The first 200 lines.
Je viens de faire un rêve trop bizarre
dans le bus, là.
Tu fais jamais de rêves qui semblent réels ?
Tout y est si vivant, c'est vraiment réel.
Il s'y passe toujours un truc bizarre.
J'en ai à peu près un tous les deux ans.
Je m'en souviens toujours très bien.
Ça va très vite
ou c'est vraiment bizarre.
Une fois, j'ai déjeuné avec Tolstoï.
Une autre fois, j'étais roadie de Frank Zappa. N'importe.
Celui que je viens d'avoir était comme ça,
sauf qu'au lieu de s'y passer un truc bizarre,
il ne s'y passait rien du tout.
C'était Omega Man , mec,
personne aux alentours.
Je voyageais,
je regardais par les fenêtres de bus,
de trains, de voitures...
Rentré chez moi,
je zappais sans arrêt, je lisais.
Dans combien de tes rêves
tu te retrouves à lire ?
Attends. Y avait ce livre que j'ai lu dans le bus...
C'était mon rêve, donc je suppose que je l'avais écrit.
Mais, c'était bizarre. C'était...
La base de tout le bouquin
était que toute pensée
crée sa propre réalité, tu vois ?
Comme si tes choix, les décisions que tu prends.
Ce que tu choisis de ne pas faire
se divisaient et devenaient leur propre réalité.
Et ça divergeait à l'infini.
C'est comme...
Tu sais, dans "Le Magicien d'Oz",
quand Dorothy rencontre l'épouvantail.
Ils font cette danse au carrefour
et envisagent toutes les directions.
Ils finissent par en prendre une.
Les autres directions,
juste parce qu'ils y ont pensé,
deviennent des réalités différentes.
Elles partent de ce point-là
et poursuivent leur existence.
Ça ferait des films différents, qu'on ne verra jamais,
parce que, tu sais, on est piégés
dans notre propre réalité. Il n'y en a qu'une.
Un autre exemple : à la gare routière, tout à l'heure.
Quand je suis descendu du bus, une pensée m'a effleuré,
pendant une seconde, de ne pas prendre le taxi.
Mais de marcher,
ou de faire du stop.
Je suis un peu fauché, là. J'aurais dû faire ça, en fait.
Mais, juste parce que cette pensée m'a effleuré,
il existe en ce moment même
une toute autre réalité où je suis à la gare routière,
et tu es en train de conduire quelqu'un d'autre, tu vois ?
Cette réalité-là pense elle aussi,
comme cette réalité-ci, être l'unique réalité.
En ce moment même, je suis...
Je suis en train de traîner à la gare routière,
de feuilleter un journal.
Probablement pas loin d'une cabine téléphonique.
Disons qu'une jolie femme arrive
et commence à me parler.
Elle finit par proposer de me ramener.
On s'en va. On va faire un petit flipper.
Et on va chez elle,
elle a un super appartement.
J'emménage chez elle.
Une nuit, je rêve
que je suis avec une femme bizarre que je n'ai jamais vue,
ou que je vis dans un endroit où je ne suis jamais allé.
Ce n'est qu'un petit aperçu
de cette autre réalité...
qui a été entièrement créée à la gare routière, avant.
Tu sais que
j'aurais pu rêver de cette réalité dans l'autre.
En ce moment, je suis dans mon rêve de l'autre réalité.
Évidemment, ça ressemble au rêve
que j'ai eu dans le bus.
C'est un genre de cycle.
Putain, mec. J'aurais dû rester à la gare routière.
Ne la touchez pas. Il faut appeler la police.
Appelez une ambulance.
Voyez si elle a ses papiers. Il faut prévenir la famille.
- Ne la touchez pas ! - Je prends le sac.
Dépêchez-vous, je reste là.
Qu'est-ce qui se passe ?
Qu'est-il arrivé ?
Un accident. On contrôle la situation.
Bien. Vous n'avez pas besoin de moi, alors ?
- Non, je ne pense pas. - OK.
Écoutez, je peux vous aider ? Je vous amène quelque part ?
Non, je ne pense pas.
Prenez ma carte. Appelez-moi.
J'aimerais rester aider,
mais je dois y aller. Appelez-moi.
