The first 200 lines.
Ce film est une accusation
de la domination des gangs en Amérique
et de l'indifférence éhontée
du gouvernement devant
cette menace croissante
pour notre sécurité et notre liberté.
Chaque incident de ce film est
la reproduction
d'un fait réel
et le but de ce film est
de demander au gouvernement :
"Que comptez-vous faire pour y remédier ?"
Le gouvernement est votre gouvernement.
Que comptez-vous faire pour y remédier ?
22E RUE
SOIRÉE DU 1ER ARRONDISSEMENT RÉSERVÉE AUX HOMMES, CE SOIR
J'ai 3 000 bouteilles de crème de menthe.
Tu fais tourner les choses comme tu veux maintenant, hein, Louis ?
Ouais. Tout va pour le mieux.
C'est bien, mais Pete disait ce soir...
Il dit que le South Side rue dans les brancards.
Qu'est-ce qu'on va faire avec le Side ?
Laisser aux autres gars une part du gâteau. J'ai ce que je veux.
Johnny Lovo parle de démarrer quelque chose.
Ah, ouais ? Il cherche des ennuis, hein ?
Johnny est un idiot. Regarde-moi.
Un homme doit savoir s'il a réussi ou pas.
J'ai un tas de choses. Une maison. Une automobile. Une gentille fille.
J'ai aussi des ennuis d'estomac.
- Je ferais mieux d'aller dormir. - D'accord, les gars.
C'était très bien cette fête, hein ?
La semaine prochaine, je vais donner une fête,
les gars n'auront jamais rien vu de pareil.
On aura de la musique, des filles, toutes sortes de trucs.
Tout le monde dira : "Louis, il est au sommet du monde !" Hein ?
- Au revoir, Louis. - Au revoir, les gars.
Prenez soin de vous, hein ?
- D'accord. - À plus tard.
Allô. Je voudrais Lakeside 417, s'il vous plaît.
Ouais. 417 Lakeside. C'est ça.
C'est le mauvais num... Non. Je veux Lakeside 417.
Salut, Louis.
Allô ?
Combien ?
D'accord.
Viens là, coursier !
Coursier !
C'est exécrable !
"Le meurtre de Costillo fait éclater la guerre des gangs." Voilà ce que je veux.
Je travaille sur cet angle-là.
- J'ai quatre gars là-dessus. - Quatre ?
Il t'en faudra 40 pendant les cinq années à venir.
Tu sais ce qui se passe ?
Cette ville est bonne à prendre. Tu piges ?
Costillo était le dernier des chefs de gangs à l'ancienne.
Il y a un nouvel arrivage
et chaque gars qui aura assez d'argent pour acheter un pistolet
essaiera de prendre sa place. Tu piges ?
Ils se tireront dessus comme des lapins pour le contrôle de la gnôle.
Tu saisis ? Ce sera comme une guerre.
C'est ça. La guerre. Mets ça à la une.
La guerre. "La guerre des gangs."
LE MEURTRE DE COSTILLO FAIT ÉCLATER LA GUERRE DES GANGS
Voilà les flics.
Salut, Rinaldo.
Tu viens ?
Où est Camonte ?
- Salut, Guarino. - Viens.
Pourquoi t'es si pressé ? Je vais aussi me faire masser.
On finira ça au quartier général.
Mets ton manteau.
J'ai beaucoup de temps.
- Qui veut me voir ? - Le chef.
Cet empoté de flic ?
Fais pas le malin. Viens.
Hé, c'est comment derrière, hein ?
Très bien.
BUREAU DE POLICE
Viens, sale vermine !
Viens !
"Tony Camonte, alias Joe Black.
"Agressions, port de coups de poing américains, troubles de l'ordre public,
"3 vols sur la voie publique, violation de la loi Volstead.
"Accusé du meurtre de Buck Kempner.
"Membre du gang des Cinq Points. Arrivé de New York en 1920.
"Actuellement garde du corps et bras droit de Louis Costillo."
Garde du corps de Costillo, hé ?
T'es un petit malin.
- T'as pas tué Costillo, hein ? - Qui, moi ?
Très drôle. Big Louis et moi, on est comme ça.
Je peux lui faire cracher le morceau, chef ?
Je te le laisserai dans un petit moment, Ben.
Ce gars-là a des idées qui me plaisent pas.
Si t'étais son garde du corps, t'étais où au moment du meurtre ?
Je me refaisais une beauté au plumard.
- Où ça ? - Chez une dame.
Tu veux son nom ? Son numéro de téléphone ?
Elle est très mignonne.
On verra ton alibi plus tard.
T'as traîné avec Johnny Lovo, pas vrai ?
Lovo s'est séparé de Big Louis.
Qu'est-ce que tu faisais chez Lovo la semaine dernière ?
Écoute, Tony. Je vais te donner une chance.
Si t'es réglo avec moi, je serai réglo avec toi.
Hier soir, t'as rencontré Johnny au salon de Spinelli.
Pourquoi il t'a donné de l'argent ?
Écoute-moi bien. Tu me prends pour un con ?
Je sais rien, je vois rien etj'entends rien.
