The first 200 lines.
Les Studios MOSFILM de Moscou
LÉON TOLSTOÏ
GUERRE ET PAIX
PIERRE BEZOUKHOV
Réalisateur Serguéi BONDARTCHOUK
Adaptation à l'écran Serguéi BONDARTCHOUK et Vassili SOLOVIOV
Directeur de la photographie Anatoli PETRITSKI
Décors et costumes MikhaïI BOGDANOV et Guennadi MIASNIKOV
Musique de Viatcheslav OVTCHINNIKOV
Son louri MIKHAÏLOV et Igor OURVANTSEV
Sous-titres français Alexandre KARVOVSKI
Dans les rôles principaux
Pierre Bezoukhov: Serguéi BONDARTCHOUK Natacha Rostova: Ludmilla SAVÉLlÉVA
André Bolkonski: Viatcheslav TIKHONOV
Comte Rostov: V. STANITSYNE
Comtesse Rostov: K. GOLOVKO Pétia Rostov: S. IERMILOV
Sonia: I. GOUBANOVA Princesse Marie: A. CHOURANOVA
Nicolaï Rostov: A. SIOMINE Prince Vassili: B. SMIRNOV
Madame Scherer: A. STÉPANOVA
Maréchal Koutouzov: Boris ZAKHAVA Karataïev: M. KHRABROV
Chef partisan Dénissov: N. RYBNIKOV Thikhone: S. TCHÉKANE
Napoléon: Vladislav STREJELTCHIK
Capitaine Ramballe: Jean-Claude Ballard Sergent Morel: I. MILLIAR
Général Davout: B. MOLTCHANOV Général Loriston: L. POLIAKOV
Je vous ai réunis ici pour une question de pure stratégie.
Je l'expose.
Le salut de la Russie tient à son armée.
Est-il plus avantageux de livrer bataille au risque de perdre l'armée et Moscou,
ou d'abandonner Moscou aux Français sans se battre?
C'est sur ce point que j'aimerais connaître votre avis.
Je considère que jusqu'ici rien n'estjoué.
L'unique moyen de sauver la sainte capitale
c'est d'attaquer l'adversaire.
Se peut-il que ce soit moi qui ai permis à Napoléon d'arriver en vue de Moscou?
Et quand ai-je pu le faire?
A quel moment cela a pu se produire?
II frissonnait à la seule idée de l'ordre qu'il lui fallait donner.
Eh bien, Messieurs...
Ce sera à moi et à moi seul de payer les pots cassés.
J'ai écouté votre avis.
Certains d'entre vous ne seront pas d'accord, mais moi...
En vertu de l'autorité qui m'est conférée par l'Empereur et la Patrie,
J'ordonne la retraite.
Jamais je ne l'aurais pensé! Jamais je ne l'aurais cru!
II faut que son Altesse prenne du repos.
Mais si!
II boufferont du cheval, comme les Turcs!
Eux aussi, si seulement...
Dans la nuit du 1-er septembre
Koutouzov ordonna aux troupes russes de battre en retraite
et après avoir traversé Moscou, de se replier par la route de Riazan.
Sais-tu, ma chère, ce que j'ai à te dire...
Je viens d'avoir la visite d'un officier.
Il voudrait des chariots pour les blessés.
Libérez les charrettes pour les blessés!
Qu'on décharge les affaires, qu'on porte tout cela dans les remises.
Faut-il renvoyer le fiacre?
Oui. Etje voudrais que tu me rendes un service...
- Peut-être désirez-vous manger? - Il s'agit d'autre chose.
Il me faudrait des vêtements de paysan et un pistolet.
- À qui est cette calèche? - Au prince, MIle, il est blessé.
Mais qui est-ce?
Notre fiancé d'autrefois. On dit qu'il va mourir.
Allons. Et Dieu nous garde.
Regardez, c'est lui!
Je vous jure, c'est Bezoukhov!
Pierre, venez, venez, nous vous avons reconnu!
Comment se fait-il? Pourquoi ce vêtement?
- Que vous est-il arrivé, comte? - Comment?
Ne me posez pas de questions.
- Vous restez donc à Moscou? - Oui, je reste.
Au revoir, dans ce cas.
Si seulementj'étais un homme pour pouvoir rester avec vous!
Maman, permettez-moi de rester!
- Vous avez assisté à la bataille? - En effet.
Il y en aura une autre demain.
- Mais qu'avez-vous donc, comte? - Ne me posez pas de questions.
Je ne m'y retrouve plus. Des temps épouvantables.
Adieu!
II lui parut soudain que tout était fini, anéanti,
que dans l'avenir il n'y aurait plus rien,
que la situation n'avait pas d'issue.
La voici, la sainte capitale.
Elle s'étend à mes pieds dans l'attente de son sort.
Étrange et belle cité, majestueuse.
Mais pourquoi les autorités de la ville ne se présentent-elles toujours pas?
Aux armes! A l'abordage!
Mon œil! A l'abordage!
Mon Dieu, c'est eux! Y en a quatre! Des cavaliers!
Le maître est absent. Moi vous pas comprendre.
Pas comprendre...
A l'abordage!
- Vous n'êtes pas blessé? - Je crois que non...
Brigand, tu vas me le payer!
Faites grâce à cet individu, il est ivre.
Vous m'avez sauvé la vie. Vous êtes Français?
Capitaine Ramballe.
- Je suis Russe. - A d'autres!
