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"À la guerre,
"vivre ou mourir tient du hasard.
"À la guerre, on meurt, parce que c'est comme ça.
"C'est tout."
EYES OF WAR
Salut mon pote !
C'est pour moi ?
Tu serais en retard pour tes funérailles !
- Je cherchais mon passeport. - Heureux de te voir.
- Où sont les filles ? - Aux toilettes.
- Les bagages, tout est prêt ? - Oui. Tu es nerveux ?
- Non. - Bien. Au Kurdistan !
Au Kurdistan ! Santé !
Mon amour !
Tu es prêt ?
Fin prêt !
- Il veut sortir ? - J'espère que non !
Le temps presse !
Il y a des places, allons les prendre.
Et toi, ça va ?
Alors... Il est tranquille ce soir ?
Oui, je crois. Il est triste.
- Triste ? - Oui, que tu partes.
Ah, le remords !
Très peu pour moi !
On a choisi des prénoms.
Si c'est une fille, ce sera Morna.
Ça veut dire "Bien Aimée".
Et si c'est un garçon ?
Un choix difficile, mais on s'est finalement mis d'accord sur Mark.
- Tu rigoles ? - Non.
- Vraiment ? - Oui !
Le pauvre gosse !
Merci.
On est arrivés. Allez !
- Ca va? - Oui.
Allez, viens !
- Dr Talzani ! - M. Walsh.
- Comment allez-vous ? - Débordé.
David !
Nom de Dieu !
- C'est l'odeur ? - Oui.
Vous n'êtes pas habitués à ce genre d'atmosphère ?
Comment s'y habituer ?
Nous n'avons pas de ventilation, ni d'eau courante, ni de médicaments.
On s'en sort plutôt bien !
Docteur, voici mon ami David.
Heureux de vous rencontrer.
- Vous connaissez les règles. - Pas de flash. Pas dans vos pattes.
- Qu'est-ce qui t'est arrivé ? - J'avais besoin d'air frais.
- Tu te sens mieux ? - Oui.
Tu as une sale mine. Tu deviens trop vieux pour ce boulot.
Très marrant.
Je rentre à la maison.
Moi aussi. Bientôt.
Je veux partir maintenant.
Demain.
J'en ai assez. Diane va accoucher, j'ai 10 jours pour rentrer.
Je sais.
- Et l'offensive ? - Quoi, l'offensive ?
Ils vont la lancer.
Ils disent ça depuis qu'on est là.
Ça fait quoi ? Deux siècles qu'ils se battent ?
Et dans deux siècles, ce sera pareil.
On rate cette offensive, on aura la prochaine.
C'est aussi simple que ça, hein ?
Et merde, ça y est. Les tickets bleus.
Ça va aller ?
Allons prendre des photos.
Vous auriez une cigarette ?
Magnifique, n'est-ce pas ?
Cet endroit est magnifique.
Vous savez,
au cours de ma vie,
nous avons eu huit guerres.
Deux avec les Turcs, trois avec les Iraniens
et trois avec les Irakiens.
Et même quand on remonte à mon père ou mon grand-père,
on se fait battre à chaque fois.
C'est ce que les Kurdes font de mieux.
Alors pourquoi restez-vous ?
Où devrais-je aller ?
Ils parlent de liberté,
mais nous ne sommes que des pigeons voyageurs.
Vous devriez partir bientôt, avec votre ami.
L'offensive commence dans 2 jours. Ce sera très difficile de partir.
On ne veut pas s'en aller.
C'est pour ça qu'on est là.
Il reste de la place ?
Vous ne vous arrêtez jamais ?
Je dois y aller. Je vais voir ce que je peux faire.
Ici, il y a un avant-poste irakien, et les convois passent par là.
Ils vont tendre une embuscade.
- On a deux places dans le camion. - C'est vrai ?
On y va, on revient ici
et le soir même, on sera en Turquie. Qu'en penses-tu ?
C'est trop serré.
Pourquoi ? On sera de retour mardi ou mercredi soir.
Bien avant l'accouchement.
Qu'est-ce que tu racontes ? Un bébé en avance, ça arrive souvent.
