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Tout est prêt.
Allez, exprime-toi.
Présente-toi, puis parle-nous de ta technique au sabre.
Je dois le faire en regardant cette chose ?
Mon nom est Sensui Kanzaki. Quant à mon art…
Un guerrier étranger m’a recueilli quand j’étais enfant.
Il m’a appris à manier les épées de l’Occident.
Puis à 15 ans, mon seigneur m’a pris sous son aile.
Il m’a aidé à faire mon éducation dans un dojo de l’école nen-ryû.
Un katana ou deux,
ou même une épée occidentale, je sais tout manier.
Le nombre de coups d’épée à l’entraînement ?
On ne compte pas les premiers.
Le compte commence avec la douleur.
La philosophie du nen-ryû repose sur la volonté de vaincre.
C’est l’essence même de ce style.
Sensui, qu’est-ce que t’es tendu ! Détends-toi !
DE L’AUTRE CÔTÉ DU VORTEX
Voilà le baraquement.
C’est ici que 50 civils dorment.
Seulement 50, dans tout cet espace ?
C’est bien peu…
Le reste s’est transformé en gibias.
Tiens, ta soupe.
Sensui, j’ai un service à te demander.
Affronte-moi.
Hé, arrête tes bêtises !
On l’appelle pas Sensui aux mille victimes pour rien !
Ce n’est pas un adversaire pour toi.
Qui est le plus fort de vous deux ?
Alors… la fois où on s’est affrontés, on a…
… fait jeu égal.
En duel au katana, j’ai aucune chance.
Mais la guerre, ça ne se gagne pas qu’au sabre.
Admettons que vous soyez tous les deux aussi forts.
Nous n’avons que peu de ressources, ici.
Je dois m’assurer de votre valeur
et que vous serez en mesure
de nous protéger.
Si tu es un vrai samouraï,
prouve-moi que tu peux te battre contre les gibias.
Bien.
Tu plaisantes, j’espère !
Je ne peux refuser.
Après tout, je te dois la vie, demoiselle Kathleen.
Si tel est ton souhait, qu’il en soit ainsi.
Joue le jeu.
J’ai mon premier dan, je te préviens.
Il te faut un équipement ?
Je n’ai jamais porté ça.
Je n’ai besoin de rien.
Alors moi non plus.
Tiens-toi prêt.
Tu ne lèves pas ton épée ?
Ne me sous-estime pas !
Pardon.
Je ne touche jamais la lame de mon adversaire.
Cela émousse la mienne.
Enfin,
si j’avais mon katana, je n’aurais pas ce problème.
Super !
Je suis soulagée ! Tu es aussi fort que je l’espérais,
Sensui !
Demoiselle Kathleen…
S’il te plaît, appelle-moi Kathleen ! On se passera du reste.
Eh bah…
Super ! Ça te va bien !
À quoi cela peut bien servir, Kathleen ?
À rien ! C’est pour être chic !
Chic ?
C’est bon pour le moral, de prendre soin de son apparence !
J’y crois pas !
Qu’y a-t-il, Kenroku ?
Qu’est-ce que…
Je suis tout bleu, maintenant !
Parfait, j’étais sûre que ça t’irait bien !
C’est vraiment la mode, cette couleur ?
C’est quand même très vif, ça tape à l’œil…
Quel beau gosse !
Un ninja aux cheveux bleus, c’est trop cool !
Tu crois pas ?
Ouais…
À la réflexion, ça a un certain charme.
Vraiment ?
Ça se remarque, en tout cas.
Et puis comme ça, tu es sûr de pas passer inaperçu !
Un ninja qu’on voit, c’est un ninja mort…
Maman, je suis de retour !
Vous revoilà !
Vous venez me raconter des histoires du temps d’Edo ?
Terminé.
C’est une chance que vous n’ayez pas été contaminé.
Dame Yurika, si nous sommes bien dans le futur,
vous savez peut-être ce qu’il est advenu de mon époque.
Savez-vous ce qu’est devenu le seigneur Jôzen Matsumoto ?
Yurika tout court, ça ira !
On ne parle plus comme ça, de nos jours.
Je connais un peu la période d’Edo…
Je suis fan de films d’époque, en fait !
Yurika ?
Je crois bien
qu’il a fini décapité à force de trahisons.
Sensui…
Je t’en prie !
Sire Tokugawa ne creusera pas plus loin.
DÉCAPITATION DE MATSUMOTO
Quelle horrible fin, seigneur.
Il se fait tard, faut pas que je traîne !
Maeda ! Reste calme et déplace-toi sans faire de bruit !
Braquez les projecteurs !
Dépêche-toi, Maeda !
Une minute, je fais ce que je peux !
Il était parti récupérer un katana, à quoi ça peut nous servir ?
Qui sait ?
Si un gibia l’approche, braque ton projecteur sur lui.
Compris !
Tu vas tous nous tuer, avec tes lubies.
Adam… désolé. Tu auras du saké en échange.
De patate, alors.
Sarrasin, à la limite.
Sensui, ça va ?
Jôzen Matsumoto était le seigneur de Sensui.
Il l’a recueilli quand il était petit, il se sent redevable.
Je vois…
Sensui.
Sieur Yoshinaga.
Au diable le « sieur ». Yoshinaga suffira.
On a pansé ta blessure ?
Oui, c’est fait.
Ça ne va pas ?
C’est compliqué.
Seigneur, quelle triste fin vous avez connue.
Et je n’ai pu être à vos côtés…
Je suis un bien mauvais vassal.
Me suis-je battu en vain, tout ce temps ?
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