The first 200 lines.
Ce vert. C'est ce dont je me souviens surtout.
De cette nuance de vert.
C'est peut-être la plus belle chose qui m'ait jamais été donnée de voir.
Cette couleur.
Même pour dormir, nous passions
la plupart de nos nuits dehors.
Il y avait une balançoire.
Chaque été,
elle cassait, et chaque été, papy la réparait.
Et les pommes.
J'te l'dis, mec, les pommes ne sont plus comme avant.
Je ne sais pas ce qu'ils leur ont fait...
Pete, tu veux pas la fermer ?
Rien n'est plus comme avant.
Extinction des feux.
J'ai passé trois ans ici.
Trois ans à écouter la même rengaine.
"Les étés de Pete étaient parfaits. Ses grands-parents aussi."
Ils avaient de l'argent et ils t'aimaient. Ils avaient le temps
de s'occuper de toi, jusqu'à ce que maman se les mette à dos.
Ils m'aimaient. C'est la vérité.
Et ça te fout les boules parce que ma vie était meilleure que la tienne.
Quelle qu'elle fût.
Je sais que ta vie était pire que la mienne.
Au moins je sais parler aux gens.
Tu es un arnaqueur.
Oui, je suis un escroc.
Je parle et les gens me donnent leur argent.
Toi ? Tu as attaqué un stand de tir l'arme au poing.
Je sors d'ici dans deux jours.
Tu en as encore au moins pour deux ans.
Ce qui veut dire que je m'en sors mieux que toi.
Donc, soit j'ai eu une meilleure vie, soit rien de ceci n'a d'importance.
Quoi qu'il en soit, arrête d'en parler.
D'accord ?
Plus que vingt-quatre heures, Eddie !
Et après je me fais un burger de chez Donovan.
Ouais, c'est un bon burger.
OK, frérot. À demain, hein ?
Tout va bien ?
Non, Marius, ça ne va pas.
- Tu ne peux pas revenir ici. - Comment ça ?
On doit doit plus d'argent à Vince que prévu.
- Beaucoup plus. - Combien ?
- Dix plaques. - Quoi ?
C'est ce qu'on lui devait au début. Je le paye,
tu le payes, que s'est-il passé ?
Il dit que ce sont les intérêts, trois années de frais de commission.
- Et tu me dis ça maintenant... - Je viens de l'apprendre.
Il veut me faire la peau, non ?
Je ne sais pas.
Mais des gars à lui vont t'attendre à l'arrêt de bus demain...
Je dois lui parler...
Non, parler n'y changera rien, Marius.
Tu n'y changeras rien.
Écoute, il m'aime bien... Je vais essayer de lui faire entendre raison.
Mais tu dois faire profil bas.
Oh, Eddie.
Tu dois te cacher.
Ouais, d'accord.
Alors quoi ? Tu as perdu ta langue ?
C'est ce que tu voulais.
Non, tu avais raison. Ma vie est naze.
Je n'ai pas connu mon père,
ma mère était là quand elle n'avait pas une shooteuse dans le bras,
j'ai connu une douzaine de familles adoptives,
dont seulement trois n'étaient pas là que pour encaisser les allocs.
Et toi,
on t'aimait.
Ça me donne de l'espoir.
Si tu veux en parler...
Mamie était ma préférée.
Personne ne lui marchait sur les pieds.
- Non ? - Ouais.
Les autres avaient peur d'elle.
Où est la ferme ?
Bonjour, mon amour.
Attendez, excusez-moi.
On attend un ami à nous.
Marius Josipovic. Il a été libéré aujourd'hui.
Vous êtes ses frères ?
Ses quoi ?
Non.
Un seul arrêt. Ce n'est pas la ligne bleue.
Mais mes frères viennent me chercher.
Tu m'en vois ravi.
Et mon... mon père est avec eux.
Il ne voulait pas rester à la maison.
Mon père ne sait pas que j'étais en prison.
Il a fait une crise cardiaque avant que j'y aille,
et une autre le mois dernier,
ma mère pense que la vérité le tuera.
On a réussi à garder ce secret trois ans.
Je ne peux pas foutre ça en l'air maintenant.
Arrêtez le bus au prochain feu, ouvrez la porte, laissez-moi descendre,
que je dise bonjour à mon père.
