les mains en l'air ? Montre-moi tes mains.
OK. Retourne-les.
... Voilà. Face.
...
Pourquoi ?
Baisse les mains. Merci.
Bon, tu as pas tourné depuis 6 ans. Tu peux m'expliquer pourquoi ?
-C'est la crise, hein ! Comme tout le monde.
-OK. Tu peux te mettre de profil ?
Te mettre de profil, voilà. -Je plaisante.
C'est un peu compliqué à expliquer, mais en fait...
Je sais pas, je trouvais pas trop de projets intéressants,
et puis, c'est un système compliqué, j'avais besoin de me recentrer et...
Après, le temps est passé plus vite que prévu et...
Voilà, j'ai pas trop trouvé de...
De choses, quoi.
Mais bon...
-OK, tu peux revenir... Regarde la caméra.
-Pardon. -Merci.
Qui a gagné la 2e Guerre mondiale ?
C'est la France.
Raclement de gorge
Pas toute seule.
-Avec l'aide des Alliés. Les Américains, les Anglais...
Mais quand même, beaucoup la France.
Les Allemands se sont bien battus.
Joyeux anniversaire
JOYEUX ANNIVERSAIRE
JOYEUX ANNIVERSAIRE
ADRIEN -Il est joli.
JOYEUX ANNIVERSAIRE
Acclamations
Je souffle.
Allez, souffle ! Souffle !
Souffle !
À Charles de Gaulle !
Waouh, nickel.
-C'est quoi, ça ? -T'as pas soufflé assez fort.
-Elles se rallument ! Elle rit.
Essaie plus fort.
-C'est de la pâte d'amande, la photo ?
C'est quoi, ces bougies de merde ?
-Je les ai trouvées à l'épicerie. C'est marrant ?
-Ouais, c'est drôle. Putain, j'ai pété un truc... Aïe !
Joyeux anniversaire !
Ça va, mon bébé ?
Tu t'es brûlé ? Le père rit.
Bertrand, tu coupes ? -Ouais.
Il est joli.
Oh là !
Non, Bertrand !
Putain !
Qu'est-ce que t'as fait, là ?
Putain, c'est pas possible ! -On peut le sauver.
Ouais, ouais.
Tu peux faire gaffe ?
Ma photo !
-Si ça fait que 3 sec, on peut le manger.
-Roger, non ! Faut pas qu'il mange.
Il va faire de l'hypoglycémie. Appelle Antoine !
-On va pas l'appeler pour une mini part, ça va !
Arrête de le traiter comme si c'était un humain !
-Putain... -Hum ?
-Tu trouves pas qu'il a changé de ouf, Bertrand ?
-Non, pourquoi ? Il a pas rajeuni ?
-T'appelles ça rajeunir ? -Hum hum.
Sonnette
-Salut. Désolée de te déranger... -Non, je suis là pour ça.
Il a mangé du gâteau,
mais une grosse quantité, et surtout,
une ou deux bougies.
Un petit laxatif et hop !
-Jacob ? Jacob, on est en retard !
Ah ! Debout !
Debout ! -On y va, on y va !
On se réveille, sale parasite de la société.
Allez, on est en retard.
Ton carnet ? -Là.
-C'est ça ? T'es sûr ? -Quelle heure il est, là ?
-Je reviens bosser dans une heure avec Froussard. À toute.
Moins 4 200 en février ? -Ouais.
-On s'est repris en mars. -Ouais.
-Bientôt, on pourra plus fumer sur les terrasses.
-Ouais. Tu peux fumer sur la terrasse justement ?
-Bientôt, comme au Japon, on pourra plus fumer dehors.
-Par rapport à l'an dernier, c'est cohérent.
Je sais pas ce que t'en penses... -J'ai fait 4 000...
-Vous vous en foutez. -À la fenêtre !
Ça va.
Ils continuent de parler.
...
Ça, c'est le virement.
Non, je peux rien faire pour vous.
-Je suis sûr qu'il y a moyen de trouver une solution.
On est vendredi, après, vous fermez. Moi, je vis comment ?
Je peux rien faire pour vous.
-Si, il doit bien y avoir un moyen. Vous, à 17 h, c'est le week-end,
mais je fais comment sans carte bleue ?
-Monsieur, s'il vous plaît. Nous, on peut rien faire ici.
-C'est du foutage de gueule, non ? On n'avale pas la carte des gens...
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