The first 200 lines.
Regarde jusqu'où Dieu nous a menés.
Nous ne pouvons aller que là où Dieu nous guide.
Nous sommes là où Dieu l'a voulu.
Regarde l'œuvre du Créateur.
Nous, humains, ne voyons que l'apparence extérieure,
mais sait-on ce qu'il y a à l'intérieur ?
Il était une fois un vieil émir appelé Azourkherlaini.
C'était un homme pieux.
Un jour, la peur entra en lui.
Il se mit à prier,
« Seigneur, pourquoi la peur est en moi ? Je sais que je suis prêt à mourir ».
Cette nuit-là, Dieu lui parla dans un rêve.
« Il te faut trouver Maoul Hayat ».
« Maoul-Hayat », dit-il,
« il s'agit de l'élixir de vie éternelle ».
Je me souviens...
Mon père et moi cultivions du café sur notre terre.
Ce café a fait ressurgir des souvenirs de lui.
Le parfum du café a changé.
Il n'a plus le même goût.
Notre café était magnifique,
mais il lui faut beaucoup de pluie.
On l'a remplacé par du khat.
- T'es de retour ? - Oui, je suis là.
- Il y en a encore là-bas. - Ok.
Ramasse-les.
- C'est tout, non ? - Oui.
J'aurais déjà pu y être.
Où ça ?
J'aurais pu être en Égypte.
À Métemma...
C'est où, Métemma ?
À la frontière éthiopienne.
Ils t'emmènent en Égypte directement depuis la frontière
ou tu te débrouilles ?
Ils te font traverser la frontière.
Puis ils t'emmènent en bateau jusqu'en Égypte.
Il faut payer combien ?
D'ici à l'Égypte,
rien que pour les dépenses courantes, il faut au moins 30 000 birrs.
Pour rejoindre l'Europe en bateau depuis l'Égypte,
il faut compter 50 000 birrs.
Il faut d'abord arpenter la montagne,
ensuite, il y en a pour 15 à 19 jours de bateau.
Qu'est-ce qu'on mange ? Ils donnent à manger ?
Non, personne ne te donne à manger.
Il faut apporter sa nourriture ? Mais en plein périple...
Tu dois acheter des produits secs comme du beso.
Si tu as faim sur la route, personne ne te donnera à manger.
Tu jeûneras la nuit.
Pourquoi tu es revenu ?
Pour ma mère.
Je serais parti,
mais je suis revenu à cause d'elle.
Ma mère est partie quand j'étais enfant.
Elle a traversé la mer.
Elle n'est jamais revenue.
C'était un élève brillant, ce petit.
Brillant !
Woyone l'a fait redoubler injustement malgré ses bonnes notes.
Il nous a filé entre les doigts et a rejoint le Soudan.
- Ce petit a de la chance. - Quelle chance ?
Être un migrant, c'est de la chance ?
Terre fertile, pays de miellat.
Rien ne vaut notre pays.
Pourtant, chaque gouvernement
nous a empêchés de travailler nos terres.
Plutôt que de dépenser 50 000 birrs pour aller en Europe...
On ne peut rien changer en peu de temps.
Écoute, si tu veux créer une entreprise ici, je t'assure que tu peux !
C'est mieux que de servir de repas aux crocodiles.
On ne devrait pas avoir à périr en mer ou dans le désert pour une vie meilleure.
Rien ne vaut son pays, c'est vrai.
L'amour d'une mère vaut-il celui d'une belle-mère ?
Non.
C'est pareil avec un pays qui n'est pas le tien.
Quitter son pays,
c'est très sérieux.
La voilà...
la mariée.
Tu m'emmèneras avec toi ?
Tu es toujours un enfant.
Tu vas faire quoi là-bas ?
Tu as eu le mal du pays après être parti ?
On quitte tout...
puis on se souvient
du bruit des oiseaux,
de la nature, de l'air pur.
Les souvenirs, c'est tout ce qui nous accompagne sur la route.
Que le Seigneur délivre nos enfants de la souffrance.
Que le Créateur réalise nos rêves !
Que le Créateur réalise nos rêves !
Que le Créateur réalise nos rêves !
- Que le Créateur réalise nos rêves ! - Amen.
- Que le Créateur réalise nos rêves ! - Amen.