Donnez-moi de vos nouvelles. Vraiment.
C'est qui, ça ?
- Tenez, appelez ce gars. - C'est vos courses, madame ?
Allô ?
Oui, c'est ça.
C'est son fils.
Elle n'est pas là pour le moment. Je ne pense pas qu'elle soit rentrée.
Merde. Quelqu'un a relevé la plaque d'immatriculation ?
Y avait-il des témoins ?
OK, la police a été prévenue.
Bien. Entendu.
Prévenez-moi, si vous avez besoin de moi.
Merci d'avoir appelé.
Merci d'avoir appelé. Merci.
Agents Bozzio et Love, police.
Bonjour, c'est moi.
- Que s'est-il passé ? - Je ne sais pas.
Il paraît qu'un type a écrasé sa mère.
C'est si personnel
Que personne
Personne de sensé
Ne l'approcherait À moins de trois mètres
À moins de deux mètres, À moins d'un mètre
Peut-être qu'à moins d'un mètre...
C'est un jeune homme très perturbé
Ses problèmes sont si profonds
Ils le torturent tellement
Perturbé et si personnel
Passant le Conoco , l' Abel's
Qui est cet homme perturbé ?
C'est un jeune homme très perturbé
Numéro trois : célibat opportuniste.
Numéro quatre : renoncement à tout effort.
Et le cinquième et dernier pilier de l'euphorie :
un cycle complet de la réévaluation esthétique.
Ma réponse actuelle à toute tragédie
individuelle ou universelle est :
"C'est dégoûtant".
J'adore. J'espère même que ça va empirer.
OK. Je suis Dostoïevski. Tu es Anna.
On écrit "Le joueur".
Prends des notes.
Qui a écrit ce grand bouquin
sur l'immense effort que réclame
la non-création ?
L'intensité sans la maîtrise.
L'obsession de la complète passivité.
Et se pourrait-il que dans cette passivité,
- je trouve ma liberté ? - Je suis bloqué, là.
Qu'est-ce que tu fous ?
T'es censé noter ça. C'était bon.
- T'as pas vu Gary ? - Non.
Il vit toujours au même endroit ?
Personne ne l'a vu depuis des mois.
À plus tard.
C'est quoi cette obsession ?
L'obsession sans personnalité ?
De quoi tu parles ?
Excusez-moi.
Eh, mon gars ! J'ai cru entendre
qu'un de tes amis avait disparu ?
Non. Il n'est juste pas dans les parages.
Ah, bien. J'ai lu
dans World Weekly News
qu'il y a peu, un type traînait dans la rue.
Il errait çà et là, ne sachant plus
qui il était ni d'où il venait.
Il était en parfaite santé,
mais complètement amnésique.
On a retrouvé plein de gens
qui erraient comme lui, ces derniers temps.
Sans passé, rien.
- Bizarre, non ? - Oui.
Tu es au courant de ces coupures de transmission, bien sûr ?
Non ? Bon.
Ça fait vingt ans qu'on a marché sur la Lune.
Quand on a eu droit
à ce "grand pas pour l'Humanité",
un autre astronaute, dans le fond,
a gueulé de toutes ses forces
"Oh, mon Dieu. C'est quoi,
"dans le cratère ? C'est quoi ?"
La NASA a coupé ça.
Mais ceux d'entre nous qui ont les bonnes radios, tu piges,
on est au courant. En substance, il s'agissait
d'un vaisseau géant, dans l'autre cratère,
en train de les observer.
C'est ça. La rumeur s'est alors répandue
que le programme spatial n'était qu'une couverture.
C'est une opération secrète entre les USA
et l'Union Soviétique.
Ça fait plus de 30 ans que ça dure.
On a été sur la Lune dès les années 50.
Tu veux savoir comment on y est allé ?
Je vais te le dire.
Propulsion anti-grav. La technologie anti-gravitationnelle.
On l'a piquée aux nazis après la fin
de la Seconde Guerre Mondiale. C'est évident.
Je regardais une émission qui passe tard.
On y dit des choses très vraies.
Ils passent ça tard, croyant que personne ne regarde.
Il y a un film de SF
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