Et si ça m'arrive, je le dis pas à un flic, tu piges ?
- D'accord, Guarino, il est à toi. - Merci.
Viens, Tony. On va aller faire un petit tour.
Epstein est là.
Salut, les gars. Bonjour, chef.
D'accord, fais-moi voir ça.
Un habeas corpus pour la libération de Tony Camonte et Guino Rinaldo.
- Qui te l'a donné ? - Flemming.
D'accord, les gars, à plus tard.
- Je vais pas avec ce gars-là ? - Non.
Écoute-moi.
T'arrives dans la ville en croyant que tu vas grimper les échelons
avec ton revolver, mais ça se passera pas comme ça, tu piges ?
Sais-tu pourquoi ?
Parce que t'as des liasses de 1000 S qui te bandent les yeux.
Et un jour, tu trébucheras et tu tomberas dans le caniveau,
là où se soulagent les chevaux, là où est ta place.
Tu sais tout de moi, hein ?
Je passe ma vie avec les gars de ton espèce et ça me plaît pas, tu piges ?
Tu peux te cacher derrière des avocats véreux,
des politiciens avides, des habeas corpus,
des témoins qui se rappellent de rien,
on t'aura quand même, comme on a eu tous les autres.
Je suis peut-être différent.
Non, tu l'es pas.
Sans ton revolver et acculé contre un mur,
tu crieras comme tous les autres rats.
Alors, tu vas me pincer, hein ?
Pour te pincer, toi, je donnerais un mois de salaire.
- Tu vas voir Lovo ? - Ouais. Tout de suite.
Dis-lui de rester à l'ombre. J'irai le voir demain.
C'est quoi, cette assignation avec laquelle tu m'as fait sortir ?
Habeas corpus : "Trouvez le corps". On peut pas te garder sans preuves.
C'est une très bonne idée. Dis à Flemming que j'en veux un tas.
- Salut, patron. - Entre, Tony. Content de te voir.
Hé. C'est très beau, ça.
De la soie. Ça coûte cher, hein ?
Epstein est arrivé à temps.
Ouais. C'est un gentil petit gars.
Il leur a donné un papier magique.
- Assieds-toi. - Merci.
Il a dit : "Reste là jusqu'à ce que ça se calme." Il a dit...
- Hé. C'est très beau, ça. - C'est Poppy.
Hé, Poppy. C'est Tony Camonte.
Bonjour.
- Comment les flics ont pris ça ? - J'ai pas vraiment fait attention.
- Et les journaux ? - Ouais. Je les ai amenés.
Le News a le meilleur papier.
Des photos de toi et une de moi.
Où ils les ont mises, dans les pubs de rasoirs ?
Hein ? Oh, ça.
C'est une vieille histoire. Tu t'y habitueras.
Une blessure de guerre.
Avec une blonde dans un bar de Brooklyn.
Sacré farceur, hein ?
Ça prend longtemps avec une pince, hein ?
T'as un bureau pour ça, Johnny. Pourquoi tu t'en sers pas ?
Tiens, Tony. C'est une prime.
Hé, c'est agréable au toucher.
C'était du beau boulot, Tony. C'est une bagatelle.
Tu es avec un gros bonnet maintenant.
Si tu restes avec moi, si tu fais ce que je dis et si t'es réglo,
tu te baladeras avec un chapeau en or et des caleçons en dentelle.
- Tu vois ce que je veux dire ? - Oui, je vois.
Je te donnerai un pourcentage.
Une augmentation. Le double.
Le Hide roule sur l'or. On n'a qu'à s'en emparer.
Ouais, et on s'amusera aussi avec O'Hara, hein ?
Qui ? Une minute. O'Hara est trop gros pour le confronter maintenant.
Y a beaucoup de fric dans le North Side.
Écoute-moi bien. Les idées, c'est mon rayon.
Je m'occuperai de ce gros tas à ma façon, quand ce sera le moment.
Je dis qu'on touche pas au North Side ou à O'Hara.
Et on fait toujours ce que je dis.
N'oublie jamais ça.
- T'es le patron. - J'aime mieux ça.
À partir de maintenant, après moi, les gars obéissent à tes ordres.
Ouais, toi et moi, hein ? C'est bien dit, patron.
- Tiens. Prends un cigare. - Tout le monde aura du travail.
- Costillo s'est trop relaxé. - Ouais.
Et maintenant, il est au point mort.
Tiens. Tu ferais mieux d'en fumer un des miens.
C'est très bon. Ça coûte cher, hein ?
J'aime pas que ma chambre sente le cigare, d'accord ?
Je vais retarder d'un ou deux jours la réunion avec les gars.
Ce serait mieux après l'enterrement de Big Louis, tu comprends ?
Hein ? Oh, oui, bien sûr. Ça ferait moche, sinon.
Envoie des fleurs. Une croix d'œillets blancs de ma part.
J'en enverrai un tas de violettes. Big Louis a toujours aimé le violet.
Si t'allais t'en occuper maintenant ?
Tu ferais bien de venir à la réunion lundi.
Amène ceux qui veulent vendre de la bière dans le South Side.
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