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LA CITÉ DES FEMMES
Encore Marcello ?
À vous, maestro...
Quelles sublimes fesses !
Vous êtes superbe.
Magnifique !
Je suis ému.
Vous êtes une vraie femme,
le genre qui... Vous me plaisez !
- Ah oui ? - Mariée ?
Non, divorcée deux fois. Pourquoi ?
Bien ! Vos maris n'étaient pas assez virils ?
Vous, vous êtes viril ?
Avec une femme comme vous, toujours !
On va voir ça.
Ne bougez pas, d'accord ?
- Vous voulez faire ça, ici ? - Oui.
Quelle poitrine ! Viens là !
On peut toujours essayer.
- Aide-moi. - Attention.
C'est quelle gare ?
Je n'en sais rien.
C'est Fregene. Je dois descendre.
Non, attendez ! Donnez-moi au moins votre téléphone.
Je ne la lâche pas, celle-là.
Mais où s'en va cette folle ?
Madame, la gare se trouve de l'autre côté !
Qu'est-ce que je fais ?
Je la laisse s'en aller ?
Regardez-moi cette démarche !
Mon vieux Snaporaz,
tu ne peux pas reculer.
Madame ! Écoutez-moi !
Mais que fais-tu ? Oui, vas-y, prends-moi en photo !
Je vais te culbuter au milieu des pastèques, moi.
Petite vicieuse !
Ce baiser qu'elle m'a donné !
C'est une vraie excavatrice.
Tu dois goûter au vieux Snaporaz, toi.
Attendez ! Un moment ! Attendez-moi !
Et maintenant ?
Je le savais. Ton destiny s'est accompli, mon vieux Snaporaz !
Où l'emmènes-tu, ce beau fessier ?
J'arrive !
Madame, c'est important !
À quelle heure est le prochain train ?
Où est passée la gamine ? Ah, la voilà !
Un moment, voyons. Laissez-moi souffler !
Vous étiez si gentille,
et vous fuyez ?
Je n'ai jamais fui de ma vie. Je vais quelque part.
Chez vous ? Vous habitez par ici ?
Comme ça sent bon !
Ces arbres se parfument mieux que vos maîtresses.
Vous êtes marié ?
Non. Enfin si. Je veux dire, une seule fois.
Pas de maîtresses.
Il n'y a que vous et moi.
Dites, on ne pourrait pas ralentir ? On dirait un marathon !
Arrêtez.
Pourquoi me suivez-vous ? Savez-vous où je vais ?
Et si un autre homme m'attendait ?
- Ou plusieurs ? - Non.
Je regrette de vous avoir fait rater votre train inutilement.
Vous n'avez pas peur ?
Peut-être un peu.
Mais ça m'excite encore plus.
Donnez-moi un baiser, un seul, mais...
comme tout à l'heure.
Il faut que je le dise. Tu es une vraie salope.
Ton mari ne te suffit pas.
Tu es une putain, mais tu me plais. Donne-moi ce baiser !
Ce n'était pas un vrai. Tu veux un vrai baiser ?
Tu es sûr ?
Tu veux que je te dévore ?
Maintenant ? Mais à une condition :
Ferme les yeux et je te donnerai un baiser volcanique.
Ta chatte, ta petite chatte !
Mais tu dois rester immobile.
- Les yeux fermés. - Yes !
Mais où est-elle ? Où est passée cette garce ?
Avec tout ce que j'ai à faire, me laisser...
Elle ose se moquer de moi.
Qui sait pourquoi j'agis encore comme un gamin ?
À mon âge !
Et maintenant, je suis seul, sans vivres, dans cette forêt.
Mon vieux Snaporaz, pourquoi es-tu si incorrigible ?
Pas de réponse.
Un, deux ! Deux et trois !
Trois et quatre ! Quatre et cinq !
Cinq, cinq, cinq cents !
Cinq mille ! Cinq cent mille !
Cinq millions ! Cinq mille millions de femmes !
Les meubles sont rigides, obtus, masculins !
Nous n'avons pas besoin de meubles !
Ne répondez plus à personne ! Mesdemoiselles, je vous en prie !
Aux couples clandestins, vous ne demandez pas leurs papiers.
Dis-le que tu veux rester avec moi.
Ma chérie, ne pleure pas.
Que regardes-tu ?
Rien.
Bonjour.
