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"Le passé ne meurt jamais.
Ce n'est même pas le passé." William Faulkner
Emily ? Chérie ?
Allez.
Allez-y, tuez-moi.
T'inquiète pas, esclave.
Je vais accéder à ta demande.
J'ai souvent des doutes sur ta loyauté.
Rassure-moi donc.
Dis ton nom, esclave.
Dis ton nom.
Je ne tire aucun plaisir de tout ceci.
Silence !
Tu parles quand je te dis de parler.
Je suis responsable de toi maintenant et je vais te dompter.
Allez, debout.
Allez.
Dis ton nom, esclave.
Obéis !
C'est toi qui m'auras forcé.
Allez, lève-toi, s'il te plaît.
Tes amis sont morts à cause de toi. Tu le sais, pas vrai ?
Si tu essaies encore de t'enfuir, c'est moi qui te balancerai dans le four.
Bon, reprenons.
Dis ton nom, esclave.
Eden.
Dis-le avec fierté et conviction !
Je m'appelle Eden.
C'est bien, Eden. Très bien.
Tout ira bien maintenant.
Tu peux arrêter de chialer.
Je pourrai peut-être rentrer pour le dîner demain.
Tu pourras nous rôtir un poulet.
SIX SEMAINES PLUS TARD
Un rien suffit à vous distraire.
Et si on rompait la monotonie ? Vous serez plus concentrés.
Allez, chantez quelque chose.
Un vieux negro spiritual par exemple.
On doit s'enfuir. Ils sont tous cinglés.
La prochaine fois, je serai moins généreux.
Tout le monde reprend le travail !
Que le son de la victoire sudiste vous donne du cœur à l'ouvrage.
- Du lait, un poulet. - Il faut réessayer.
- Descendez ! - On descend du chariot. Allez.
- Descendez. - Dépêchez-vous !
Tu regardes quoi ? Mettez-vous en rang. Allez !
Vite !
En rang ! Par ici.
Eden ! Ramène tes fesses !
Écarte-toi. Tourne-toi.
Regarde ses cheveux.
Elle est belle.
On l'appelle comment ?
Appelons-la Julia.
T'as entendu ?
Voilà des mains de travailleuse.
Tu peux disposer.
Bon...
Bienvenue à vous tous.
Maintenant, écoutez-moi bien !
Vous êtes dans une plantation réquisitionnée
par la 9e division d'infanterie
de l'armée des 13 États Confédérés.
J'ignore où vous étiez avant
et quelles petites libertés on vous y concédait,
mais tout ça, c'est fini.
Je ne tolère aucune insolence de la part des inférieurs.
En fait, dans cette plantation,
vous ne parlerez que si on vous en donne la permission.
Et ça signifie donc...
absolument aucun bavardage entre vous,
sauf si un des blancs de la plantation
vous en donne l'autorisation.
Et si vous parlez...
on sera au courant.
Voilà vos cabanes.
Un des contremaîtres vous donnera des instructions
concernant vos tâches quotidiennes que vous devrez effectuer docilement...
et avec le sourire.
Ici, on siffle en travaillant.
Pas vrai, Eli ?
Hissez les couleurs. Le général sera là ce soir.
- Vous pouvez disposer. - Allez.
On y va. Avancez.
Dépêchez-vous.
- C'est quoi, ce délire ? - Tais-toi !
Avancez !
Tu commences tôt aujourd'hui.
Quand ?
Combien de fois...
Rentre.
Tu viens de la Virginie, c'est ça ?
Moi, je viens de la Caroline du Nord.
Écoute, je peux pas faire ça.
Je sais pas ce que tu fais, mais moi, je peux pas.
Écoute-moi.
L'endroit où tu étais avant ici,
tu dois l'oublier.
Ce n'est pas possible pour moi.
Qu'est-ce qu'on fait ?
C'est quoi, le plan ?
Tu crois que j'ai pas déjà essayé ?
On doit choisir le moment judicieusement.
