Always Outnumbered

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Always Outnumbered
A Commentary by copieur

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Published on: 2017-02-17
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The first 200 lines.

Arrête ! Mais arrête !

Assassin ! Assassin !

Espèce d'assassin !

Socrates Fortlow.

Sa mère l'avait appelé Socrates, car c'est le nom d'un sage.

A défaut de lui apprendre à écrire, elle lui avait donné un nom de philosophe.

Il avait un tempérament violent.

La vie l'avait endurci et il donnait tout ce qu'il avait.

Sa rage l'a mené en prison.

Mais là, ils n'ont pas réussi à réfréner sa colère.

Socrates était un solitaire.

Pour seule compagnie, il n'avait que ses blessures

et de vagues souvenirs de sa famille et ses amis.

Bonjour, Mlle Walker.

Des bouteilles et des canettes.

Des bouteilles, des canettes. Des ruelles, des rigoles.

Des décharges et des cours avant.

C'est tout ce qui nous reste pour subsister avec un rien de dignité.

Socrates sillonnait les rues avec son caddie,

car au moins, il pouvait dire qu'il était son propre patron.

Quand on l'a libéré de prison, il a couru comme s'il s'échappait.

Ils l'ont payé 733 dollars pour 18 ans de dur labeur.

Il a empoché le fric et a pris le bus pour Los Angeles.

Ça remonte à dix mois.

On lui avait dit que Los Angeles était une grande ville trépidante

où les gens sont trop pressés pour se rappeler votre visage.

Et un ex-taulard a besoin de ce genre d'anonymat.

J'ai rencontré Socrates sur un chantier de construction à Crenshaw.

Il cherchait du boulot, mais on lui a dit qu'il était trop vieux,

que la construction, c'est un travail de jeunes.

Il fallut trois hommes pour évacuer Socrates.

J'ai vu qu'il avait vécu sur le fil pendant si longtemps

que ça allait immanquablement tourner mal.

Bonne journée, Socco. - Oui, tant qu'il ne pleut pas.

Comment ça va ? - Toujours ce fichu rhume.

Un rhume ? - Tu ne veux pas jouer aux dominos ?

Non, il faut que j'aille à West L.A. - Qu'est-ce que tu vas foutre là-bas ?

Chercher du boulot. - Où ?

Au supermarché Bounty. - Tu crois qu'ils vont t'embaucher ?

J'y compte bien. Je peux pas passer ma vie à trimballer ces saloperies.

Rends-moi ça.

Je sais faire du karaté.

Qu'est-ce qui se passe ? - Marlon...

Laisse-le tranquille.

Te mêle pas de ça, le vieux. Ou alors...

J'ai rien fait. - T'as vu ce que t'as fait à ma main ?

Qu'est-ce qui se passe ?

Rien. - Il n'y a pas de problème, M. Keene.

Socco, t'as besoin de quelque chose ?

On ne traite pas avec les provocateurs. - C'est vous, le provocateur !

Quoi ? - Allons, M. Keene...

33, 34, 35, 36...

36,75 $. Voilà, Socco.

Pourquoi tu me refiles de la mitraille ?

Il faut bien qu'on écoule la monnaie qui provient du compacteur.

Si vous ne voulez pas du fric, laissez-le et remballez vos canettes.

Pourquoi t'es à cran ? - C'est Marlon qui me met à bout.

Moi, c'est Markham qui me gonfle. Il ne se défend pas.

Tout le monde ne se défend pas comme toi, Burke.

Je veux bien qu'on soit flippé, mais pas qu'on joue les andouilles.

Ils n'ont rien écouté de ce que je disais. - Tu disais quoi ?

Ce que j'ai dit au Blanc. - T'as dit quoi ?

Te fous pas de moi. - Qu'est-ce qui te prend, Socco ?

Socrates avait postulé dans presque tous les supermarchés de South Central.

Il cherchait plus à l'ouest pour échapper à sa réputation de 'Monsieur-Canettes'.

Car même si on travaille dur pour recycler des canettes,

on est quand même considéré comme un clodo.

Je peux vous aider ?

Je viens postuler. - Pour quoi ?

Un emploi.

Quel âge avez-vous ? - C'est illégal... de demander mon âge.

La loi interdit toute discrimination de race, de sexe, de religion,

de handicap ou d'âge.

Je le sais bien, mais il n'y a pas de postes vacants.

Revenez en automne, quand les jeunes auront repris les cours.

Attendez.

Je suis venu postuler. - Je vous ai déjà dit...

Vous devez me donner un formulaire. C'est la loi.

Attendez là.

Voilà.

Quoi ?

Je n'ai pas de crayon. - Vous l'enverrez.

Je ne suis pas venu pour un bout de papier, mais pour un emploi.

Merci.

Je suis Mlle Grimes. Je peux vous aider ?

J'ai quelques questions. - Que ne comprenez-vous pas ?

Pourquoi voulez-vous savoir si j'ai une voiture ?

Où se trouve cette rue ? - A Watts.

C'est beaucoup trop loin en bus. Nous avons d'autres magasins.

Je peux me débrouiller.

Bien, je l'enverrai au siège. S'il y a du neuf, je vous appelle.

Il y a un petit problème...

Je n'ai pas de téléphone.

Il nous faut un numéro pour vérifier votre adresse.

Il vous suffit de l'envoyer à mon adresse.