Comme un fils normal.
Merci, merci.
"Un bon joueur de hockey joue là où le palet est.
Un joueur de hockey d'exception, joue là où le palet sera."
Tu sais qui a dit ça, Bobby ? Hein ?
J'en sais rien, Nate.
Pas de passions.
Bonjour, je suis un peu perdu ici.
Hé. Tu as un accent. D'où viens-tu ?
- Moi ? - Ouais.
Je suis de Montréal, au Canada.
Merde. Tu sais quoi ? Je peux pas blairer le Canada.
Désolé.
Bobby, t'entends ça ?
J'insulte ce mec et il s'excuse !
Les Canadiens ! Incroyable !
Je me paye ta tête, mec. J'adore le Canada !
J'ai perdu ma virginité à Montréal.
C'est mon père qui a payé. Un saint.
Je vais t'aider.
Ce mec ne connaît rien à rien.
Allez, viens !
D'accord, je dois...
Je dois aller là.
Mais on est là, non ?
- Tu veux aller à Albany ? - Ouais.
Prends le train ! Quand tu sors d'ici, tourne à gauche, puis va tout droit.
Oh. Super ! Merci.
Je dois y aller, j'ai entendu dire qu'il allait neiger.
Barman, un autre verre pour mon ami, d'accord ?
Et la citation était de Gretzky.
Tu entends ça, Bobby ? Gretzky.
Bonjour, mamie. Papy.
C'est moi, Pete.
Pete.
Tu veux de la limonade ?
- Je voudr... - Il déteste la limonade.
Audrey.
J'allais dire : "Je voudrais un verre d'eau, si c'est possible."
Mais merci d'avoir apporté ça.
D'accord.
Merci, papy.
Il n'y avait pas un pommier juste là ?
Mort il y a quelques années.
Dans quel arbre construis-tu tes cabanes maintenant ?
Où étais-tu ces 20 dernières années ?
Je veux dire, où as-tu vécu ?
Es-tu... es-tu marié ? As-tu des enfants ?
On veux tout savoir.
Comment va ta mère ?
Ça fait trois ans qu'on ne s'est pas parlé.
Que s'est-il passé ?
Tu sais comment elle est. Elle n'a pas le pardon facile.
C'est probablement héréditaire.
Ce qu'elle nous a fait est impardonnable.
J'ai invité toute la famille à déjeuner.
Tous tes cousins.
Super.
Ma grand-mère pense que ta mère est une ratée.
Je suis aussi sa grand-mère, et je n'ai jamais dit ça.
Ne t'en fais pas. Elle dit que je suis aussi une ratée.
Je n'ai jamais dit ça.
Adorable.
C'est un nouveau chemisier ?
Non.
Je l'ai emprunté à Laney la dernière fois que j'ai dormi chez elle.
Il est joli.
Julia, tu n'as pas changé.
J'avais les dents de travers.
Et tu étais superbe.
Où sont tes parents ?
Ils sont morts.
Carly.
Tu préfères que je dise : "Ils sont décédés" ?
Ils sont décédés.
Nos parents sont morts dans un accident de voiture il y 12 ans.
Après ça, grand-père a eu une attaque.
Je vais bien.
Tu oublies des choses.
On en oublie tous.
Il a du mal à marcher et ne peut plus travailler.
Je peux travailler.
Comme il ne peut pas travailler, je travaille.
Je peux travailler !
Tu n'as pas à travailler.
- J'aurais dû arrêter il y a dix ans. - Tu peux arrêter demain.
Et ? Tu vas prendre la relève ?
Julia travaille avec nous depuis deux ans.
Son aide est précieuse.
Et tu as fait un travail formidable quand j'étais malade il y a deux semaines.
Je rougis ?
Mais notre fonds de commerce est de savoir à qui faire confiance.
Et je suis désolée, mais si cela avait été ton fort,
tes enfants auraient eu des yeux de même couleur.
Vraiment ?
SAINTE BIBLE
Où as-tu étudié la finance ?
Pardon. Comme tu travailles pour la société familiale.
Le marché obligataire, non ?
Je pensais que tu avais fait une école de commerce.
Le marché obligataire.
Non ?
Dans tes souvenirs,
nous sommes cette famille qui travaille dans la finance, non ?
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