Courage fuyons

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Courage fuyons (1979) [23 976] [01 38 57 286] UTF-8 French 23 976 FPS
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Published on: 2018-12-02
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The first 200 lines.

Hello.

- How are you doing, man? - Hello. Yes, yes.

Merci

Ah...

Vous êtes déjà alitée ?

Une cigarette ?

Non.

Quels sont vos projets ?

Vous fumez, puis vous m'embrassez ?

Non, veuillez m'excuser.

Qui sommes-nous ?

Comment ?

Vos deux mains sur mes mailles, je n'entends pas.

Où sommes-nous ?

À Amsterdam.

Nous sommes deux inconnus, nus dans Amsterdam.

Comment vous appelez-vous ?

Martin Belhomme.

Que nous arrive-t-il, Martin Belhomme ?

Je ne sais pas.

L'avventura.

Prenez-moi.

Vous les connaissez ?

Non. Allez voir, peut-être.

Moi ?

La porte est bloquée.

Enfoncez-la. Vous voulez que j'y aille ?

Allons…

Ce n'était pas la porte qui était bloqués.

C'était moi.

Une fois de plus, au moment de me plonger dans un danger,

j'étais ceinturé par moi-même.

Cette lâcheté a la merci de laquelle je vivais depuis ma naissance

m'avait été léguée par mon père, qui la tenait du sien.

Et si, qu'on me pardonne cette image audacieuse,

ma vie était un film, il faudrait, pour tout comprendre,

commencer par les actualités de 1915.

Avril 1915.

Sur le front de Champagne, un officier français

arpente la tranchée en réconfortant ses hommes avant l'attaque.

C'est mon grand-père, Émile Belhomme,

un beau dégonflé, déjà.

Le 11 avril, il se rend lamentablement avec tous ses hommes

à 2 jeunes Allemands stupéfaits,

qui avaient laissé partir une rafale par mégarde.

1936.

En Égypte, le jeune Farouk succède

à son père, le roi Fouad Ier.

Margaret Mitchell publie "Autant en emporte le vent",

et aux JO. de Berlin, Jesse Owens

n'arrête pas d'embêter M. Hitler.

En France, les partis du Front Populaire

gagnent les élections.

Les usines sont occupées dans la bonne humeur.

Léon Blum arbitre à Matignon

la rencontre entre la CGT et la CGPR.

Devant un aréopage de gros bonnets, mon père, Adrien Belhomme,

lui-même petit bonnet d'une fabrique d'lssy-les-Moulineaux,

proclame sous les applaudissements...

Nous ne lâcherons rien !

Le lendemain matin, il lâche tout,

accordant à ses ouvriers des hausses de salaire inespérées,

et proposant, dans un moment d'égarement,

d'étendre les congés payés aux vacances scolaires.

L'usine en faillite sera rachetée pour une bouchée de pain,

et mon père rejoint la base.

Entre-temps, j'avais effectué des débuts affolés dans la vie,

désignant, à la colère des maîtres, mes camarades sidérés.

Belhomme !

Je me fis un nom dans la poltronnerie écolière.

Juin 1940. Hitler peut toujours courir,

il ne nous trouvera pas à Paris.

Nous sommes à Toulouse, cachés chez des amis juifs.

Plus tard, mon père devint charretier adjoint dans le Centre.

Jusqu'en 1944, nos parents craignant en permanence

une attaque alliée, allemande ou italienne,

nous sommes les seuls à nous rendre à l'école

en tabliers camouflés.

Nous, c'est-à-dire, moi-même et mon petit frère Frankie,

un avare de naissance.

J'ai de la réglisse, chère.

Il se lance à 8 ans dans le marché noir.

1948.

Le France avait repris ses couleurs.

J'avais 20 ans.

Et personne ne dansait la cucaracha comme moi.

C'est comme ça que je fascinai Mathilda.

Je l'avais rencontrée dans une cave, où j'étais pianiste.

Elle me regardait comme Bogart regarde Lauren Bacall

dans "Le Port de l'angoisse".

Nous dansâmes...

et nous nous plûmes.

