The first 180 lines.
THOSE SNOW
WHITE NOTES
ONDÉE
Shuri ! Coucou !
Oh, Yui !
T’en as pas marre d’écouter la même chose ?
C’est le seul indice à ma disposition.
Et puis, ça me motive pour travailler mon shamisen.
Je veux bien t’aider, de temps en temps !
Merci du fond du cœur !
De temps en temps, j’ai dit ! On se calme !
C’est lui, Sawamura.
Tu sais, celui qui m’a montré comment assembler un shamisen.
Quoi ?
Non, rien.
Hé, Sawamura !
Merci pour l’autre jour !
Oh. De rien.
Pas si vite !
Cette fille gère toute seule le club de tsugaru shamisen.
Si t’es libre, tu voudrais pas t’y inscrire ?
Yui !
Et toi, alors ?
Moi ? Ça m’intéresse pas !
Reviens m’en parler quand ce sera le cas.
C’est quoi, son problème ? C’est le paria de la classe, non ?
Il ne parle à personne.
Tu m’étonnes !
Hé, Shuri !
Kaito…
C’était qui, ce type ? Quelque chose te tracasse ?
Non, y a rien, t’inquiète.
Ben quoi ? Tu peux bien me le dire !
Ça va, je t’assure !
C’est assez clair.
On fait quoi, après ?
Un karaoké, ça te tente ?
Pourquoi elle veut jouer du tsugaru shamisen ?
MÉLODIE SOUVENIRS MAMIE
Mamie, tu ne chantes pas la suite ?
Je ne m’en souviens pas.
Désolée, Shuri.
Dis donc, Maeda !
La pause est terminée, range ton smartphone !
Excusez-moi…
T’envoyais des messages ?
Je te le confisque !
MÉLODIE SOUVENIRS MAMIE
C’est quoi, ça ?
Arrêtez de rigoler !
Quoi qu’il en soit, je le garde.
Après le cours, suis-moi en salle des professeurs !
Je rêve ?
Cet air… je me trompe pas…
Ça vient du morceau de papy, Aube printanière !
J’en étais sûre !
Pas de doute, c’est lui !
Ah, que c’est bon d’être la seule au courant !
Fille chelou repérée !
Tu pourrais frapper !
La porte était grande ouverte.
En fait, je cherche Shuri.
Elle passe son temps à m’éviter.
Je me suis rappelé qu’elle s’exerçait ici à midi.
T’es bête, ou quoi ?
Elle t’évite pas, elle te déteste !
Si elle supporte pas les mecs,
c’est parce que tu la harcelais quand on était petits.
En première, tu continues à dire que c’est ton amie d’enfance,
ta petite sœur.
La bonne blague !
Je sais que t’es amoureux d’elle.
Je cherche pas à le cacher.
Et toi aussi,
je te considère comme ma petite sœur et mon amie d’enfance.
Ridicule !
Pourquoi Shuri Maeda ?
Comment elle connaît le morceau de papy ?
Minute…
ÉGARÉ…
Où est-ce que je suis, là ?
Où se trouve la salle des profs ?
SALLE DES PROFESSEURS
Au revoir…
Heureusement qu’il me l’a rendu.
Mamie ne veut plus fredonner la mélodie.
Te voilà !
Je t’ai cherchée partout.
Hein ? Tu me cherchais ? Mais pourquoi ?
Qu’est-ce que tu écoutais, tout à l’heure ?
Le smartphone qu’on m’a confisqué ?
Non, pas ça.
T’écoutais quoi, comme mélodie ? Tu l’as connue où ?
Tu veux dire que… tu la connais aussi ?
J’en suis pas sûr, mais je crois.
Vraiment ?
Oui, alors explique-moi.
En fait, ma mamie l’a entendue là où elle a été évacuée
pendant la guerre.
Pendant la guerre ?
Ça remonte à loin.
À cette époque, papy était musicien itinérant.
Parfois, des images lui reviennent en mémoire.
Mais c’est comme si on avait coupé le son,
et ça lui manque énormément.
Elle-même trouve ça étrange, vu la période que c’était.
Ses paroles m’ont donné envie de retrouver cette musique.
Mais elle ne reconnaît aucun des morceaux que je lui présente.
Du coup, j’ai monté le club
en espérant rencontrer quelqu’un qui le connaisse aussi.
Par définition, un impromptu change à chaque exécution.
En plus, papy a mis trente ans pour finir le sien.
En admettant qu’il s’agisse du même,
rien à voir avec la pièce que je connais.
Quelle forme
pouvait-elle bien avoir prise ?
Hé ! Pourquoi tu embêtes Shuri ?
Shuri supporte pas les mecs, alors fous-lui la paix !
Yui !
Sawamura connaît le morceau que je cherche !
Y a méprise, on dirait.
Lâche-moi.
Si sa grand-mère a oublié,
c’est mort. Cette mélodie est perdue.
Non, ne t’en va pas !
Trop drôle !
Quoi ? Pourquoi tu le traites diffé…
Déguerpis, tu gênes !
Pars, veux-tu ?
Écoute, j’ai répondu à ta question.
Maintenant, c’est à ton tour.
Je pourrais jouer ce morceau ?
Sinon, est-ce que toi, tu pourrais ?
C’est impossible.
Personne ne peut jouer cette mélodie.
Laisse tomber.
Alors, pourquoi tu as prétendu que tu la connaissais ?
T’as pas idée de tout le mal que s’est donné Shuri !
Tu sais quoi ? Je m’inscris au club de tsugaru shamisen.
J’intègre le club et j’amène ce type en prime !
Entendu ?
Allez, on arrête là !
J’ai à peu près saisi la situation.
Comme le club s’agrandit,
je vais m’arranger pour que vous puissiez utiliser le shamisen.
Comment ça ?
À vrai dire, je me suis renseignée sur son propriétaire, Kôsuke Ogata.
Et là, quelle surprise !
Il s’avère être une vraie pointure, un prince du tsugaru shamisen !
Il a pour nom de scène Seiryû Kamiki et il est trop beau !
Bref, comme il se produit en concert demain soir,
allons lui demander sa permission !
AOMORI
RÉSIDENCE DES TANUMA
Aucune impureté ne ternit ton son.
C’est comme être happé par une montagne.
Kôsuke, merci de me faire part tous les ans de tes progrès.
Pour tout dire, même si je n’ai plus rien à t’enseigner,
j’apprécie que tu te donnes cette peine.
Non, au contraire,
merci de m’avoir écouté.
Félicitations pour tes victoires
au concours de Hirosaki et au prix Nitabô de Kanagi.
L’année prochaine, c’est Sôichi qui gagnera.
C’est ce que nous verrons.
ÉCOLE KAMIKI COURS DE TSUGARU SHAMISEN DISPENSÉS PAR MAÎTRE RYÛGEN KAMIKI
Me revoilà !
Kôsuke est encore là ?
Salut ! Justement, je m’en allais.
T’aurais pu rester plus longtemps.
Tu veux pas voir Sôichi ?
J’ai un concert à Tokyo, demain soir.
À Tokyo ?
Setsu Sawamura s’est enfui là-bas.
Pourquoi t’obsède-t-il autant ?
C’est papa qui est obsédé, pas moi !
Il pense qu’à son talent héréditaire, je te l’ai déjà dit !
Je sais, je sais. Tu me réponds toujours la même chose.
Le petit-fils du maître Matsugorô Sawamura,
qui n’éprouve aucun intérêt pour la compétition, pas vrai ?
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