The first 200 lines.
Hitler va chez une voyante et demande :
"Quand mourrai-je ?"
La voyante répond :
"Un jour de fête juive."
"Alors Hitler demande : Comment le savez-vous ?"
Elle réplique :
"Quel que soit le jour, ce sera une fête juive."
Pologne Hiver 1944
Vous me demandez, à moi Juif :
"Vous aviez de l'humour à un moment pareil ?"
C'est ainsi que nous avons survécu.
Ce sont les choses qui nous ont fait tenir.
Les Allemands nous avaient pris tout le reste.
Ils ont construit de grands murs pour nous enfermer dans le ghetto.
Nous avons passé des années isolés du reste du monde.
Nous nous accrochions à des riens :
l'humour noir.
Un jour ensoleillé.
Des rumeurs encourageantes.
Et l'on sasseyait près du mur du ghetto...
pour voir l'arbre du premier baiser avec Hannah.
C'est près de ce mur que tout a commencé.
Avec une simple feuille de journal.
JAKOB LE MENTEUR
Non ! C'est trop dangereux !
Où ira-t-elle ?
Vite, liebele. Cours !
Sauve-toi. Va, va, va !
Ma chérie !
Nous nous reverrons bientôt ! On t'aime, Lina !
Halte !
Que fais-tu ici ? Tu veux t'échapper du ghetto ?
Ton nom !
Jakob Heym.
Tu ne sais pas qu'un Juif est puni de mort...
après le couvre-feu ?
C'est vrai. Vous avez raison.
On ne peut plus raison.
Mais il n'y a pas encore eu la sirène.
Un Juif malin ? Va là-bas !
Présente-toi à l'officier de garde.
Dis-lui que tu étais dehors après 20h !
Il n'est pas 20h.
Tu discutes ?
Va !
Ici, la radio des Forces Armées Allemandes.
Heil, Hitler !
Voici un bulletin d'informations.
Au cours d'une rude bataille...
les troupes de la mère patrie du général van Harfang...
ont réussi à repousser les Russes près de Bezanika.
Bezanika est un point stratégique de ce secteur.
Maintenant, un message de notre Führer.
Bezanika.
Les Russes y sont ! Ils sont à 400 km d'ici.
Mais alors... ils sont en Pologne.
Que fais-tu ici ?
La sentinelle m'a envoyé pour recevoir ma punition.
Quoique la sirène n'ait pas sonné. Sauf votre respect...
s'il a l'heure juste, votre horloge se trompe.
Mais c'est à vous d'en juger.
D'en juger ?
De quoi ?
De ma punition.
Toutefois, je ne puis m'empêcher de me dire...
qu'il n'est pas encore 20h.
Ça ne l'est toujours pas. Il est 20h moins trois.
Moins deux.
Alors, ce monsieur, la sentinelle se moquait de moi.
La guerre ne veut pas dire...
qu'il ne faut plus plaisanter.
Puis-je ?
Les Juifs aussi aiment les plaisanteries.
Tu habites loin ?
A 10 minutes d'ici, en courant.
Alors, dépêche-toi.
Puis-je avoir un laissez-passer ?
Que faire, Hannah ? Je suis bloqué dehors.
Je dois y aller.
C'est fou.
Je dois être le seul Juif sur400 km...
qui essaie de rentrer dans le ghetto.
Seule une souris couvrirait cette distance.
Oh, Dieu des Juifs !
Pourquoi les tiens ne sont-ils pas des souris ?
Parce que, entre nous, à quoi bon être un homme ?
J'y vais.
Allez !
Pas encore !
Attendez le passage du projecteur.
- Qui es-tu ? - Lina Kronstein.
J'ai 10 ans et demi. Et vous ?
Attention !
Que faites-vous ici ? Vous fuyez ?
Où donc ? Un Juif ne survivrait pas 5 minutes par ici.
Vous retournez là-bas ?
Oui.
Je peux venir avec vous ?
Avec moi ?
Pourquoi moi ?
Qui d'autre ?