Les choses allèrent très vite.

Elle se mit à me suivre partout.

Va-t'en, va-t'en !

Dès que t'as fini l'armée, tu laisses tomber ta musique,

et tu reprends tes études de pharmacie. Ne fais pas celui

qui regarde ailleurs.

Veux-tu t'en aller !

On va se marier.

Etcheto, le ton !

Comme des lions dans la bataille...

Mon père nous achètera une pharmacie.

Ils reprennent en chœur.

Je l'ai pas dit, mais je suis enceinte.

Poitrine nue dans la montagne...

Ah non, mais…

Non mais, c'est pour rire ?

Nous allons tous mourir debout

Qu'on vienne du Sud ou bien du Nord

Donner notre sang nous honore

Nous eûmes une pharmacie et deux enfants,

Pierre-Martin et Monica.

Nous aimions-nous vraiment ?

Un sondage au fond de nos cœurs aurait donné,

Sur 2 personnes interrogées : oui : 0 %,

non : 0%,

sans opinion : 2.

J'avais rêvé de quelqu'un d'autre…

de quelqu'un d'autre que moi.

Si seulement on ne m'avait pas aidé.

Summer in your eyes

But winter in my heart

Is happiness impossible?

I'm walking in the night

Smoking but feeling blue

Cause that will be so white

And life will be so black

- Qu'est-ce tu me regardes ? - Je te regarde grossir.

Arrête d'embêter ta sœur ou je te gifle !

Pauvre con.

All reasons

of blues

Je t'en prends une.

- Elle est pas de lui, celle-là. - Si, si, toutes.

Ah.

Tout frais. Papa ?

- Champagne ? - Oui.

Voilà. Pas trop.

Voilà.

And wind goes by the streets

Blowing away my dreams

Is happiness impossible?

I'm afraid of the day

A day so far from you

Au printemps 1968, papa mourut.

Sa mort fut, pour Frankie, un réel chagrin.

Et naturellement, un problème économique.

Mon grand frère.

Mon grand frère.

Frankie.

Tu te souviens ?

- Tu te souviens de lui ? - Bien sûr. Il est mort hier.

Bon.

On doit se partager les obsèques. On n'en a pas parlé.

Je vais à la pharmacie.

Le mieux, c'est que je paie les fleurs.

Tu fais à ton idée pour le reste.

Attends. Qu'entends-tu par “le reste“ ?

Je sais pas.

Ça me fait tellement mal d'y penser.

Il y a la cérémonie, les faire-part.

Tais-toi, tais-toi.

- Il y a le service. - Tais-toi.

Avec les fleurs, ça va te coûter très cher.

- Si tu veux faire bien. - Oui et non.

Oui, non. Je connais un type qui...

fabrique des géraniums en plastique.

Tu mais ça sur la tombe et puis, t'en as pour des années.

En ce moment,

il les fait en promotion.

- Oh, mon grand frère ! - Frankie, Frankie.

Frankie...

* - Ils envoient des grenades lacrymogènes.

Mme Berger, je me sauve. Vous fermerez.

Oui.

Il me laisse passer, lui ?

Alors, là, ils sont pas loin.

Messieurs, bonjour.

Pardon, monsieur.

Excusez-moi.

C'est à la France...

- Bonjour, monsieur. - Bonjour.

…De souligner l'importance des décisions…

Hé ho !

C'est plus vivable.

Y a des slogans sur tous les murs.

Bonsoir. On a constitué une section de volontaires

avec des chic types. On fait du badigeonnage sauvage.

Pas de politique. On veut une ville propre.

Opération PP : Paris Propre.

Cet aprèm, on a effacé 216 mots, 28 phrases.

On lit de ces âneries.

"Les tomates volent, les doyens s'envolent."

C'est sympa pour les enseignants dévoués.

Ouais, c'est sympa.

Tiens, “buenas noches“, docteur.

- Je profite de l'ascenseur. - Bonsoir, Martin.

Le vrai problème, c'est les sous. La peinture est chère.

Flageolets, semoule, coquillettes...

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