The first 200 lines.
Reculez.
Reculez.
C'est fini.
Le président Zápotocký est mort à 3h52.
Le camarade président vient de mourir.
Le cœur d'un communiste a cessé de battre,
sa bouche a prononcé ses derniers mots.
Son cœur battait pour son peuple.
Immense et inconsolable est notre chagrin.
Immense est notre peine.
LE PROCÈS DE L'HERBORISTE
Vous avez vos flacons ?
Bien.
Venez avec moi.
Bonjour.
- Comment allez-vous ? - Pas très bien.
Je vais revenir vous voir.
Bonjour.
Faites-moi voir.
Ça s'améliore,
mais la fièvre ne descend pas et elle refuse de manger.
Du travail de boucher, ce docteur mérite la prison.
C'est une brute.
Continuez d'appliquer la camomille.
D'accord.
Tout ira bien, Madame Svatoňová.
Gardez la foi, et vous guérirez.
Je vais préparer le traitement.
Bonjour.
Uniquement des flacons propres. Tenez, en voici un.
Donnez-moi 15 couronnes. Vous pouvez uriner là-bas.
Bonjour, montrez-moi.
C'est bon, allez-y. Suivant.
- Essuyez-vous la bouche. - Pardon ?
Monsieur Mikolášek n'aime pas les femmes maquillées,
il ne vous recevra pas.
Vos flacons ! C'est bon...
Bien.
- Le flacon doit être propre. - Je n'en ai pas d'autres.
En voilà un, c'est 15 couronnes.
- Tant que ça ? - 15 couronnes.
Un seul paquet ?
Le reste a été saisi à la poste centrale.
Et le journal répand encore des mensonges sur vous.
Avancez, s'il vous plaît.
Vous êtes les derniers.
Seulement deux lots de 50 flacons.
Le reste a été saisi à la poste de Prague.
On pourra lancer les traitements plus rapidement.
Homme, 38 ans.
Infection chronique des voies respiratoires inférieures.
Mélange numéro 3 pendant cinq semaines.
Enveloppements et cataplasmes de graisse d'oie.
Flacon numéro 2 : femme, 56 ans.
Calculs rénaux.
Mélange numéro 1,
et au moins trois litres par jour d'infusion tiède de persil.
Flacon numéro 3 : femme,
62 ans.
On ne peut plus rien faire.
- Qu'est-ce que j'écris ? - Ce que tu veux.
Pancréas.
"Nous ne sommes pas en mesure, d'après l'échantillon fourni,
"d'établir un diagnostic.
"Nous vous conseillons de prévoir dans les meilleurs délais
un rendez-vous avec un spécialiste."
Elle sera morte avant de lire ce message.
Je peux leur dire que tu es indisposé aujourd'hui.
Suivant.
- Tu aides tout le monde, mais toi... - Homme, 54 ans.
Monsieur, vous ne pouvez pas entrer comme ça.
Il faut attendre votre tour.
JAN MIKOLÁŠEK EXPERT HERBORISTE
Vous avez des pertes abondantes, n'est-ce pas ?
Si on ne traite pas cela, vous ne tomberez jamais enceinte.
Notre docteur dit que je ne peux pas avoir d'enfants.
Votre docteur a dit ça ?
Levez-vous, s'il vous plaît.
Vous êtes jeune et forte, il y a beaucoup de vie en vous.
Votre docteur est un âne.
Qu'est-ce que vous faites ? Personne ne vous a dit d'entrer !
Faites une toilette intime aux plantes.
Et appliquez ceci deux fois par jour.
Je l'applique où ?
Sur le sexe de votre mari.
C'est un mélange de thym et d'écorce de chêne.
S'il continue de vous tromper,
vous ne réglerez jamais vos problèmes.
L'infirmière dans la salle d'attente vous donnera les plantes.
Numéro 38 !
Je vous ai apporté quelque chose.
Votre urine ?
- Vos orteils vous font mal ? - Ne m'en parlez pas.
Ils me font un mal de chien.
Vous devez arrêter la viande.
Chaque bouchée encrasse vos articulations.
Vous avez la goutte.
L'usage de vos doigts est en jeu.
- Mais je suis boucher, docteur. - Je ne suis pas docteur.
Il va falloir choisir.
Tu veux que je m'agenouille ?
