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LE MASSACRE DE FORT APACHE
Conducteur ! Sommes-nous encore loin de ce maudit endroit ?
Ça ne devrait plus être long...
Après la montée il n'y a plus qu'un bout de chemin.
Une heure qu'on devrait y être !
Tu ne crois pas qu'on l'a dépassé ?
Rassurez-vous ! On y arrivera.
Quel Pays !
60 kilomètres de trou perdu à trou perdu !
La Femme du Mort, le Puits de Schmidt,
le Plateau du Pendu, Hassayampa !
Et au bout de ça, Fort Apache !
Quels ingrats, à ce ministère, de m'envoyer à pareil poste.
Je serai avec toi... J'ai détesté ces années où tu étais en Europe.
J'y étais mieux qu'ici.
Pardon, Phil...
mais après tout ce que j'ai fait... être mis à l'écart.
Nous arrivons à peu près à l'heure. Hein, Fink ?
Fort Apache est loin ?
À 55 kilomètres au sud. Êtes-vous attendu ?
J'ai télégraphié.
Ça ne veut rien dire ! La ligne est si souvent coupée...
55 kilomètres ! Y a-t-il un loueur de chevaux, ici ?
On doit pouvoir louer un véhicule.
N'importe quoi !
Rien qui convienne à la demoiselle.
C'est un de ces nouveaux chapeaux... Vous venez de St Louis ?
De Boston.
Dans le Massachusetts ?
Ça vous va bien !
Une tasse de thé... et un coup de brosse ?
Si ça ne dérange pas...
On boit quelque chose, fiston ?
Volontiers, messieurs.
Tenez, voilà une serviette...
Excusez-moi, mademoiselle ! Je croyais que c'était... Pardon !
Qui êtes-vous, monsieur ?
Lieutenant O'Rourke, en route pour Fort Apache.
Mettez votre uniforme.
Où peut-on se laver ?
Messieurs ! Un peu de tenue !
Sergent Mulcahy, avec une escorte
pour le lieutenant Michael O'Rourke.
Bien, Sergent... Repos !
- Combien, l'uniforme ? - 75 dollars.
- J'aurais pu en voler un mieux. - Sur mesure.
Il te va bien... Le parfait soldat ! Qu'en pensez-vous ?
Merveilleux !
C'est mon filleul, le lieutenant O'Rourke...
Que de fois l'ai-je mouché !
Je suis le Colonel Thursday. On vous envoie vers moi ?
Que faites-vous ici ?
On escorte l'ambulance pour le lieutenant.
Pas d'ordres à mon sujet ?
Ils n'étaient pas prévenus.
C'est évident...
à moins que Fort Apache transporte les sous-lieutenants
et laisse leur chef aller à pied.
Veuillez accepter mon ambulance.
Nous partirons dans une demi-heure.
Donnez à boire à ces hommes.
Je te présente M. O'Brien.
O'Rourke !
Ma fille, Mlle Philadelphia.
Quatre bouteilles de bière.
Même chose, avec un whisky.
Halte ! Qui va là ?
Votre nouveau chef !
Doux Jésus !
Non. Le commandant de place.
Philadelphia, je présume... Vous souvenez-vous de moi ?
Emily Collingwood. Votre mère était ma grande amie.
Certes ! J'ai tellement entendu parler de vous !
- On ne vous attendait pas. - Je le vois.
Capitaine York...
Soyez le bienvenu, mon général.
Pas général. J'ai la solde et le grade de lieutenant-colonel.
Mais général pendant la guerre.
N'avez-vous pas reçu mon télégramme ?
La ligne de Fort Grant est coupée depuis deux jours.
On aurait dû la réparer.
Fort Grant est à 170 km.
Ce bal n'est pas en mon honneur ?
C'est un bal pour l'anniversaire...
de George Washington.
Vous montrerai-je votre résidence ?
Vu les circonstances...
Maman... ton fils est de retour à la maison !
Comme tu es beau ! Mais que tu es grand !
Rapprochez-vous, que je voie...
Juste la même taille !
Assieds-toi et raconte-moi !
Tu n'as pas changé, maman.
Quatre ans seulement...
Croyais-tu me retrouver grisonnante ?
Je te laisse avec ton fils... Mon lieutenant ?
Puis-je me retirer ?
Oui, sergent-major !
C'est un grand jour pour vous.
Je ne suis pas buveur, mais si la cantine est ouverte...
Si elle ne l'est pas, j'enfonce la porte à coups de poings.
Je suis seule... Il y a déjà longtemps que je suis levée.
Vous venez pour mon père, ou pour moi ?
Ni lui ni vous, en fait...
Je venais déposer ma carte.
