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Voilà le thé promis.
Vous avez de bons goûts.
Vient-il de nos amis ildoans ?
Nous pouvons dire merci à notre amitié avec eux.
Pour le moment, du moins.
Votre renfort a été précieux.
Beau travail, lieutenant-colonel Degurechaff.
Je ne pouvais espérer meilleure assistance.
Je n’ai fait qu’utiliser mes hommes comme chair à canon.
Mon talent n’y est pour rien.
Ce serait donc la responsabilité de celui qui a donné l’ordre ?
Voilà un sarcasme cocasse.
Dans ma position,
je me dois de respecter la hiérarchie et de garder le silence.
Fidèle à vous-même.
Vous ne vacillez donc jamais.
Je me fais avant tout confiance.
Je suis toujours ma propre voie.
Au lieu de me reposer sur des charlatans comme l’Être X,
je préfère prendre mes propres décisions.
C’est là ma fierté d’homme des temps modernes.
Navré de gâcher ce délicieux moment, mais j’ai une mauvaise nouvelle.
Andromède a été un échec.
Les villes du Sud n’ont pu être passées ?
C’est même pire.
Nous avons pu faire une attaque éclair sur Josefgrad,
mais le ravitaillement n’a pas suivi.
La Fédération a renforcé ses défenses.
Nous sommes dans une impasse.
Et les terres riches que nous visions ?
Inatteignables pour le moment.
CETTE ŒUVRE EST UNE FICTION.
Je suis abasourdie.
Je n’imaginais pas le général Rudersdorf échouer.
Le matériel nécessaire n’a pas dû arriver à temps,
malgré les efforts de la division des voies ferrées.
Sans grande surprise, nous manquons de matériel.
Certainement, oui.
Nous n’avons pas assez d’hommes, ni de vivres, ni d’obus.
Jusqu’ici, je négociais comme je le pouvais
avec les moyens du bord, seulement…
J’ai entendu dire que votre mutation
était due à des tensions avec le haut commandement.
En effet.
L’Empire n’a donc pas conscience de la réalité ?
Lieutenant-colonel,
l’Empire souffre de dépendance à la victoire,
à un point maladif.
Nous devons surmonter cette crise intérieure.
Et pour cela, la tromperie pourrait être notre alliée.
Votre Excellence, qu’insinuez-vous ?
Pour nous concentrer sur le front est,
nous devons remporter la guerre à l’ouest.
Par l’ouest, vous entendez
la guerre aérienne occidentale ?
Non, pas autant à l’ouest non plus.
Comme je le craignais…
Je préférerais éviter de tirer sur des alliés.
Je vous demanderai de devenir ma complice.
Sauf votre respect, je suis un soldat de l’Empire.
Je ne suis qu’un membre de l’armée qui a juré d’obéir
à des ordres conformes à la loi.
Je ne peux trahir mon serment.
Digresser plus que cela
serait une trahison envers l’empereur et notre patrie,
et j’accomplirais mon devoir.
Vous restez donc neutre…
Magnifique !
Une autre réponse vous aurait valu une balle entre les deux yeux.
Vous avez l’air de vous méprendre sur quelque chose.
Enfin, tout d’abord, allez voir par vous-même
l’état dans lequel se trouve notre illustre patrie.
ÉPISODE 7 PURGATOIRE
29 JUIN 1927 DU CALENDRIER UNIFIÉ
Lieutenant-colonel !
Bon retour à l’arrière.
Colonel, vous étiez donc rentré ?
L’unité Rerugen est en permission à la capitale.
Ma présence n’a rien d’étrange.
Effectivement.
Soldats !
Vous avez droit à un séjour en station climatique.
Lieutenant-colonel, puis-je vous parler ?
Commandant Weiss, distribue les permissions et les coupons.
Lieutenant, prépare une voiture.
Oui !
Les permissions et les coupons, c’est par ici !
En rang !
J’ai confiance en eux, mais bon…
C’est une précaution nécessaire.
J’ai trois points à vous transmettre.
Bien.
Premièrement,
l’état-major et le haut commandement
se rejettent mutuellement la faute de l’échec de l’opération à l’est.
On demande encore l’impossible à notre armée.
On doit vite mettre fin à la guerre avec une grande victoire, bien sûr.
Pour cela, il nous faut prendre le contrôle aérien à l’ouest.
C’est le deuxième point.
La situation sur le front ouest s’est considérablement dégradée.
On envisage désormais
le retrait de troupes à l’est, mais aussi du continent sud.
À ce point ?
Et pour finir,
nous devrons probablement bombarder une capitale.
Nous attaquerions directement Londinium ?
Non, pas celle-là.
Encore Moscou, alors ?
Non plus, lieutenant-colonel.
La cible serait…
Non, oubliez ce dernier point.
L’opération Marteau de fer a été un succès retentissant.
J’étais impliqué dans les négociations menées par Ildoa.
C’était notre véritable objectif.
Sauf que nos politiciens ont rejeté
l’offre de trêve proposée par l’armée.
Alors, pour renverser la situation,
il faudrait ouvrir les yeux des politicards ?
ÉTAT-MAJOR DE L’ARMÉE IMPÉRIALE
Lieutenant-colonel Degurechaff. Je viens faire mon rapport.
Eh bien, depuis le temps ! Ravi de vous voir en forme.
Je vous retourne le compliment.
J’ai de plus en plus de travail, en revanche.
Vous vous êtes bien battue, à l’est.
Merci. De votre côté, vous vous êtes démené pour…
Cessez les politesses.
Quelle que soit la raison, le fait est que j’ai échoué.
Par conséquent,
faites-moi part de votre avis franc d’officier de terrain.
Bien !
Nous avons réorganisé le front comme faire se peut.
Hélas, c’est trop léger.
Une accalmie temporaire ne nous assure de rien.
– Sur le long terme, il nous faut… – Stop.
Je ne suis pas Zettour.
Évitez de tourner autour du pot, voulez-vous ?
Allez droit au but.
Au diable les préambules.
Votre Excellence, je ne suis qu’un lieutenant-colonel.
Bien que j’aie fait l’école militaire, le temps passé sur le front…
Abrégez ou sortez.
Dans ce cas, si vous permettez.
Je ne vois pas de chemin menant à la victoire.
Depuis le terrain, je ne comprends pas les directives des hautes sphères.
Comment veulent-elles mettre un terme à la guerre ?
Ont-elles une idée concrète ?
En anéantissant l’armée ennemie ?
Ou en occupant des points stratégiques ?
Quel est notre objectif ?
Concrètement, quelle est l’ambition réelle de l’Empire ?
La victoire.
La victoire ?
Quel genre de victoire désire-t-on pour terminer la guerre ?
La victoire.
Ni plus ni moins.
L’armée a donc reçu pour seul ordre de l’emporter ?
Exactement.
Ah oui… je vois…
Autrement dit, le haut commandement
n’est même pas capable de nous indiquer un but précis ?
Vous avez tout compris.
Mais c’est absurde…
C’est bien vrai.
Sans ces idiots qui ont renoncé à y mettre un terme,
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