The first 200 lines.
LA SOURCE
Scénario de Ulla Isaksson
d'après une ballade suédoise du XIVe siècle
Sous-titrage : DUBBING BROTHERS
Odin, réponds à mon appel !
Odin, réponds à mon appel !
Odin, réponds à mon appel !
J'implore ton aide !
Que le Père, le Fils,
le Saint-Esprit et la cohorte des anges
nous protègent aujourd'hui et à jamais des ruses de Satan.
Protégez-nous, ô Seigneur,
du péché, de la honte et du malheur.
Nous sommes vendredi, jour de la Passion du Christ.
Mon Dieu, dans le noir, j'ai failli les piétiner !
Là, pauvre petit, calme-toi.
Vis ta misérable vie
puisque le Seigneur te l'a accordée.
Où as-tu donc passé la nuit ?
Tu aurais au moins pu être là pour la traite !
J'ai dû la faire, malgré mes pauvres jambes.
Jésus Marie, quel regard ! Qu'y a-t-il ?
C'est toujours la même histoire :
les bâtards font des bâtards.
Ça t'apprendra à te conduire comme tu le fais.
À siffler et cracher comme un chat sauvage !
Tu devrais remercier le Seigneur de t'avoir permis de vivre ici,
comme un membre de la famille, toi, une fille de catin.
Va chercher le lait !
Tu porteras à l'église les cierges de la Vierge.
- C'est moi qui dois y aller ? - Oui.
- Ce n'est pas Karin ? - Elle n'est pas bien.
Elle ira mieux après les matines !
Je la trouve un peu fiévreuse.
Hier, elle avait la fièvre pour danser !
Tais-toi donc !
Ma fille ne sera jamais aussi dévergondée que toi.
Elle te ressemble moins que la rose à ses épines.
Tu ne fais que piquer !
Alors même qu'on devrait te jeter dehors à cause de ton état.
Seigneur, bénissez notre pain quotidien. Amen.
Où est Karin ?
Elle devait emmener les cierges de la Vierge.
Karin n'est pas bien.
Hier, elle était en forme ! Elle aime trop dormir.
Ce matin, elle n'est pas bien.
Elle est trop mal pour aller à l'église ?
Frida portera les cierges.
Ils doivent être portés par une jeune fille.
Tu es toujours si sévère quand il s'agit de Karin !
Tu n'es jamais si magnanime qu'avec elle.
Elle est le seul enfant qui me reste.
C'est pourquoi son éducation est importante.
J'ai fait de mauvais rêves, cette nuit.
Tu mortifies trop cruellement ta chair, la nuit.
Envoie Ingeri éveiller Karin.
Je vais y aller.
Allez... va réveiller la flemmarde !
Ingeri, prépare un repas pour Karin.
Des galettes de blé avec du fromage
et un peu de mouton.
- Tu es malade, Karin ? - Non, je vais bien.
Je suis encore endormie.
Je peux déjeuner dans mon lit ?
Père veut que tu portes les cierges à l'église.
Oh non !
- Si tu es malade, Frida ira. - Je vais bien.
Alors tu dois y aller.
- Si je mets ma robe de soie jaune. - En semaine ?
Sinon, je n'y vais pas.
Ne fais pas l'enfant.
Si j'avais parlé à mes parents sur ce ton, à ton âge,
j'aurais été fouettée et mise au jeûne.
Alors fouette-moi et affame-moi !
Je veux des fruits avec mon pain, pas du beurre.
Tu sais que je devrais être plus sévère avec toi.
Tu ris mais Père est en colère.
Un jour, tu me feras honte.
Sors ma robe jaune,
ma jupe du dimanche et mon manteau bleu.
Alors je serai heureuse, tu seras heureuse
et Père sera heureux.
Tu verras comme je serai digne pour aller à l'église.
Et mon cheval trottera aussi posément qu'en pèlerinage.
Je ne regarderai ni à droite, ni à gauche
mais droit devant moi...
Je ne penserai qu'aux cierges et à la sainte Mère de Dieu.
Les bas blancs
et les souliers bleus brodés de perles.
Attention, ce n'est pas une tenue ordinaire !
Quinze jeunes filles l'ont brodée.
Ne t'énerve pas comme ça !
- Quinze en même temps ? - Oui.
Assieds-toi que je peigne tes cheveux.
Non, je veux les laisser pendre pour rehausser ma tenue.
Si tu ne fais que ce qui te plaît, le diable s'en réjouira.
Et les saints t'enverront des furoncles.
Pourquoi parles-tu toujours du diable ? Père n'en parle pas.
Parce que le diable séduit les innocents.
Il s'efforce de détruire toute forme de bien dès sa naissance.
Je dis toujours mes prières.
Avec qui as-tu dansé hier soir ?