Oh, très bien ! Mais si vous ne désiriez pas me voir,
nous voir... pourquoi déposer votre carte ?
Je n'ai pas dit cela...
Si ! J'ai demandé si vous vouliez voir mon père, ou moi
et vous avez répondu : "Ni lui, ni vous."
Je voulais dire que je ne m'attendais pas à vous voir.
Qui comptiez-vous voir ? Nous habitons ici !
Si vous vous asseyiez ?
Mauvaise nouvelle : Vous êtes affecté à mes troupes.
"Michael Shannon O'Rourke,
Lieutenant de l'armée des États-Unis."
Vous présentez déjà votre carte !
Il peut la garder !
Le protocole l'oblige à la présenter.
Un officier prenant un nouveau poste,
doit laisser sa carte à l'officier supérieur des que possible.
Ainsi qu'à chaque femme de la famille de l'officier.
Puis les autres officiers laissent leur carte au nouvel officier.
Exact. Vous comprenez ?
C'est une visite de service ?
C'est ça, une visite de service.
Mais le règlement n'oblige pas la fille de l'officier supérieur
à recevoir cette carte derrière chez elle,
en chemise de nuit.
Ce n'est pas une chemise de nuit mais un déshabillé, n'est-ce pas ?
- Je ne sais pas. - Et je n'ai pas eu sa carte...
Donnez-la-lui.
Je comprends, Mlle Thursday...
Le lieutenant pensait être accueilli avec un plateau en argent.
Il aurait mis la carte sur le plateau et aurait fui...
Avez-vous un plateau en argent ?
Un plateau !
Nous n'avons rien du tout. Nos affaires ne sont pas arrivées.
Vous avez dit "O'Rourke" ?
Que de O'Rourke, ici ! Faites sonner l'appel des officiers.
Dans l'armée depuis longtemps ?
15 ans, mon colonel.
Alors vous savez ce que c'est.
Sonne l'appel des officiers !
Et pas à Noël !
Tu sais ce que c'est. Sonne-le !
"Ministère de la guerre. Ordre spécial n° 687...
"Le Lt-colonel Thursday doit se rendre
à Fort Apache, dans l'Arizona, et en prendre le commandement.
Signé : le ministre de la guerre William B. Stafford."
Je viens relever le capitaine York, qui réintègre ses troupes.
Le capitaine Collingwood réintègre ses troupes.
Le Lt Gates fera fonction d'adjudant-major.
Je n'ai pas recherché ce commandement,
mais je veux faire de ce régiment le meilleur de la frontière.
Je comprends que le service prolongé dans un poste avancé
puisse conduire au laisser-aller dans la tenue et la discipline !
Un seul d'entre vous s'est présenté avec une tenue correcte.
L'uniforme n'est pas un moyen d'exprimer sa personnalité...
Nous ne sommes pas des cow-boys
ou des convoyeurs !
Lieutenant...
Murphy-
Lieutenant, avancez d'un pas.
Voyez la tenue du lieutenant O'Rourke.
Sorti de West Point, il n'a pas oublié les règlements de l'armée.
Que tous mes officiers s'en souviennent.
Je veillerai à ce qu'ils les observent !
Je ne suis pas un pète-sec,
mais j'ai la fierté de mon commandement.
La gloire et l'avancement sont improbables, ici...
Tandis que d'autres chefs dirigent des campagnes tapageuses
contre les grandes tribus indiennes, sioux et cheyennes...
nous avons à parer au harcèlement d'Indiens faméliques !
On ne peut qualifier les Apaches d'Indiens faméliques.
Ne les comparez pas aux Sioux.
Les Sioux les ont attaqués
et leur ligne de retraite est marquée des os de leurs morts !
Les Apaches ont dégénéré, si j'en juge par ceux que j'ai vus.
Alors ce n'étaient pas des Apaches.
Nous en discuterons une autre fois.
Bref, j'espère vous connaître mieux
et nous nous comprendrons très bien avant peu.
Pas de questions ?
Vous pouvez retourner à votre service.
Restez, capitaine Collingwood.
"Pas de questions ?"
Sinon, je vais prendre mon petit déjeuner.
Ceci n'a rien de personnel, Sam...
Nous n'avons jamais eu d'explication.
- J'ai essayé... - Rien à expliquer !
Non. Vous avez fait ce que vous avez fait, vous couvrant de gloire.
Et j'ai échoué à Fort Apache. Vous y voilà aussi, du reste.
Crédié, non ! Je n'y "échoue" pas !
On m'a mis à l'écart, mais on ne m'enterrera pas !
Pas de gloire à espérer ici.
Je saurai prendre mes risques !
Je vous souhaite bonne chance,
sincèrement.
Un verre ?
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