The first 200 lines.
Maintenant faut tirer.
Fais gaffe que ça ne s'emmêle pas.
Il décroche pas, le con.
- Essaie de te détendre. - Mais comment ça ?
Ça fait une semaine que j'attends ce devis.
Merde, j'ai raté la sortie.
- Exact. - Je vais reprendre le rond-point.
- Tu dois aller à droite. - Je sais.
Toi non plus, t'es pas détendue.
J'étais pas sur mon ordi samedi soir, moi.
C'est ça.
Samedi, dimanche, Rome, Palerme.
- Ça m'est égal. - C'est vert.
- Pourquoi tu sors ici ? - Ça va plus vite.
Un sens unique ? Depuis quand ?
- Fais demi-tour. - Impossible, sens unique.
- Va par là. - Non, de ce côté-ci c'est mieux.
- Via dei Cantieri, parfait. - On y est.
Hourral.
Tu veux vraiment pas passer chez ta mère ?
- Pourquoi tu dis ça ? - Maintenant que t'es là...
C'est pas pour rien que je viens jamais ici.
- Donc c'est ma faute. - J'ai pas dit ça.
Fais demi-tour.
- Je te demande une fois de m'accompagner. - J'ai horreur de cet endroit, tu le sais.
Peut-être que c'est pas ta mère uniquement.
Je ne me souviens pas bien d'elle. Petite, le nez crochu.
Je t'ai dit qu'on se ressemblait en rien.
Maria Grazial.
Papa, tes tongs.
- Passe-moi les tongs et le téléphone. - Tiens.
Et ton téléphone.
Je pose ça ici.
Et ça aussi.
- Tu rentres quand ? - Vers 2 heures.
Quand exactement ? On va pas attendre une demi-heure au soleil.
- J'ai dit : vers 2 heures. - Ouais. Viens.
- Allez. C'est déjà tard. - Pousse, papa.
Le bébé pleure. Donne-lui un peu d'eau.
Prends ça. Il est à toi, ce sac ?
- Il est à qui ? - Pas à nous.
Nicolò, sors de l'eau. Allez.
Allez, prends ce sac.
Chaque fois que je suis ici, tout a disparu.
Y a plus rien qui marche.
N'exagère pas.
- Merde. - Tu fais n'importe quoi.
On dirait un gosse en train de griffonner.
- Tu me rappelles ma mère. - Tu la connais pas.
- Il suffit de te regarder. - T'es une voyante.
- Une magicienne. - Merde.
- Rosa... - Non, il fait chaud, je suis fatiguée.
- Chut. - Tu sais pas ce que je veux dire.
- Si. - Ah bon ?
Je t'ai dit que je voulais pas venir ici.
C'est pas Palerme, c'est que tu m'en veux.
Mon meilleur ami se marie ici et je t'ai demandé de m'accompagner.
Tu veux que je me sente coupable.
T'es toujours fâchée et tu râles sans cesse.
Je n'en peux plus.
Allez, ouvre.
Elle est bien là. Vite, je vais faire tomber le gosse.
On ouvre les fenêtres. On étouffe.
Attends. Essuie tes pieds d'abord.
T'es passée voir Thanina ?
Tout va bien ?
Allez, assieds-toi et parle italien.
On s'en éloigne encore plus.
28, 29, 30...
31, 32, 33...
- 33, 34, 35, 36... - 37, 38...
- 39, 40, 41... - 42, 43, 44...
- Santo n'a rien vendu, papa. - Putain, une journée de perdue.
Tu regardes quoi ? Allez, roule.
Doucement, tu vas bousiller ma voiture.
- 53, 54, 55, 56... - 57, 58, 59...
Ça suffit.
Je veux pas aller au mariage.
On se quitte ?
C'est peut-être ce qu'il y a de mieux.
Doucement, on roule à contresens.
Non, c'est pas vrai.
Je dois faire pipi.
Regardez.
Arrête.
Qu'est-ce qu'elle fabrique ?
- Ce sont deux femmes ? - Oui, papy.
Formidable.
Moi ?
Recule, laisse-les passer.
Je suis presque arrivé et je dois reculer ?
- Utilise ta cervelle. - Elles savent pas qu'on est presque arrivés.
Pourquoi tu recules pas ?
Ça suffit, ça suffit.
Pourquoi je devrais reculer ?
Reculez, comme ça on pourra passer.
On est presque arrivés. On habite là.
Reculez, sinon on reste dormir ici. Tu comprends l'italien ?
Faudrait placer des piquets, comme ça personne ne peut passer.
Incroyable, il faut supplier pour pouvoir rentrer chez soi.
On pourrait passer ?
Tiens-toi bien, on est presque arrivés.
- Laisse-les passer, papa. - Tu recommences ?
- Je fais dans ma culotte, maman. - Tais-toi.
Elles ne savent pas à qui elles ont à faire.
Allons-y.
Qu'est-ce que tu attends ?
Qu'est-ce qui s'est passé ?
