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Beyond the Clouds
A Commentary by copieur

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Published on: 2017-01-18
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Hearing Impaired: No

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The first 115 lines.

Quand je suis très fatigué après avoir fini un film,

je me mets à penser au suivant.

C'est la seule chose qu'il me reste à faire,

et que je sache faire.

J'essaie d'abord de déterminer le film

que je ferai après celui que je viens d'achever.

La chose la plus difficile est de m'abstenir

de m'intéresser à quoi que ce soit :

ne pas lire, ne m'autoriser aucune distraction.

Atteindre le silence et l'obscurité.

C'est dans l'obscurité que la réalité s'éclaire,

et du silence qu'arrivent les voix de dehors.

Je crois que l'on va de l'avant

poussé par l'énergie vitale qui se manifeste en toutes choses,

qui est à l'origine de la vie,

qui a créé le passé et créera le futur.

Pendant que nous resterons dans le présent

en nous persuadant que nous aussi

changeons avec le monde,

alors que j'ai peur que nous restions

irrémédiablement nous-mêmes

comme au jour de notre naissance.

Je ne sais pas pourquoi je vous dis ça.

Ne vous méprenez pas, je ne suis pas philosophe.

Au contraire, je suis quelqu'un

de profondément attaché aux images.

Je n'ai découvert la réalité

qu'en commençant à la photographier.

À photographier et à agrandir

la surface des choses qui m'entouraient.

J'ai tenté de découvrir ce qui était derrière elles,

je n'ai rien fait d'autre dans ma carrière.

Une des histoires que j'avais en tête

m'avait été suggérée par un ami

et c'est cette histoire qui m'avait attiré ici.

Il s'agissait d'un homme et d'une femme à Ferrare.

Histoire étrange

seulement pour ceux qui n'y sont pas nés, comme moi.

Les citoyens de Ferrare

comprennent aisément un amour qui dure des années

sans jamais avoir existé.

Pouvez-vous m'indiquer une pension ?

Plutôt chic, ou toute simple ?

Choisissez,

je vous fais confiance.

Il y en a une juste derrière, à deux pas.

Je voudrais une chambre.

Pour une personne ?

Oui, une simple, merci.

La 4 est libre. Des bagages ?

Je reviens.

Je vous ai déjà rencontrée, mais vous ne m'avez même pas regardé.

Le plus beau, c'est que je suis ici par hasard.

Pourquoi, "le plus beau" ?

Parce que je devais aller ailleurs...

Et qu'à un certain moment, j'ai laissé l'auto me guider.

Moi, je suis coincée ici dans le brouillard.

Je suis enseignante,

je ne peux m'échapper que pendant les vacances.

Pour aller où ?

À la ville.

Là d'où je veux m'échapper, justement.

Tu sais, les gens ne regardent plus les couchers de soleil.

C'est peut-être pareil en ville.

Mais quand le travail m'amène en province,

je suis émerveillé par les couchers de soleil.

Je suis ingénieur en hydraulique,

et nous sommes nombreux ici.

Je m'appelle Carmen.

Et moi, Silvano.

Une voix n'est pas une part de nous-mêmes, comme un bruit.

La mer, par exemple, on finit par ne plus l'entendre.

Une voix, non. On ne peut pas ne pas l'écouter.

C'est étrange.

On a toujours envie de vivre dans l'imagination de quelqu'un.

Peut-être que le secret d'être amoureux, c'est ça.

Tes yeux me plaisent.

Ils ne reflètent rien, tes yeux...

sauf de la douceur.

Laquelle est ta chambre ?

Celle de droite.

Bonne nuit.

La fille de la chambre 8 est déjà partie ?

Bien sûr.

Elle se lève tôt pour aller travailler.

Où puis-je acheter des fleurs ?

Les fleurs ne poussent pas ici dans la lagune.

Vous pouvez monter ça dans sa chambre ?

Je prendrai des fruits frais à la cuisine.

À dater de ce jour, ils furent amoureux l'un de l'autre.

Mais, d'après mon ami, ils ne se revirent jamais.

Deux ou trois ans passèrent.

Silvano se déplaçait.

Carmen travaillait dans un village

où l'avait envoyée le recteur.

Ça t'a plu ?

Un vrai miracle, de se retrouver !

Ce n'est jamais le hasard...

Elle, c'est Sara.

Je dois vous laisser, il se fait tard.

Je vous effraie ?

J'ai des courses à faire, ça va fermer.

On se voit demain.

Deux ans que je me demande

pourquoi tu es partie ce matin-là...

sans même un au revoir.

Je t'ai attendu toute la nuit.

Et je me demande...

pourquoi j'ai tant besoin d'entendre des mots.

On ne parle plus.

La mode est au regard.

Les vrais paroles sont à l'intérieur.

Dis-m'en une !

Je suis convaincu qu'il y a un esclavage désirable,

quand on est prisonnier d'un sortilège.

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