C'est intéressant, hein ? Journaliste ?
On vous a laissé entrer ? Bizarre. Je suis aussi journaliste.
J'ai récemment écrit sur le congrès à Hinsbourg.
- Vous y êtes allé ? - Pardon ?
Nein ! Aucun homme n'y était présent.
Quelqu'un sait réparer un magnéto ?
Personne ?
Dirigez-le, l'hôtel ! À quoi je sers, ici ?
- Excusez-moi. - Oui. Dites-moi ?
- Auriez-vous vu entrer une dame ? - Une femme ?
Mais enfin ! Depuis deux jours, on en voit des milliers.
- Calmez-vous. - Quoi ?
Une femme avec des bottes et un chapeau.
Il vient d'entrer. Il est ici, devant moi.
Dis, la méditation de groupe, on la fait comment ?
Une chambre ne suffit pas.
Tous les soirs, je dois...
Ah, vous ! Le magnéto est en panne, venez.
Que cherche ce type ?
Ah ! Il marche de nouveau ?
Ces sons sont typiquement machistes.
Violents, insupportables, agressifs.
La voilà ! Tais-toi.
...exprimant l'insécurité et la peur.
On t'a dénichée !
Sors la camelote !
Et maintenant, voici des sons harmonieux, délicats, amicaux.
Les sons doux,
humains, de la femme.
Bruit de soie déchirée.
Le travail féminin, avec ses temps naturels.
Voici la position de la tortue.
Apprenez-la, car elle renforce votre psychisme.
Écoutez.
- Ne restez pas là. - Comment ?
Partez, tant qu'il en est encore temps.
Qui, moi ?
De quoi parle-t-elle ?
La voilà ! Madame, je suis là !
Le vagin est un coquillage où l'on entend la mer.
Le chant de la mer !
Le mâle offense notre vagin à l'aide de noms humiliants :
trou noir, ventouse, cramouille...
Moule !
Baveuse !
Mais regardons, explorons notre vagin !
Rose, avec ses lèvres qui s'embrassent.
Inventons-lui de nouveaux noms.
Langue de soleil !
- Sourire de vie ! - Violette lunaire !
Dans les statues grecques, les phallus se dressent
ou reposent harmonieusement.
Voyez le narcissisme phallique qui inspire ces œuvres.
Le culte du phallus a un aspect politique...
On n'a jamais vu ça ! Ça n'existe pas.
Le pouvoir du phallus, en toute légalité,
opprime la moitié du genre humain : nous, les femmes !
Et la position dite du missionnaire est obsolète.
Le missionnaire ? Que fait-il ?
L'homme dessus, qui ordonne,
et la femme dessous, qui subit, avec son vagin passif.
C'est la représentation de l'oppression socio-culturelle
de la société patriarcale, encore d'actualité.
On est contre la pénétration, car l'homme nous envahit
là où on est sans défense.
Il faut un coït où féminin et masculin soient paritaires.
Le collectif féminin de Columbia Université à New York...
Columbia Université est un repaire de réactionnaires,
de fascistes !
Que sommes-nous venues faire ici ?
Vous m'avez cassé les ovaires ! J'en ai marre !
La seule chose à refuser, c'est la fellation !
Elle nous ramène à un niveau infantile de succion !
Moi, j'aime la fellation.
- C'est quoi, "fellation" ? - C'est pas vrai !
Lis Catulle, ma fille !
C'est quoi, "Catulle" ?
Il était temps !
La cuisine est loin.
Je prends ça. Ne t'en fais pas.
Allez, vas-y. Vite !
Castration ! Castration !
Regardez Gill et Bérénice.
Les Américaines tentent d'imposer cette position-là.
À quoi sert que l'une soit un homme ?
On n'a pas besoin d'un mâle pour faire ça !
Masturbation !
Nous avons cent mille nerfs dans la paume de la main,
au creux des aisselles, aux poignets...
Opposons-nous à la fellation !
C'est purement bestial !
Les femmes de Tahiti peuvent garder dans leur vagin
le membre viril pendant toute une nuit !
Des prouesses inconnues de nous, femmes civilisées !
Enfin, des minois souriants ! Je n'ai vu que mines de travers,
visages renfrognés. Mais qu'avons-nous fait ?
Je comprends le féminisme. Mais faut-il se fâcher de la sorte ?
Vous êtes le journaliste venu se foutre de nous ?
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