Envoyez-le quand même. - Je viens de vous dire...

Je viendrai prendre des nouvelles. - Vous ne comprenez pas.

Envoyez-le ! - Très bien. Ça ne changera rien.

Fermez la porte, M. Fortlow. Ces mouches, c'est une invasion.

Comment ça va, Yula ? - Bien.

Tu as récolté des canettes ?

Oui.

J'ai mes adresses. Dix-sept clients réguliers.

Et je me suis fait pas loin de 37 $. - En monnaie.

Oui. Ce fichu centre de recyclage traite les gens comme des chiens.

Il faut que je me trouve un vrai job, sinon je vais faire un malheur.

C'est bien les Blancs, ça. - Y a pas que les Blancs.

J'ai voulu apprendre le respect à un Black, mais peine perdue.

Mon Dieu ! Tu es allé aux urgences ?

Tu devrais. Tu pourrais attraper le tétanos.

Je choperai peut-être la poisse, mais sûrement pas le tétanos.

Où cherches-tu du travail ? - Les supermarchés.

Je suis tout à fait capable d'empaqueter des marchandises.

Emballer des marchandises ? Non. Tu es bien trop doué pour ça.

Je ne suis pas trop doué pour payer le loyer.

Tu peux travailler pour moi.

Oui, travaille avec moi.

Tu l'as tué !

Non... Je ne peux pas travailler dans un espace confiné.

Non, je deviendrais fou.

Bien. Qu'est-ce que tu veux manger ? - Un de tes bons pains de viande.

J'en ai usé des kilomètres aujourd'hui.

C'est quoi, ça ?

Le pain de viande.

C'est pas comme d'habitude. - C'est ce qu'ont mes clients normaux.

La grosse ration, c'est pour les clients spéciaux.

Chaque soir, Socrates se mettait une note.

Il s'était un jour fait la promesse, le sombre serment

de ne plus jamais blesser personne, sauf pour faire le bien.

'Echec' signifiait blesser quelqu'un sans qu'aucun bien en résulte.

Teresa était la femme qui l'aimait avant qu'il ne tourne mal.

Mais même une femme noire à la patience d'ange vous quittera

après un meurtre et un viol.

Elle ne lui avait jamais écrit en prison, mais il avait conservé sa photo

et il lui souhaitait une bonne nuit chaque soir.

Qu'est-ce que tu fabriques ?

Je t'ai posé une question.

Où tu vas comme ça ? Y a quoi dans cette boîte, hein ?

Dépose-la.

Lâchez-moi !

Ramasse-la.

Ramasse-la.

T'as entendu ce que je t'ai dit ? Ramasse-la.

En avant.

Assieds-toi.

Pourquoi t'as tué Dexter, enfoiré ? - Quoi ?

T'as très bien compris.

J'ai tué personne. On vous a dit n'importe quoi.

Fous ton cul sur cette chaise.

C'était mon ami, Dexter.

C'est juste un poulet. On peut pas être le copain d'un oiseau.

Tu l'as tué, alors maintenant, tu vas le plumer. Prends-le !

Vas-y, je ne plaisante pas.

Qu'est-ce que c'est que ça ? - Je l'ai plumé.

Si t'es pas foutu de plumer un coq, pourquoi tu l'as tué ?

Je ne sais pas.

Peut-être qu'une vieille voudra me l'acheter.

Pourquoi t'as tué ce coq ?

Je le détestais. Il n'arrêtait pas de brailler comme un vieux dégénéré.

Tu habites dans le coin ?

A Hooper.

Tu ne peux pas entendre de coq de si loin.

Termine de le plumer.

Après, tu l'évideras avec le couteau qui se trouve sur l'évier.

Et qu'il ne reste plus une goutte de sang. Plus une seule.

Comment tu t'appelles ? - Darryl.

Tu comptes te servir de ce couteau, Darryl ?

On va faire une fricassée de poulet avec des haricots verts et du riz.

Il faudra tout cuire séparément, mais ça sera bon.

Finis de nettoyer ces plumes.

Tu as faim ?

Oui.

Tant mieux. Un garçon comme toi doit avoir de l'appétit.

Qu'est-ce que ça veut dire ? - L'appétit t'éclaire sur tes manques.

C'est aussi un copain à toi ? L'appétit est ton ami ?

Oui. L'appétit et la luxure sont tous les deux mes amis.

Mes meilleurs amis.

Il faut de bons amis pour atterrir en taule.

Mon père aussi est en prison.

Du moins, il l'était.

Il est mort.

Je peux y aller maintenant ?

Pas avant que tu ne me le dises. - Te dire quoi ?

Tu ne me fais pas peur. - Mais si. T'es pas fou.

Allez, Darryl...

Dis-le-moi et je te laisse aller. - Quoi ça ?

Tu as tué quelqu'un.

Je ne te dénoncerai pas.

Mais tu ignorais que Dexter était le nom d'un coq.

Tu as cru que je parlais de toi.

Non.

Je ne suis pas un juge, fiston, mais tu vas devoir m'en parler.

Personne ne viendra te sauver.

C'était pas ma faute.

J'étais avec Philip et des copains à Baldwin Hills.

Ça alors ! - La ferme.

Darryl, va lui piquer son froc.

Vas-y.

Salut ! Ça va ?

Merde. - Eh vous, venez un peu là !

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