The first 200 lines.
- Bonjour, Maman ! - Bonjour, ma chérie.
- Tu as quelque chose pour moi ? - C'est une surprise.
- Qu'est-ce que c'est ? - Tu le sais déjà !
- Non, c'est quoi ? - Où est-elle ? A-t-elle encore manqué le repas ?
Elle dit qu'elle a mal au ventre, alors elle boude dans sa chambre.
- C'est de son âge. - C'est une peste !
Et tu en étais une aussi ! Maintenant, va la réveiller.
Petite peste !
Il faut que tu lui parles.
Mais j'ai essayé... Je suis allée la voir dans sa chambre...
- Peut-être que tu n'as... - Elle dit que je ne la comprends pas.
- C'est ridicule. - Mais elle a raison !
Va-t'en !
Ils veulent te voir en bas !
Tu dois sortir, tu ne peux rester là à bouder éternellement !
Ouvre cette porte !
Ouvre-la !
En plus tu m'as volé mon rouge à lèvres !
Petite peste !
De toute façon tu es comme les autres ! Dents de lapin !
Sors d'ici, petite peste !
Et ce n'est pas moi qui veux te voir, c'est Maman qui veut !
Peste, peste, peste !
Dis au revoir à ta sur, à présent, ainsi tu ne l'oublieras jamais.
Reste avec moi, mon enfant.
Mords là-dedans. Cela te distraira.
L'homme, né de la femme,
qui a la vie courte, mais des tourments à satiété,
pareil à la fleur, il éclôt, puis se fane,
pareil à l'ombre, il fuit, et jamais ne s'arrête.
Au cur de la vie, la mort nous attend.
Et ainsi qu'il l'a voulu, le Seigneur tout puissant, dans sa grande miséricorde,
rappelle à lui l'âme de notre chère sur qui nous a quittés,
nous rendons donc son corps à la terre.
De la terre à la terre,
des cendres aux cendres,
de la poussière à la poussière.
Ta pauvre petite sur, seule dans les bois, et personne pour la sauver !
Pauvre petit agneau !
N'aurait-elle pu se sauver elle-même ?
Tu ne peux comprendre ces choses, tu n'es qu'une enfant !
Papa...
Ne t'inquiète pas, ma puce.
Je devrai la garder chez moi cette nuit,
sa mère ne semble pas en état de s'occuper d'elle.
Viens, ma puce.
Je veux rester avec Maman.
Maman ne va pas bien. C'est seulement pour cette nuit.
Viens, mon enfant, viens avec moi.
La route est longue, à travers bois, mais elle est sûre pendant la journée.
Tant que tu restes sur le chemin...
Il y en a beaucoup d'autres dans les bois,
si tu sais où regarder !
Des baies !
Ne t'éloigne pas du chemin, fillette !
N'as-tu pas entendu ce que je t'ai dit ?
Une fois que tu as quitté le chemin, tu es définitivement perdue !
Les bêtes sauvages ne connaissent pas la pitié.
Elles nous attendent dans les bois, cachées dans l'ombre,
et au moindre faux pas,
elles BONDISSENT !
Là, là, mon trésor,
ne le prends pas mal.
C'est quelque chose que tu dois apprendre,
ou bien tu finiras comme ta pauvre sur !
Grand-mère, puis-je en prendre une ?
Bien sûr.
Tu as beaucoup à apprendre, mon enfant.
Ne jamais quitter le chemin, ne jamais manger une pomme tombée au sol...
et ne jamais faire confiance à un homme dont les sourcils se rejoignent !
La meilleure laine filée dans toute la vallée, mon lapin,
si belle, si douce, que je pensais en tricoter un châle.
Mais tu sais ce que je vais faire, maintenant ?
- Quoi donc, Mamie ? - J'en ferai un pour toi !
Un châle très spécial, pour une jeune fille très spéciale.
C'est doux comme un chaton.
Il y a quelque chose que je devrais te dire.
Oui ?
Mais peut-être es-tu trop jeune.
Non, dis-moi, Mamie !
Trop jeune pour comprendre.
Oh non, Mamie, vas-y, dis-le-moi !
Quoique, peut-être qu'aucun enfant n'est trop jeune.
Un loup peut être bien plus qu'il ne le paraît.
Il peut aller et venir sous de nombreux déguisements.
Qu'est-ce que cela veut dire ?
Le loup qui a dévoré ta sur était poilu à l'extérieur.
Mais quand elle est morte, elle a directement été au paradis.
Les pires loups sont poilus à l'intérieur,
et quand ils te mordent, ils t'entraînent avec eux en enfer !
