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LE SECRET DE LILY OWENS
Deborah ?
- T'étais où ? - Pardon.
- Tu me trompes ? - Non, pas du tout.
Arrête ! Tu fais quoi ?
Tu me quitteras pas ! C'est qui ?
Personne. Je te déteste !
T. Ray, lâche-moi !
Lily !
J'ai tué ma mère quand j'avais 4 ans.
C'est tout ce que je sais de moi.
Elle était tout ce que j'aimais et je l'ai tuée.
Le reste ne comptait pas.
T. Ray !
Il y a plein d'abeilles dans ma chambre. Viens voir.
Dans ma chambre !
Quoi ?
Nom d'un chien ! C'est pas drôle.
Elles étaient là, de tous les côtés.
Réveille-moi encore et je te punis.
C'est compris ?
Les abeilles sont venues pendant l'été 1964.
L'été de mes 14 ans, ma vie a été chamboulée.
Je crois qu'elles m'étaient envoyées,
un peu comme l'ange Gabriel à la Vierge Marie.
C'est prétentieux de comparer ma petite vie à la sienne,
mais je suis sûre que ça ne la dérangerait pas.
Demain, c'est mon anniversaire.
En général, les filles demandent un bracelet en argent
comme on en trouve dans les magasins.
Je préférerais que tu me parles de maman.
Elle venait de Virginie, elle était enfant unique aussi.
Mais quel était son plat préféré ?
Qu'est-ce qu'elle aimait faire ?
Tu veux que je te parle de ta mère ?
Elle passait son temps à attirer les cafards dehors,
avec des crackers et des chamallows.
Juré.
Elle s'obstinait à sauver les insectes.
Salut, Lily !
Beau petit cul !
Attrapée !
Rosaleen,
regarde comme elle se bat.
Tu fais quoi ?
J'attrape les abeilles pour prouver à T. Ray que j'invente pas.
Si tu te fais piquer, viens pas pleurer.
Tu peux la régler ?
Ils ont lâché la bombe ?
Chut !
Il est dit que ceux qui sont égaux devant Dieu
seront aussi égaux dans les urnes,
les écoles, les usines,
les hôtels, les restaurants et les cinémas.
La vache !
Aujourd'hui, le 2 juillet 1964,
le Président Johnson a signé la loi des droits civiques.
15, 16, 17...
Quand est-ce que j'aurai des cheveux comme les tiens ?
Ça devait t'énerver que mes cheveux partent dans tous les sens.
Tu devais les brosser 100 fois par jour pour les démêler.
J'en suis sûre.
T'es avec qui ?
- Qui est là ? - Personne.
Il n'y a que moi.
Sors de là.
Tu te prends pour une grande ?
Qu'est-ce que tu fabriques ?
Tu feras quoi quand tu seras enceinte ?
Tu es libre.
Bonjour.
Il t'a fait rester longtemps sur les céréales ?
Une heure.
Regarde-moi ça.
Bon anniversaire.
Tu m'as fait un gâteau !
Bien sûr. C'est ton anniversaire.
- Un gros morceau ? - Très gros.
Tu devrais déjà être à l'étal.
Les pêches vont bien se vendre.
Je l'emmène en ville.
Pour quoi faire ?
Il lui faut une brassière et on doit la mesurer.
Ça coûte cher, ce truc ?
Bon anniversaire.
Qu'est-ce qu'il y a, en ville ?
Je vais m'inscrire pour voter.
Rosaleen.
Dans le Mississippi, un homme noir a été tué pour ça.
Heureusement qu'on est pas là-bas.
Je t'ai vue écrire une de tes histoires, hier.
Raconte-moi.
D'accord.
Devant le four, elle dit :
"Je suis la chanteuse. C'est cuit quand je le décide."
Que faire ? Les Supremes se disputent dans ma cuisine...
T'es la fille de Terence Ray ?
Oui, monsieur.
Ton père sait que t'es avec elle ?