Et si les Irakiens ripostent ?
Ça n'arrivera pas.
Ils ne reviendront pas avant une éternité.
Comment le sais-tu ?
Saddam s'en fout des Kurdes.
Il ne reviendra que pour leur donner une leçon, les massacrer.
Ce qui l'intéresse, c'est de reprendre les puits de pétrole.
Les reprendre ? Les Kurdes ne les ont pas encore pris !
Et si ça se passe pas comme ça ?
Tu rends les choses difficiles !
Un mois qu'on est ici et qu'est-ce qu'on a ?
Des photos de Talzani et du triage,
des écoliers qui fêtent la révolte,
des Peshmerga qui s'entraînent.
Je ne suis pas venu pour ça ! On n'a pas notre histoire !
Si cette offensive a lieu, le Kurdistan fera la une partout.
Imagine qu'on rate ces photos !
Je les vois déjà :
"Salut les gars, bien rentrés ?
"Alors, ces photos de l'offensive ?"
"Quelle offensive ? On a des écoliers..."
J'ai pigé, Mark !
Encore deux jours.
Tu sais ce que je déteste le plus ?
Cette foutue nourriture !
Pourquoi la bouffe en zone de guerre
est-elle aussi minable ?
- C'est toi, l'Écossais, qui parles ? - Et c'est reparti !
C'est toute votre cuisine qui ressemble à ça !
Ton gosse bouffera plus que ça si on rentre bredouille !
T'es pire qu'un pitbull !
On t'a déjà dit non ?
Y a plus qu'à espérer une guerre en France !
De la bonne cuisine, pas loin.
Mais avec les Français, ça sera court !
Je vais me mettre à la photo de mode.
Encore 2 jours, pas un de plus.
- Et si demain ils nous disent... - Alors on part !
C'est bien, marché conclu.
J'arrive pas à croire que tu m'aies encore embobiné !
Mark !
Qu'est-ce que tu fous ?
Qu'est-ce qui se passe ? On va à la base ?
- Non, Irak ! - Au fort irakien ?
Oui.
Ça va?
Qu'est-ce qui t'a pris ?
J'en peux plus !
Ils ont changé de plan. Ils vont attaquer le fort irakien.
Quoi ?
Les Irakiens croiront que c'est le convoi.
On n'a pas le choix ! C'est qu'un jour de plus...
Un jour de plus ?
Mais de quoi tu parles ? Tu t'entends ?
C'est un jour de plus, et encore un jour de plus,
j'en Peux plus !
Je rentre à la maison !
Quoi, tu vas rentrer à pied ? La base est à 30 km !
Tu Piges pas, hein ?
J'en ai rien à battre.
- David ! - Je rentre à la maison !
Merde ! David !
M. Walsh, vous venez ?
M. Walsh ?
Ils vous ont retrouvé près de la rivière. Vous vous rappelez ?
Il dit que vous ne pouvez pas marcher ?
Je ne sais pas. Je viens de me réveiller.
Ça fait mal ?
Vous pouvez donc sentir.
Pas de douleur ?
Pouvez-vous bouger les bras ?
Les jambes ?
Très bien.
Une blessure à la tête aussi ?
Une blessure superficielle.
Mais pas de fracture du crâne.
Le Kurdistan n'est pas un bon endroit pour ça.
Vous avez eu un gros choc,
mais vous n'êtes pas paralysé.
Et il semble qu'il n'y ait pas d'os brisés.
Les jambes sont le plus gros problème.
Mais c'est toujours le cas.
Pour chaque bras,
j'ai dû amputer... dix jambes.
Étrange, non ?
Les jambes ne sont pas conçues pour la guerre moderne.
Soyez tranquille.
Reposez-vous.
Vous êtes sous le choc,
mais inch'Allah, c'est temporaire.
Ça va aller.
Comment vous sentez-vous ?
Bon Dieu !
C'est effrayant.
Mieux.
J'ai encore un peu mal.
Excellent. Je préfère ça à l'engourdissement.
Vous avez eu beaucoup de chance.
S'il y avait eu des complications...
Vous m'auriez abattu ?
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