J'ai dansé avec celui-ci...
et celui-ci... et celui-là.
Pourquoi ?
J'ai fait de mauvais rêves.
Qu'as-tu rêvé, Mère ?
Ce que j'aimerais rêver aussi !
De grands rêves merveilleux...
Mais je ne rêve jamais.
Maintenant, les jupes !
La bleue et celle qui a des fils d'or.
Plus serré ou ça ne s'évasera pas comme il faut.
Tu as oublié le fermoir.
Garde-le pour dimanche, ça suffit comme ça !
Tu me caches la lumière.
Voilà Père. Il est en colère, maintenant.
Mère dit que tu n'es pas bien.
Me trouvez-vous l'air malade ? Suis-je pâle et fatiguée ?
Trouves-tu vertueux de dormir le jour ?
Je demanderai pardon à Père Erik
pour avoir manqué les matines.
Je lui dirai que Mère était malade, que personne ne m'a réveillée.
Que les cierges n'étaient pas prêts.
Que mon cheval n'était pas ferré !
Je vais aller dans la montagne avec cette méchante damoiselle
et déclarer que je ne veux pas d'une telle fille.
Qu'on l'enferme sept ans dans la montagne.
Afin de l'assagir.
Puis j'irai la chercher...
peut-être.
Ingeri peut venir avec moi ? Elle ne sort jamais...
C'est une honte de vivre si loin de l'église.
Tu aurais bien besoin d'un confessionnal tout proche !
Oublierais-tu que tu as fui ton pays pour sauver ta vie ?
Je connais ton histoire, "homme de lettres".
Superbe ! L'oiseau qui vole trouve sa pâture,
celui qui reste au nid meurt.
J'ai vu des femmes et des églises.
- Comment étaient les églises ? - Aussi hautes que le ciel.
Et larges... Elles n'étaient pas en bois mais en pierre et en chaux.
Avec des fenêtres aux couleurs de l'arc-en-ciel.
Tu peux venir à l'église, Ingeri.
Père le permet.
Dépêche-toi ou vous n'arriverez pas avant la nuit.
Vite, Ingeri !
Bois de la bière tiède.
La route est longue et tu n'as pas mangé.
Non, merci. Donne-la à Ingeri, elle m'accompagne.
- Qui l'a permis ? - Père vient de le faire.
Tu ne m'embrasses pas avant de partir ?
Que Jésus-Christ bénisse ta jeune vie.
Donne ce paquet de galettes de fromage et de cierges
au Père Erik, pour moi.
Dis-lui bien que c'est de ma part pour il sait quoi.
Demande-lui de dire cinq Pater et quinze Ave.
J'ai vu dans un verger si beau et si ensoleillé
Une jeune fille dont la vertu n'a pas de prix
Sa chevelure est pareille à l'or pur
Ses yeux sont plus bleus que les cieux
Les ruisseaux joyeusement chantent
À travers les vallées verdoyantes
Quand vient le printemps
Quand vient le printemps
L'oiseau léger vole si haut dans le ciel
Le vent souffle et soutient ses ailes
Sa puissance se fait douceur pour le porter
Jusqu'à la montagne et son sommet
Les ruisseaux joyeusement chantent
À travers les vallées verdoyantes
Quand vient le printemps
Quand vient le printemps
- L'enfant te fait mal ? - Un jour, tu sauras ce que c'est.
Pas avant d'avoir mon foyer, d'être honorablement mariée.
On verra ça, quand un homme essayera de t'embrasser !
Je n'irai pas dans son lit avant le mariage.
Et si on te pousse derrière un buisson, une nuit ?
Je me débattrai.
Et si l'homme est plus fort ?
Les matines sont finies. Vous êtes mieux au soleil qu'à l'église !
Je porte les cierges à l'église.
Vous vous êtes fait belle pour la Vierge. Telle une jeune mariée
pour son époux.
C'est pour saluer ce beau jour
et pour contrarier Mère. Pas pour vous.
Merci pour hier soir.
- Il n'y a pas de raison. - Non ?
Et vous le savez aussi bien que moi.
- Qu'y a-t-il, Ingeri ? - Je t'ai vue avec lui, hier.
Je voulais savoir s'il s'occuperait de toi et de l'enfant.
Et il a dit : "Oui, si tu te couches dans le foin avec moi."
Tu lui as souri !
Tu as dansé avec lui !
Et avec tous ceux qui m'ont tendu la main.
Excuse-moi de t'avoir frappée.
Tu n'as pas à me demander pardon.
- Rentrons ! - Pourquoi ? Nous allons à l'église.
- Je porterai les cierges. - Père et Mère n'aimeraient pas ça.
La forêt est trop sombre, je ne peux pas continuer.
Ne pleure pas si fort, tu vas faire mal à l'enfant.
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