C'est à l'église qu'on s'agenouille, Johana.
Alors, dis-moi ce que je dois faire pour que tu m'écoutes.
Il n'y a rien à ajouter. Mange donc.
Cet argent n'est pas pour moi,
il est pour ta nièce.
Elle a refusé de venir, elle a trop peur de toi.
Je te rembourserai, je le jure.
Madame Johana.
Madame, attendez.
C'est pour vous.
Merci, mais je ne peux pas l'accepter de votre part.
Ça ne vient pas de moi.
Votre frère l'a préparé hier pour vous.
Pourquoi humilier les gens ainsi ?
Fais-moi voir.
Tu peux lever la jambe ?
Tu peux l'attraper ?
Et ton bras ?
Bien.
Je vais la porter.
Ce n'est pas la polio.
L'hôpital nous a dit que la polio déformait ses jambes.
Moi, je vous dis que ce garçon a besoin de soleil.
Carence en vitamine D. Vous devriez l'emmener à la mer.
Avec quel argent, Monsieur Mikolášek ?
Mon mari est en prison. J'ignore où...
Une pommade fluidifiera sa circulation et soulagera ses muscles.
Vous travaillerez les mouvements avec lui.
Voilà pour aller à la mer.
- Merci. - Non, voyons.
Ne faites pas ça.
Merci.
- Elle est belle. - Merci.
Adam.
"Dixième chapitre de l'incroyable histoire du charlatan.
"Nous avons visité les locaux du fameux temple de l'urine
"de Monsieur Jan Mikolášek, à Jenštejn.
"Ce parasite s'enrichit sur le dos de la classe ouvrière.
"Il se pavane au volant d'une voiture américaine,
"il boit du champagne et se moque de la justice.
"Vous ne sortirez pas guéris de Jenštejn, mais certainement sans le sou.
"Allons-nous endurer longtemps cet ulcère dans le corps communiste ?
"Allons-nous supporter longtemps que ce charlatan prescrive ses herbes
à nos grand-mères naïves ?"
Ça suffit.
"Tremblez, Mikolášek et ceux de votre espèce,
"car la justice communiste va vous prescrire le meilleur remède :
la prison."
Elle est là depuis trois semaines.
- Tous les soirs, la même voiture. - N'importe qui peut se garer là.
Pourquoi tu as si peur de la retraite ?
Tu entretiendrais ton jardin, ils t'oublieraient.
Il a raison.
C'est de l'espionnage, ça va trop loin.
Je ne voulais pas le vexer.
Arrête-toi ici.
Il ne reste plus que deux patients.
Ensuite, on va dîner en ville, d'accord ?
Tant de bienfaits dans une seule feuille.
Mais pour qui ?
Je veux rentrer.
Jan.
- Qu'est-ce que c'est ? - Il y a quelqu'un du ministère.
Bonsoir.
Que voulez-vous ?
Vous ne vous souvenez pas de moi ?
- Je devrais ? - Je suis venu consulter.
On reçoit 200 patients par jour.
Mrázek.
Les reins ?
Insuffisance rénale aiguë.
Vous m'avez envoyé sur le billard, sans quoi je serais mort et enterré.
Vous devez partir, Monsieur Mikolášek.
Rapidement.
Je vous ferai un passeport.
- Je ne comprends pas. - Bien sûr que si.
J'ai demandé la nationalisation.
- Vous avez des amis à l'étranger. - Je peux servir l'hôpital d'État.
La Sécurité d'État a ouvert une enquête sur vous.
C'est absurde.
J'ai de bonnes relations au ministère de la Santé
et j'ai soigné le président Zápotocký.
Le président est mort. Vous n'avez plus aucun soutien.
Je ne fais que soigner les gens.
- Vous ne comprenez pas. - Vous non plus.
Ces gens ont besoin de moi.
J'ai payé ma dette.
Bonne chance.
Il a bu ton mélange.
Et il n'a plus mal au bras, mais au ventre.
Il l'a mangé, au lieu de se l'appliquer en pommade.
Mikolášek, Pitha, Lauda, venez ici !
Dépêchez-vous.
Dehors !
Je ne voulais pas faire ça.
Ne me tuez pas, s'il vous plaît.
En ligne !
Préparez, arme.
Vous ne pouvez pas faire ça.
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