- Que le Créateur réalise nos rêves ! - Amen.
- Que Dieu réalise nos rêves ! - Amen.
Dès le premier jour où je t'ai vue,
tu as volé mon cœur.
Mon amour, mettons-nous d'accord,
rends-moi mon cœur.
Tout ce ciel et cette terre
à moi tout seul m'étouffent.
Tout ce que je mange et bois est amer comme la bile.
Ta beauté, tel l'ange de l'amour,
m'apparaît sous les yeux.
Elle me brise le cœur à chaque fois.
Me prive du remède.
Je n'avais ouvert mon cœur
à personne sauf toi.
Tu savais tout de mes rêves.
Tu savais tout de mes rêves.
Dès le premier jour où je t'ai vue.
Tout le monde mâche pour s'évader.
Leur chair est ici, mais leur âme est ailleurs.
Famille, ça va ?
Comment ça va, Mohammed ? Entre.
Ça va ?
Grâce à Dieu, ça va.
De quoi tu as besoin ?
D'eau minérale, de charbon, d'une chicha.
Allah, il manque de l'argent.
- Mais non. - C'est pas assez... 15 birrs le charbon.
- 30 la chicha et l'eau 12. - Mais non !
C'est trop peu. Tu dois choisir, charbon ou chicha ?
Ça sera moins cher au grand marché.
Va au grand marché.
Tu as assez d'argent.
Vas-y, mon cher.
Ok.
Famille.
Que la paix soit avec toi.
Toi aussi.
Merci.
Dieu te bénisse.
Amen.
- Bouteille d'eau. - Un litre ?
Oui. Et des cigarettes.
Tu as disparu !
Je n'avais pas de carte, c'est pour ça que j'étais silencieux.
Je l'ai vu. Tu as appelé ?
Je n'ai pas appelé, je n'avais pas de crédit.
- Famille. - Visiteurs, entrez.
- Tu étais passé où ? - Le premier magasin était fermé.
D'accord, merci !
Seigneur, pitié et paradis pour Azourkherlaini.
Nabi Khedir, satisfais nos désirs.
Au nom de Dieu.
Famille.
Mashallah !
Husseino a raison, aujourd'hui est mon jour.
D'accord, montre-moi ta récolte.
Tout est en ordre.
Regardez ce khat !
C'est une bonne journée.
Oui, c'est une bonne journée.
Laisse-moi la regarder !
- C'est une bonne journée. - Tu m'as apporté le meilleur khat.
Je le prends.
- Mashallah. - Barakallah.
Continue !
Pourquoi tu le mélanges ?
Khalifa, où est celui d'Hussein ?
Le voilà.
Donne-le lui, alors.
C'est celui-là.
Celui-là.
S'il te plaît, c'est pas ça !
Soyons bénits !
- Continuez ! - Bon travail aujourd'hui.
Il a poussé avec du lait et pas de l'eau.
Apportez ceux au lait !
C'est une bénédiction.
Jamila.
Comment tu te sens depuis qu'il est rentré ?
Tu sais ce que je ressens pour lui,
mais quand les gens vivent loin pendant un certain temps,
on ne sait jamais ce qu'ils pensent.
Tu m'as beaucoup manqué.
C'est comme ça, mon fils. Grâce à Dieu, nous voilà réunis.
Y a-t-il quelqu'un qui me connaisse mieux que toi ?
Maman ?
Comment va Jamila ? Elle s'est mariée comme les autres ?
Tu sais qu'on s'aime depuis qu'on est enfants.
Oui.
C'est pour ça qu'elle t'attend.
Crois-moi chère maman, je te rendrai fière un jour.
Je l'ai déjà fait, n'est-ce pas ?
Je te rendrai fière.
- Permets-moi de partir voir mon père. - Bien, ton frère y est aussi.
Notre plantation est notre seule richesse. On travaille la terre.
Quelle joie que tu sois là, mon fils. Dieu merci, je suis encore en vie pour ça.
Dieu merci, je suis encore en vie pour te revoir aussi.
Pour te voir grandir et grandir.
J'aimerais te voir marié et père de famille un jour.
Fatouma ?
Fatouma, réveille-toi.
Reprends tes esprits.
Mon enfant, mon amour.
On est toutes passées par là.
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