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DANEMARK, MAI 1945
Cinq ans d'occupation allemande vient juste de finir.
Hé, toi, arrête-toi.
Toi !
C'est quoi, ça ? C'est pas à toi. Compris ?
Qu'est-ce que tu regardes ? Tu as un problème ?
Oui ? Alors rentre chez toi ! Dégage !
C'est pas ton drapeau.
S'il vous plaît, arrêtez !
Arrêtez.
Dégage. Lève-toi ! Lève-toi, je t'ai dit.
Tiens. Prends ton béret. Et fous-moi le camp.
Fous le camp !
Allez, avance ! Avance, j'ai dit !
C'est mon pays ! Compris ? Dégagez d'ici !
Vous n'êtes pas les bienvenus ici.
Fichez le camp d'ici ! C'est mon pays ! Vous comprenez ?
- Virez-les tous ! - Oui, sergent.
SOUS LE SABLE
Je suis le capitaine Ebbe Jensen du Corps des pionniers danois.
Je m'adresse à ceux qui n'ont pas encore compris ce qu'ils font ici.
Vous avez été envoyés ici, au Danemark,
pour mettre un peu d'ordre après la guerre.
Le Danemark n'est pas votre ami. Comprenez-le une fois pour toutes.
Ne vous attendez pas à ce que les Danois vous accueillent à bras ouverts.
Personne ne veut voir d'Allemands ici.
Pour nous, vous ne devez remplir qu'un seul objectif :
débarrasser la côte ouest du Danemark des mines allemandes.
Des mines que vous avez vous-mêmes déposées.
Quelque 2,2 millions de mines sont enfouies le long de la côte ouest.
C'est plus que dans l'ensemble des autres pays européens.
Quelqu'un a dû penser que l'invasion alliée se ferait par ici.
Quelle honte pour celui qui a pensé cela.
Et quelle humiliation pour vous.
Parmi vous, qui a déjà vu ou manipulé des mines terrestres ?
Et qui a déjà essayé d'en désamorcer ?
Qui a déjà vu une mine de ce type ?
Ce sont les mines les plus répandues.
Pour atteindre l'efficacité maximum,
ces mines sont enfouies dans le sable à une profondeur de 15 à 20 centimètres.
Elles sont donc assez faciles à trouver.
Vous venez de perdre vos mains.
Allez. Nous n'avons pas le temps de nous apitoyer sur notre sort.
Vous êtes mort.
Je crois que nous venons de perdre notre premier homme.
Vous ne voulez pas revoir votre famille ?
Vous voulez vraiment être le premier à mourir ?
- Non. - "Non." Je ne vous entends pas bien.
- Non, capitaine. Je ne veux pas. - Ravi de l'entendre. Réessayez.
Et hop, mort de nouveau.
Ces mines sont bel et bien réelles.
Cela signifie que si vous commettez une erreur,
soit vous mourrez, soit vous serez grièvement blessés.
- Me suis-je bien fait comprendre ? - Oui, capitaine.
Bien. Vous, approchez.
- Vous irez en premier. - Oui, capitaine.
Allez.
Au suivant.
Bon travail. Vous avez été très rapide.
Au suivant.
Plus vite !
Au suivant.
Bon travail.
Au suivant.
Au suivant.
Au suivant.
Au suivant.
Excellent travail.
Plus vite !
Allez !
Les autres auraient eu le temps de toutes les désamorcer.
Vous vous êtes endormi ou quoi ?
Puis-je entrer dans le blockhaus pour l'évacuer ?
Hors de question.
Et merde.
J'arrive.
- Posez la mine. - Je vais y arriver.
- Levez-vous. Soldat, levez-vous. - Non, je vais y arriver.
- Soldat, levez-vous ! - Je veux le faire. Je dois y arriver.
Bouchez-vous les oreilles.
Au suivant.
Une fois la mine désamorcée...
Elisabeth, viens ici, ma chérie.
Vous êtes des soldats ?
Répondez-moi, sales porcs. Êtes-vous des soldats ?
Oui, sergent !
En rang ! Une seule ligne ! Allez, plus vite que ça !
Allez, du rythme !
Sur une ligne. Allez !
Attention !
- Tu ne comprends pas ? - Si, sergent.
Alors tiens-toi comme un homme !
Repos.
- Nom. - Marklein, sergent.
- Prénom. - Hermann, sergent.
- Rodolf Selke, sergent. - Friedrich Schnurr.
- Wolff comment ? - Johann Wolff.
- Kluger, sergent. - Prénom !
August Kluger, sergent.
Et vous deux ? On dirait que vous êtes frères.
Oui, frères jumeaux, sergent.
Ah, tiens.
Nom ?
