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Police
COPENHAGUE, INSTITUT MÉDICO-LÉGAL
Salut, Frank.
Salut, Bjoern.
Qu'est-ce que tu veux ?
Tu as un corps non identifié ?
Là-dessous.
Tu t'en occupes ?
Andersen, mais son gosse est malade.
J'ai le dossier dentaire d'une fille
portée disparue.
Tu peux comparer ?
OK, quand j'aurai le temps.
Bye.
On peut savoir de quoi il s'agit ?
Un suicide.
Tu es libre.
L'affaire est close et il est même pas 9 h.
- Très drôle. - Je peux l'être.
Donne-moi la version longue pour Andersen.
Tu veux la voir ?
Fais-moi juste un topo.
Jeune femme poignardée à mort.
Coupures d'hésitation plus ou moins profondes autour du cœur.
Elle avait peur.
Un suicide ?
Elle se poignarde dans le cœur, mais c'est un suicide.
Frank a parlé.
Bjoern, tu vas me la faire à chaque fois ?
Si tu voulais être légiste, fallait faire des études.
Pour la énième fois,
on a une vingtaine de tentatives de suicide par jour.
Deux ou trois réussissent.
Se poignarder dans le cœur est très courant.
Elle avait peur ?
Tu le vois à quoi ?
À rien, mais le terme "coupures d'hésitation" l'implique.
Elle a cherché...
une raison, peut-être, de ne pas s'enfoncer le couteau.
Ou peut-être qu'au contraire, elle a cherché une raison
de se l'enfoncer.
Elle a fait plusieurs tentatives avant de se poignarder dans le cœur.
Je te laisse choisir la version que tu veux.
Elle est morte ?
À plus, Bjoern.
Tu t'es déjà trompé.
- Rappelle-toi. - C'est ça.
J'examinerai le dossier dentaire.
Bjoern, qu'est-ce qui t'arrive ?
C'est...
C'est ma...
C'est ma petite Christina qui est allongée là.
Tu ne devrais pas être là.
Sortons d'ici.
Richard, c'est Frank, de la morgue.
La jeune fille qu'on m'a amenée
hier soir d'Amaliegade...
Bjoern est avec moi.
Je crois qu'il s'agit de sa fille.
Oui, merci, bien sûr.
Bjoern, Richard veut te parler.
C'est Bjoern.
Bjoern...
attends-moi dehors.
J'arrive tout de suite.
Tu m'entends ?
Comment c'est arrivé ?
- Je viens de te le dire. - Alors, recommence.
Explique-moi comment ma fille a atterri ici.
Je n'en sais rien.
Comment c'est arrivé ?
Réponds-moi.
Tu prétends qu'elle s'est suicidée.
Tout indique qu'il s'agit d'un suicide.
J'ai réalisé un examen ordinaire.
Ordinaire ?
Tu traites ça comme une affaire ordinaire ?
J'ignorais que c'était ta fille.
Viens, sortons d'ici.
Écoute-moi bien.
On va reprendre depuis le début.
D'accord ?
On l'a retrouvée où ? À quelle adresse ?
Amaliegade.
Et qu'est-ce qui s'est passé, à Amaliegade ?
Je n'en sais rien.
Tu es allé sur place ?
Oui.
Tu as vu quoi ?
Christina n'habitait pas là. Qu'est-ce qu'elle y faisait ?
Je ne sais pas.
Où l'a-t-on retrouvée ?
C'est dans le rapport.
On reprend depuis le début, je t'ai dit.
Alors, donne-moi tous les détails.
Écoute, Bjoern...
C'est un cas classique.
On l'a découverte seule,
dans le séjour.
Le décès remontait à 2 ou 3 h.
Le sang, en traversant le plancher, a alerté la voisine.
Elle était sur le ventre et s'est poignardée debout.
C'est clairement un suicide.
Clairement ?
Elle est retrouvée gisant dans un appartement,
sans la moindre pièce d'identité.
- Ça ne t'interpelle pas ? - Pourquoi ça m'interpellerait ?
Réfléchis deux secondes, bon sang !
Elle gît dans cet appart, sans pièce d'identité,
et se vide de son sang !
Je suis médecin légiste, je décris ce que je vois.
Le reste concerne la police.
D'accord ?
- Elle était habillée ? - Oui.
Pas de marques de griffures ni de lésions de défense.
- Quoi d'autre ? - Les lividités classiques.
Cloques entre l'épiderme et le derme.
Pétéchies oculaires et gingivales.
Il n'y a pas grand-chose à relever lors de suicides.
Des coupures d'hésitation ?
La peur fait hésiter, c'est ça ?
Oui, la peur, le doute, l'incertitude.
Quand les gens se tranchent les veines,
ils présentent souvent 6 ou 7 blessures superficielles.
Tu aimes décrire ça ?
Comment ça ? C'est mon travail.
Mais tu aimes ces termes ?
Quels termes ?
Ceux qui décrivent la mort,
qui font que ma fille est morte.
Ce sont les termes techniques.
Mais tu te délectes de ces mots qui ôtent la vie à ma fille.
Tu t'en délectes.
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