Qu'entends-tu par "poilus à l'intérieur" ? Comme un manteau de fourrure ?
Tais-toi, petite sotte, et écoute.
Il était une fois une femme qui vivait au village,
et elle épousa un voyageur...
Ils sont tous partis, maintenant.
Quelle tristesse que les vôtres n'aient pu venir pour le mariage.
Peut-être que oui, peut-être que non.
C'est encore une farce de mon frère !
Pourquoi me regardez-vous comme cela ?
Parce que je n'ai jamais rien vu de tel que toi, avant.
Il n'y a pas de filles, là d'où vous venez ?
Pas des comme toi.
Sortez de l'ombre.
Je veux vous voir, mon amour.
Tous les voyageurs sont-ils aussi beaux que vous ?
Tu penses que je suis beau ?
La première chose que j'aie remarqué
est la façon dont vos sourcils se rencontrent.
Est-ce que cela me gâte ?
Viens et je te le dirai.
Mon amour ?
Je dois... je dois sortir un instant dans le jardin...
Pourquoi ?
L'appel de la nature.
Alors elle attendit...
et attendit...
et attendit encore.
Il est parti depuis bien longtemps.
Non ! C'est impossible !
Il s'est levé et il est parti, c'est tout.
C'était dans son sang.
N'était-ce pas un voyageur ?
Rien ?
Pas un poil, pas une trace,
ni une empreinte.
Et ça, qu'est-ce que c'est ?
Je vous ai dit que j'avais entendu un loup, cette nuit !
Ils sont venus et l'ont pris pendant qu'il se soulageait,
au moment où un homme est le plus vulnérable.
Des assassins ! Ce sont des assassins !
Mais c'était une jeune plante
et de bonne composition,
elle trouva donc un nouveau mari,
assez hardi pour pisser dans un pot !
Et ils vécurent heureux pour toujours !
Non, à la vérité !
Au début, le temps passa, joyeusement, d'une certaine manière.
J'en ai marre !
Oh, ne commence pas !
La ferme !
Tiens.
Le temps passa, et elle lui donna des enfants.
Et les loups étaient nombreux, ces années-là, ça oui !
Pas une brebis, pas une vache n'était à l'abri.
Mais pour elle, tout allait pour le mieux,
jusqu'à ce que... une nuit d'hiver...
Mon Dieu...
Je meurs de faim.
Voulez-vous quelque chose à manger ?
Tu n'as pas entendu, la première fois ?
D'où sont sortis ces trois-là ?
De mon ventre !
Tes enfants... mais pas les miens !
Sale putain !
Femme adultère !
Tu espérais que je ne fusse jamais revenu !
Je pensais que les loups vous avaient pris !
Mieux vaut un loup qu'une putain !
Si j'étais un loup à nouveau, je materais cette putain !
Il a le même visage...
que le jour où je l'ai épousé !
Je n'aurais jamais laissé un homme me frapper.
Oh, ils sont doux comme des agneaux, jusqu'à ce qu'ils arrivent à leurs fins.
Mais une fois le masque tombé, la bête surgit.
Mais alors, quand les loups, les vrais loups...
quand les vrais loups s'accouplent, les mâles frappent les louves après ?
Des animaux ! Ce sont tous des animaux sauvages !
Bien, ça fera assez de laine pour ce soir.
C'est l'heure de dormir.
Un baiser pour Grand-mère ?
N'ai-je pas droit à un baiser pour mon histoire ?
La meilleure des petites filles !
Bien sûr, tu ne seras plus une petite fille pour longtemps.
Ta maman et ton papa auront besoin de toute l'aide possible.
Tu devras devenir sage et apprendre, maintenant que ta sur n'est plus.
Touchée !
Touché qui, petit rastaquouère boutonneux ?
J'ai attrapé Rosaleen !
Oh non, personne n'attrape ma petite princesse !
Viens, mon enfant.
Il y a trop à manger maintenant pour nous trois.
Ne te plains pas.
Moins on en dit, mieux l'on se porte.
Rosaleen !
Et si on jouait ?
Jouer à quoi ?
A un jeu !
J'en connais un bon. Ferme les yeux.
Maintenant, approche.
Plus près, plus près. Allez.
Plus près.
Ici...
Et bien ?
Tralalalère, tu ne m'auras pas !
Maman...
Oui, ma puce ?
- Est-ce qu'il te fait mal ? - Qui me fait mal ?
Est-ce que Papa te fait mal... quand il...
Non, pas du tout.
C'est comme...
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