Qu'allons-nous faire de cet homme? Bon, je ne le toucherai pas.
Votre nom?
Monsieur Pierre? Ça me suffit.
Je vous dois une fière chandelle.
J'ai bien assez des balles que je porte déjà dans mon corps.
Une à Wagram, deux autres à Smolensk.
La jambe, c'est ici, le 7. A la grande bataille de la Moskova.
Sacré Dieu, c'était beau! Vous nous avez donné du fil à retordre.
J'y étais aussi.
Vraiment? Tant mieux.
Vous êtes de fiers ennemis. Et de beaux hommes!
Soldat comme nous autres? Tant mieux, monsieur Pierre.
C'est vrai que toutes les dames ont fui Moscou?
Que craignaient-elles donc?
Est-ce que vos dames n'auraient pas fui Paris si les Russes y étaient entrés?
- Elle est bonne celle-là! Paris... - Paris est la capitale du monde.
Paris c'est la Talma, la Duchesnois.
Potier, La Sorbonne, les Boulevards.
Mais pour en revenir à vos dames.
Quelle chance elles ont manquée, celles-là!
Nous avons pris Vienne, Berlin, Rome,
Naples, Madrid, Varsovie.
On nous craint, mais on nous aime. Et l'Empereur...
Quoi, l'empereur?
Le plus grand homme de tous les temps.
Est-il à Moscou?
Non. Il fait son entrée demain.
Mais je vous vois si abattu.
Morel! Fais-nous chambrer une bouteille!
- Ce n'est pas à Mytischi, c'est plus loin. - On dirait que c'est à Moscou.
- Mytischi c'est de ce côté. Ça, ça brûle ailleurs.
Regarde ces flammes!
Oui, c'est à Moscou. La Barrière Souschevskaïa, ou alors Rogojskaïa.
Quelle horreur! D'ici que le feu gagne toute la ville...
C'est horrible, ces lueurs dans le ciel!
Regarde, on voit bien par la fenêtre.
Tu vois ces flammes épouvantables.
Qu'est-ce qui brûle? Ah, oui, Moscou...
- Mais tu n'as pas regardé. - Si, j'ai tout vu.
Depuis qu'on avait dit à Natacha que le prince Andréi
faisait partie de leur convoi, mais qu'elle ne pouvait pas le voir,
que sa blessure était grave sans que sa vie fût en danger,
elle avait décidé de n'en pas croire un mot
et, sachant que la réponse serait toujours la même,
elle cessa de poser des questions et se renferma dans le mutisme.
Tu trembles, ma chérie. Tu devrais te coucher.
Oui, j'y vais tout de suite.
- Étends-toi sur mon lit, ma chérie. - Non, maman. Je préfère par terre.
Maman...
Vous. Quel bonheur...
- Pardonnez... - Je vous aime.
- Pardonnez-moi. - Vous pardonner quoi?
- Pardonnez-moi, pour tout ce que je vous ai fait.
Je t'aime, bien plus et mieux qu'avant.
Pierre avait pris la décision, tout en dissimulant son identité, de ne pas partir
et de tuer Napoléon. Il risquait d'y périr lui-même,
mais au moins mettrait-il fin au calvaire de l'Europe tout entière.
Elle a brûlé vive!
Pitié, braves gens! Chrétiens de la bonne Foi!
Ma petite est restée dans les flammes! Elle a brûlé vive!
C'est là que le feu a pris, il s'est propagé en un instant...
On s'est sauvé comme on a pu... Emporté les icônes, la literie...
J'appelle les enfants, pas de Catherine!
Mais où donc la chercher?
Monsieur, mon bienfaiteur... rassurez-moi...
Anisska, misérable, montre-lui.
Montre-moi, je ferai le possible...
Brûlée vive...
Par ici, tonton, nous allons prendre cette rue...
Laquelle est votre maison?
C'est ici, oui, nous logions ici.
Brûlée vive! Mon petit trésor chéri...
Ma petite demoiselle bien-aimée...
Vous n'avez pas vu une fillette par ici?
J'ai bien entendu qu'on piaille dans le jardin.
C'est peut-être son moutard?
Une petite fille? Tant mieux.
Faut être humain, pas? On est tous des chrétiens.
Vous cherchez quelqu'un, mon bon monsieur? Seriez pas de la noblesse?
A qui est la petite?
II y avait une femme ici, avec ses enfants. Où est-elle passée?
Ça devait être les Anférov.
Non, ils sont partis ce matin. Ça doit être celle de Maria Nicolaiévna.
Il parle d'une femme. Elle c'est une dame.
Mais si, c'est elle. Ils ont été se garer dans le jardin.
Prends-là et tâche de retrouver ses parents.
Laissez cette femme!
Mon lieutenant, il a un poignard!
Arrêtez-le!
II m'a tout l'air d'être un des incendiaires.
Et la petite fille! A qui je dois remettre la petite fille!
Des fois que c'était pas la leur?
Qu'est-ce qu'elle veut cette femme?
Elle tient ma fille, je l'ai sauvée des flammes!
Eh bien... au revoir...
A sa Majesté magnanime, Souverain et Empereur...
Insouciante et luxueuse,
sans rapport avec les gravissimes circonstances du moment,
La vie petersbourgeoise allait son train sans changements notables.
Ici, il fallait faire un certain effort
pour prendre conscience du péril et de la situation dramatique
qui était celle de la Russie.
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