The first 200 lines.
Aujourd'hui,
sixième jour du mois de Mounikion
de la première année
de la soixante-quatrième Olympiade,
par ordre de Lysandre de Sparte,
notre valeureux Poliorcète,
en notre présence
et la vôtre, Lacédémoniens,
selon les termes de la reddition
que nous avons imposée à la cité d'Athènes,
nous commençons la démolition des murs.
Exécution.
Hermès.
Alcibiade n'était qu'un bon à rien.
Que dis-tu ?
C'était l'un de nos plus grands chefs.
Si nos stratèges l'avaient écouté,
il aurait forcé les Spartiates à combattre sur terre.
Ils auraient été défaits.
En mer, c'était perdu d'avance.
Tu délires !
Non, pas du tout.
Sur la terre ferme, Alcibiade avait les archers et la cavalerie thraces.
Avec ces nombreux soldats,
il aurait défait les Spartiates
jusqu'à les rejeter à la mer.
Comme il est facile de parler !
En tout cas, je te dis...
Il les aurait écrasés.
Et il aurait été plus facile
de capturer leur flotte.
Si tu veux,
mais tu fais courir ton imagination.
Regarde la vérité plutôt
l'amère vérité, si tu peux.
La bataille navale
nous a coûté la perte de la flotte.
On m'a dit
que seules quelques trirèmes
menées par Canon
ont réussi
à s'échapper.
Lysandre a capturé 200 bateaux
et les a détruits.
Il a tué par l'épée
3 000 de nos soldats.
Eh oui, les Spartiates nous ont dupés.
Nous ne pouvions que nous rendre.
Ainsi, le blocus naval forçait Athènes
à se rendre par la faim.
Par chance, Théophraste
fut un ami prudent !
Oui, et vous marchands, pleins de sagesse.
Ne plaisante pas.
Nous parlons de la fin de notre puissance
et de notre démocratie.
Et sommes-nous étonnés ?
Perspicacité et mesure sont des vertus
que la jeunesse dédaigne.
Mais ce sont les qualités
qui ont rendu grande Athènes.
Aujourd'hui règnent l'avarice et le sans scrupule.
Ils sont devenus les symboles de la virilité et du courage.
J'espère juste que le gouvernement des Trente,
imposé par Lysandre,
ne nous fera pas payer trop chèrement nos erreurs.
Alcibiade a fait les erreurs dont tu parles,
comme si sa campagne sicilienne n'était pas folie.
Nous avions banni Alcibiade
et c'est lui qui a sauvé Athènes.
Cette fois encore, il nous libérera
de la tyrannie.
Il n'acceptera pas les atrocités
que les Spartiates nous font subir,
ni la cruauté que les tyrans ont placée sur nous.
Je sais qu'un des Trente a dit à Lysandre
qu'Athènes n'est plus régi
par ses propres citoyens.
Sparte peut finalement dominer toute la Grèce.
Qui a dit cela ?
Un des Trente.
C'est Critias.
Il a ajouté : « Écoutez-moi bien,
« le peuple athénien
« est disposé à accepter
« la tyrannie des Trente. »
Mais Alcibiade,
que vous méprisez injustement,
fera tout pour se débarrasser
de cette tyrannie.
Alcibiade était élève de Socrate...
Oui, comme Critias !
Mais Alcibiade s'est distingué davantage que Critias.
Alors lui, par jalousie,
cherchera certainement à revenir.
Tu as raison. Critias veut seulement la mort d'Alcibiade.
Théophraste sera bientôt le père d'un garçon !
Qu'Aphrodite te protège, Théophraste.
Nos voix sont avec toi.
Merci, merci...
Nous n'allons pas à la maison de Phocion ?
Je ne vous accompagne pas, je suis fatigué.
Comme tu veux.
Éphélide, Anytos, Hermès.
Ah, les amis... Bienvenue !
Installez-vous !
Le déjeuner sera bientôt servi.
Prenez un siège.
Les joueurs de flûte ne viennent pas ?
Non, ils ne viennent pas.
Par ordre de Lysandre, tous les flûtistes
ont été emmenés devant les murs
pour célébrer la démolition.
Voilà ce que font les Spartiates...
La fête n'est pas finie ?
Non...
Le coryphée les enverra aussitôt.
Nous les attendrons pour banqueter.
La démolition de nos Longs Murs ne doit pas nous démoraliser.
Vous verrez qu'elle marque le début d'une ère belle.
J'admire ton optimisme.
Mais les citoyens d'Athènes
sont plus inquiets pour leurs intrigues
que pour un grand avenir.
Et ils profitent de la défaite pour régler leurs vieux comptes.
C'est ainsi.
On dit que les Trente ont déjà reçu des centaines de rapports.
D'un autre côté, notre ville a toujours été pleine d'espions.
Ici, c'est une profession lucrative et facile.
Nous avons quantité d'exemples à citer.
Et il serait bien monotone de les énumérer tous.
C'est la jalousie par-dessus tout qui pousse nos concitoyens
à se détruire les uns les autres.
Les Athéniens
qui feignent d'être sages
ne sont rien que des escrocs !
Maintenant, tu exagères.
Nous avons des raisons d'espérer.
Que veux-tu dire ?
Je veux dire
que d'une certaine manière,
les Spartiates nous protègent.
Quand Lysandre a demandé
au Conseil des Confédérés
ce qui devait être fait
avec Athènes défaite,
un Thébain
a suggéré de retourner la terre
pour en faire un pâturage
et nous vendre comme esclaves.
Toute l'assemblée
a approuvé cette idée,
mais sans réussir à s'accorder
sur la meilleure méthode à adopter.
Une grande discussion a suivi
jusqu'au banquet
en l'honneur du chef victorieux.
Chacun s'est assis à table
et la décision
a été remise à plus tard.
À la fin du banquet,
un chanteur phocéen,
s'accompagnant d'une lyre,
a chanté le chœur d'Électre d'Euripide
et tous les invités enthousiastes
ont oublié la décision à prendre.
Comment pourraient-ils penser,
même un instant,
à commettre un crime
si abominable
que la destruction
d'une ville si célèbre,
mère de si grands artistes ?
Si cette assemblée avait été un Conseil athénien,
elle aurait condamné à mort Euripide,
au lieu de l'admirer, par jalousie.
Nous devons donc boire à la santé des Spartiates.
Que le déjeuner soit servi !
De toute façon,
j'ai entendu que les Spartiates
feront demain
une distribution de vivres.
Ils distribuent des victuailles !
Des provisions ! Venez !
Qu'on ferme le bec
de cette corneille !
Va-t’en, canaille !
Eh Socrate,
ils te traitent comme un miteux !
Je ne suis pas vraiment habillé comme un prince.
Tu as le visage d'un satyre.
C'est vrai et du ventre !
Je devrais commencer à danser pour garder la ligne.
Le premier venu te bat
et tu ne le traînes pas au tribunal ?
Si une mule me donne un coup de pied,
je ne vais pas me fâcher.
Il est difficile de traîner les mules en justice.
Si tu m'avais écouté
toutes ces années,
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