Rosaleen travaille pour nous.
On voit beaucoup de nègres aujourd'hui.
Tu vas à la réunion secrète ?
On va pas s'inquiéter pour elle.
Tu vas t'inscrire sans savoir écrire ton nom ?
Dis-moi, Lily, c'est une négresse intelligente
ou débile ?
- S'il vous plaît... - Réponds !
Arrêtez !
Excuse-toi.
Rosaleen, excuse-toi !
Excuse-toi !
Ferme-la !
Tu vas t'excuser, sale négresse.
- Faut l'aider. - Dans la voiture !
Je veux que ta négresse s'excuse !
Désolé, Frank.
Monte ! Dépêche-toi !
Elle a craché sur un homme blanc.
Sur Frank Posey, bordel !
Je serais pas surpris qu'il la zigouille.
T'es sérieux ?
Il va pas la tuer.
Le shérif va l'emmener à l'hôpital. Ça va aller.
Pourquoi vous avez fait ça ?
Reste dans ta chambre. Je dois...
Tu me fais pas peur.
T'as dit quoi ?
Tu es un lâche.
Ma mère t'aurait pas laissé me toucher !
Tu crois que cette garce s'occupait de toi ?
Elle m'aimait.
Je te déteste.
Écoute-moi bien.
En vrai,
ta lamentable mère t'a abandonnée.
Le jour de sa mort, elle venait prendre ses affaires.
Pas toi.
C'est pas vrai.
C'est faux.
Cher T. Ray,
n'essaie pas de me retrouver.
Les menteurs comme toi
devraient brûler en enfer.
Ils t'ont encore battue ?
Je vais te sortir d'ici.
Je peux pas m'en aller. Je suis en prison.
Tu devrais pas.
On va enlever ça.
C'est fou.
T'en fais pas.
Vous avez vu une jeune fille ?
Non, personne. Et j'ai pas bougé.
Soyez prudentes.
J'aimerais comprendre...
Tu veux qu'on aille à Tiburon,
parce que ta mère avait une image avec ce nom dessus ?
C'est ça ?
T. Ray dit que maman m'a abandonnée.
Mais c'est pas vrai.
Il a inventé ça pour me punir.
Le connaissant, ça m'étonnerait pas.
Ma mère n'aurait jamais fait ça.
J'ai compris.
Tu t'es enfuie à cause de lui.
C'est pas parce que j'étais en prison.
Et moi qui m'inquiétais
que tu te fasses gronder à cause de moi.
Tu vas interroger les gens sur ta mère ?
- C'est ça, ton idée ? - J'ai pas de plan.
T'en avais un à l'hôpital.
"On va faire ci et ça..."
Je devrais te suivre, moi, la négresse sotte ?
T'as été sotte de cracher sur ce type.
Et encore plus sotte de ne pas t'être excusée.
Ce type allait revenir te tuer.
Je suis venue te sauver et c'est comme ça que tu me remercies ?
Très bien.
Ça va ?
Comme si j'avais reçu des coups de bâton.
Tu as été battue.
Pas avec un bâton.
Tu peux pas comprendre.
M'excuser auprès d'eux aurait été une autre façon de mourir.
Et j'aurais eu à vivre avec ça.
Si je trouve un endroit ouvert, j'achèterai à manger.
Où on va dormir ?
On trouvera un hôtel.
Personne n'acceptera une femme de couleur.
Et la loi des droits civiques ?
C'est qu'un bout de papier.
Excusez-moi, monsieur. Vous servez à manger ?
On a notre plat du dimanche, du porc au barbecue.
J'en voudrais deux, et deux cocas.
Je t'ai jamais vue dans le coin.
Je ne suis pas d'ici. Je viens voir ma grand-mère.
Bonjour, Carol. Comme vous êtes élégantes !
Entre, je vais t'emballer ça.
Tu as changé d'avis ?
Ils viennent d'où ?
C'est curieux, hein ?
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