D'accord.
Viens.
Attends !
Peur ?
Non. Terrifié.
Par ici !
- Voilà. - Merci, petite souris.
La police !
Par ici !
Au revoir, petite.
Merci de m'avoir sauvé la vie.
Maintenant, excuse-moi.
Je suis fatigué, je rentre chez moi. Fais-en autant.
Je prendrai peut-être le tram.
Au revoir.
Bon.
Où voulez-vous aller ? Vous avez de quoi payer ?
Allons...
Ne reste pas là, rentre chez toi.
Où sont tes parents ?
Viens !
C'est bien mieux chez nous. On a un salon.
Quand il y avait dix personnes entassées ici...
adieu, salon.
Si ça ne te plaît pas, va ailleurs.
Ce n'est pas gentil de dire ça.
- Où je dors ? - En haut.
Pas ici ?
Un voisin curieux pourrait te voir et me dénoncer...
et les Allemands viendraient. Viens.
- Minou, minou... - Laisse ce chat tranquille.
- Vous n'aimez pas les chats ? - J'aime les rats.
Je ne veux pas que tu joues avec ce chat.
Et je ne veux surtout pas que tu le manges.
Tous les chats qu'on attrape sont malades.
Qu'est-ce que je mangerai alors ?
Vous n'avez pas de tickets pour moi.
C'est vrai.
Je passerai ce pont quand j'y serai.
Nous y sommes.
Regarde.
La cheminée tient chaud.
Un livre sur l'Afrique. Lis-le, tu oublieras la faim.
Ça ira, j'ai l'habitude.
Viens.
- Quoi ? - J'ai perdu ma poupée.
Désolé, je n'ai pas de poupée.
Pourquoi ?
Ma femme et moi n'avons pas eu d'enfants.
Où est votre femme ? Ils l'ont mise dans un train ?
Non, ils l'ont tuée !
Sous un arbre.
Demande pas lequel, je n'ai pas pose la question.
Il est temps de dormir.
C'est fou, Hannah.
Je me débrouille comme je peux dans cette guerre.
Je suis même sorti vivant de la Kommandantur.
Et voilà que je dois m'occuper d'une petite fille.
Je sais, nous voulions un enfant.
Mais, en général, on a des bébés.
On apprend à les connaître.
C'est vrai.
Mais si les Allemands la trouvent ? C'est à moi qu'on s'en prendra.
Si les Russes ne sont pas loin...
ce n'est que pour quelques jours.
Bezanika
Les Allemands meurent jour après jour
Les Russes ne vont pas tarder
- Kowalsky ! - C'est fermé.
- Il est temps d'ouvrir ! - Laisse-moi. Va-t'en !
Qu'est-ce que tu fais ?
- Tu ne peux pas te tuer. - Pour quelle raison ?
Une bonne raison.
Ça reste entre toi et moi.
Hier soir, il m'est arrive quelque chose de drôle.
Enfin, pas si drôle que ça. Tu ne riras peut-être pas.
- Je me suis enrhumé comme ça. - Va droit au fait.
Eh bien, hier après le couvre-feu, j'étais à la Kommandantur.
- Tu es un délateur ? - Ça va pas ?
Il n'y a que les délateurs qui en ressortent en vie.
Ne mens pas. Je suis désespéré, pas idiot.
Va-t'en ! Laisse-moi tranquille.
Continue.
On dira que Kowalsky a manqué à sa parole.
Tu dois me raser tous les jours.
En échange, tu manges autant de crêpes que tu veux à mon café.
Tu n'en fais pas depuis 3 ans.
Que veux-tu ? Les pommes de terre n'arrivent plus.
Mais ta barbe pousse.
Je n'y peux rien. Un marché, c'est un marché.
Bien.
De quoi tu te plains ? Ton rasoir ne coupe plus.
Assieds-toi.
T'es comme un moyl aveugle.
Pas d'insultes. Assieds-toi. Et voilà.
Assez.
Bon. Assez !
Professeur !
Non, merci.
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