Ils bougent pas et nous laissent pas passer.
Ils veulent bloquer la route.
Bon.
- C'est qui, lui ? - Il n'est pas d'ici.
- Bonjour, Rosario Calafiore. - Bruno Antonino.
Tu peux m'appeler Saro. Je suis un homme à tout faire.
Maçonnerie et plomberie...
Si tu savais le nombre de réservoirs que j'ai enterrés. Je fais plein de boulots.
J'ai collecté de la ferraille, du verre...
du cuivre... Mais je suis à moitié invalide.
Je ne vois que d'un il. Ce petit point diminue de plus en plus.
Un jour, il aura complètement disparu.
Ce sera pour moi plus sombre que sombre.
- Ça va durer encore longtemps ? - T'as qu'à le lui demander.
... et tout ça à cause de la famille.
Comprends-moi. Je suis pressé. On n'a pas toute la journée.
- Vous voulez bien nous laisser passer ? - Tu vois ce bâtiment, là ?
J'habite là depuis 50 ans. Ma première et deuxième femme sont mortes.
Les deux sont mortes. Je suis veuf.
J'habite avec mes enfants et petits-enfants.
- Je dois vraiment... - Il y a un problème :
Ma belle-mère de mon second mariage. Elle est complètement givrée.
Si elle veut pas te laisser passer, même avec une bombe tu n'y arriveras pas.
Elle est de Piana degli Albanesi.
Il est dingue, ce mec.
Écoutez-moi bien, madame.
On recule et on les laisse passer. Bien, suivez-moi.
Comment ça ? Eux doivent reculer.
Madame, ce type n'a pas toute sa tête.
Si vous vous butez et lui se bute...
si vous vous butez, tous les deux, personne n'arrivera nulle part, madame.
Vous comprenez ?
Je comprends rien du tout. Que dites-vous ?
Je comprends pas. Personne comprend.
Tu restes là où tu es.
Ils ne nous laissent pas passer.
Aucun des deux ne veut céder.
Pourquoi 4 autos doivent reculer pour eux ?
Est-ce que je sais ? Demandez-le-leur.
Ils ne nous laissent pas passer.
- Que se passe-t-il ? - La même histoire.
Chaque fois qu'ils sont bloqués...
Putain, qu'elle sorte avant que je cogne.
- Qu'est-ce qu'il y a ? - Tu vois pas ?
Pas de connexion.
Nicolò, laisse-la faire pipi en haut.
Mais reviens aussitôt après. On va ensemble à la maison.
- Qu'est-ce qu'il y a ? - Tu vois bien, non ?
Réveille ton père, qu'il vienne ici.
On fait quoi ici, bordel ?
Madame je vous en prie, laissez-nous passer.
- Quoi ? - Laisse tomber. C'est inutile.
Madame, venez ici. J'ai à vous parler.
Elles vont vraiment pas partir, ces filles, je peux vous le dire.
Écoutez, cédez et partez. Allez-vous en.
Madame, on peut vous parler ?
- C'est une voie à sens unique ou pas ? - Non, c'est dans les deux sens.
Vous avez tous les deux raison et tort.
- Laissez passer la pauvre femme. - Partez.
Les Calafiore sont des brutes.
- Elle a souffert. - C'est pas une sainte.
Ils font que de la commander.
"Viens nous chercher, conduis-nous, qu'il pleuve ou qu'il fasse beau."
C'est un chien de rue sans maître.
Sa seule poisse est de vivre chez lui.
- Elle et sa fille étaient dans la misère. - Elles habitaient à Piana degli Albanesi.
Sa fille Thana a épousé Saro.
- Thana a eu un cancer. - Et il l'a sur les bras.
Elle va tous les dimanches au cimetière.
Samira est entêtée.
Vous vous souvenez de Domenico Parlatore ?
- Il a dû s'écarter, le pauvre. À 3 heures. - Ne l'énervez pas.
Il paraît que c'est une sorcière.
T'as réveillé ton père ? Il se dépêche ?
- Maman, je dois faire pipi. - C'est bon.
On étouffe, le bébé pleure, j'en peux plus.
Va chercher ton vaurien de mari.
Cinzia l'a appelé, mais il est pas arrivé.
- On n'a pas d'air. - Ouvre le coffre.
J'ai dit : ouvre le coffre.
Je vous en prie, altesse.
Parlez de cette situation à la municipalité.
Oui, la municipalité. Vous voyez ce numéro ?
Et regardez maintenant ici.
Tout le monde choisit son propre numéro. J'habite au numéro 5. Mais le vrai.
Celui-là, là-bas, est faux.
Hé, on va rester ici toute la journée ?
J'habite ici. Demandez-le à la petite dame.
- Enfin. Prends le bébé avant qu'il fonde. - On peut sortir aussi, papy ?
Personne ne s'en va.
Je dois faire encore 200 mètres. Je ne vais quand même pas reculer.
Cet idiot nous empêche de continuer.
No comments yet. Be the first to leave one.