Mais en attendant,
on baisse la tête et on la boucle.
C'est compris ?
Je sais qui tu es.
Et je sais que toi seule pourra me sortir d'ici.
Je suis enceinte.
Écoute-moi bien.
Tu dois te taire. Sinon ces blancs te tueront.
Tu penses que se taire, c'est être forte ?
Ça nous a avancé à quoi jusqu'ici ?
T'es pas un leader.
T'aimes juste t'écouter parler.
Pas vrai ?
Tu... hé!
T'es qu'une négresse asservie, marquée au fer et découragée.
Le sang et le sol.
Rompez.
D'abord,
je tiens à vous féliciter d'avoir vaincu les Yankees à Milliken's.
Voilà à quoi ressemble la victoire !
On talonne ces ordures de tuniques bleues. On a Washington en ligne de mire.
Mais on ne doit jamais faiblir.
Nous sommes les descendants des dieux
et nous nous battrons avec leur vigueur et leur courage incommensurable.
Nous offrirons notre sang en sacrifice
pour mieux fertiliser la terre de notre patrie.
C'est notre seul espoir de conserver notre héritage
et notre art de vivre.
Cette terre a toujours été à nous.
C'est notre légitime héritage.
Et soyez tranquilles, notre état nationaliste
ne finira pas entre les mains de ceux qui trahissent l'Amérique.
J'en suis persuadé parce que j'ai foi en vous.
Vous êtes le futur.
Et c'est vous qui nous mènerez jusqu'à la victoire finale.
Mais ce soir, oublions nos soucis.
Buvez et réjouissez-vous. Vous l'avez tous bien mérité.
Et sachez d'ailleurs
que ces beautés dociles sont ici pour satisfaire à tous vos besoins
quels qu'ils soient.
Foi ! Famille ! Peuple !
Rompez.
Tu préfères laquelle ?
- Quoi ? - Tu préfères laquelle ?
Salut, mon ange.
Oui, toi.
Viens ici. Je mords pas.
Allez, viens.
Mon pote me disait qu'il te trouve très jolie.
Non, mec. Arrête.
Elle est pas jolie ?
Non, enfin...
Bien sûr qu'elle est jolie.
Alors, vas-y. Elle ne dira pas non.
Parle-lui.
C'est toi le patron ici.
Je...
Eh bien, je...
Ça suffit, putain.
Il te retrouvera dans ta cabane tout de suite après le dîner.
Tu peux disposer.
Va te préparer pour le caporal.
Pardon, esclave ?
Oui...
monsieur.
Je préfère ça.
Maintenant, file.
Amuse-toi bien.
Je vais au poteau de flagellation.
Puis-je me permettre ?
- Je ne connais pas votre nom. - Daniel.
C'est Daniel.
Eh bien merci, Daniel.
Pour tout à l'heure.
Vous avez dit que j'étais jolie.
Bien sûr. Tout le monde peut le voir.
C'est...
Ça faisait si longtemps qu'un homme n'avait pas été gentil avec moi.
J'apprécie votre compliment, c'est tout.
Vous êtes vraiment adorable.
Écoutez...
Vous n'êtes pas obligé de faire ça.
Je vois bien que vous êtes différent.
Vous n'êtes pas comme les autres. Tous ces monstres.
Pourquoi m'as-tu adressé la parole ?
Quand votre ami m'a appelée tout à l'heure ?
Non. Pourquoi m'as-tu parlé quand je suis entré chez toi ?
Je voulais juste faire les présentations en bonne et due forme.
Tu as la mémoire courte.
T'as entendu le commandant Jasper.
Tu ne parles que lorsqu'on t'en donne la permission.
- Pas vrai ? - Oui, monsieur.
Pardon, Daniel.
Non. C'est "monsieur" !
Tu sais pas de quoi tu parles, connasse !
Je suis aussi confédéré que les autres ici.
C'est pas parce que j'ai pas envie de coucher avec une sale bâtarde
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