Werner et Ernst Lessner, sergent.
- Je t'ai parlé ? - Non, sergent.
Dans ce cas, ferme-la.
- Désolé. - Quoi ?
- Que viens-tu de dire ? - Désolé, sergent.
- Désolé de quoi ? - D'avoir donné le nom de mon frère.
- Tu t'excuses ? - Oui, sergent.
Mets-toi tes excuses là où je pense ! Je n'en ai pas besoin, compris ?
Oui, sergent.
- Et toi, mon petit gars ? - Wilhelm Lebern, sergent.
- Tu es un soldat ? - Oui, sergent.
- Ludwig Haffke, sergent. - Sebastian Schumann, sergent.
Regarde-moi quand tu me parles.
- Helmut Morbach, sergent. - Bel uniforme, dis-moi.
- Tu as fait la guerre ? - Oui, sergent.
- Tu es en train de pleurer ? - Non, sergent.
- Tu as un problème ? Tu pleures ? - Non, sergent.
- Tu as peur ? - Non, sergent.
- Tu as le mal du pays ? - Non, sergent.
Vous voyez tous le drapeau noir là-bas ?
Oui, sergent.
Entre ce drapeau noir et le sentier, 45 000 mines sont enfouies.
Vous les désamorcerez une à une.
Une fois terminé, vous pourrez rentrer chez vous.
- Vous avez compris ? - Oui, sergent.
Vous ne rentrerez pas avant. C'est bien compris ?
Oui, sergent.
Admettons que vous désamorciez six mines par heure sans vous faire sauter,
alors vous serez rentrés chez vous d'ici trois mois.
- Vous avez compris ? - Oui, sergent.
Toi.
- Tu as quelque chose à dire ? - Non, sergent.
- Tu es sûr ? - Tout à fait sûr, sergent.
- Toi, avec la carte. - Ludwig, sergent.
Donne-moi la carte.
- Vous pouvez tous voir ? - Oui, sergent.
Chaque zone a un numéro.
Les étoiles et les points indiquent le type de mines dont il s'agit.
Ceux d'entre vous qui comptent les mines doivent s'assurer
que les cartes soient toujours à jour.
Cette mission est aussi importante que le déminage.
- Vous avez compris ? - Oui, sergent.
De cette pierre jusqu'à la marque, près de l'eau, c'est un couloir de sécurité.
Dois-je vous rappeler ce qui arrivera aux déserteurs ?
Non, sergent !
Un, deux, trois.
Un, deux, trois, quatre.
Un, deux, trois...
Un, deux...
trois, quatre.
Un, deux, trois, quatre.
J'en ai une.
J'en ai une.
J'en ai une !
Moi aussi !
Finalement, c'est pas si nul que ça, d'être ici.
Vous comptez faire quoi en rentrant chez vous ?
Moi, je vais devenir mécanicien.
Un bon ami de mon père a une usine qui marche vraiment bien.
Il m'embauchera dès mon retour.
- Tu n'oublies pas un détail ? - Reste en dehors de ça.
Pourquoi ? Il a le droit de savoir que son avenir est une illusion à la con.
Ce n'est pas une illusion, c'est la vérité. Il me l'a promis.
- Et si... - Arrête.
Si tu veux, je peux lui demander s'il cherche un autre apprenti.
Bien sûr. Ce... serait génial.
- On pourrait aller au boulot ensemble. - Oui.
Tu sais quoi, Wilhelm ? Tu n'as qu'à demander pour moi aussi.
- Laisse tomber. - Ce serait super.
- Tous les trois ensemble... - Helmut.
- Ta gueule ! - Laisse tomber.
Tous les trois, main dans la main.
Quoi ?
Dépêche-toi, Hermann.
Je crois qu'elle a quelque chose à manger.
Elle est en train de manger du pain.
Salut.
Comment elle s'appelle ?
Tu comprends l'allemand ?
Elle s'est fait mal. Regarde.
Un soldat doit toujours être prêt à aider les gens.
Quand j'étais petit, je n'avais pas de poupée.
Je suis un garçon, j'avais une voiture.
Voilà, ça va déjà beaucoup mieux.
- Merci. - Je t'en prie.
Elisabeth !
- Elisabeth. - Je crois que tu dois y aller.
Elisabeth, viens ici !
Qu'est-ce que tu fais là-bas ?
Non, écoute-moi !
Je t'ai dit de ne pas t'approcher des Allemands.
C'est si difficile à comprendre ?
Tu m'écoutes ? J'en ai marre de te voir traîner n'importe où.
Si vous devez pisser, c'est maintenant.
Non ? Alors au lit.
Allez, rompez ! Plus vite.
- Tout le monde est là ? - Oui, sergent.
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