The first 196 lines.
Ah, t'es tellement un bon coup que tu me ferais presque croire à l'amour.
Je prendrais presque ça... pour un compliment.
Dis donc, t'as pas un peu pris des seins, toi? -Oh, j'adorerais.
Aaah, putain! Je n'en peux plus de me péter le dos chaque nuit.
Argh... Pourquoi on va pas chez toi, là?
T'as honte de me présenter à tes enfants ou quoi? -Non, mais moi, je l'aime, ton bureau.
C'est vrai! Cette déco, là, cette lumière,
ça me fait un truc au fond de la culotte.
Je te l'ai dit que moi, le break et le labrador, c'est pas mon truc.
Enfin, il y a une limite entre une voiture qui pue le chien et prendre son pied entre deux dossiers des 6e B.
Ah ouais, mais tu sais, moi et les limites. Ah, bonjour, Kamel.
On a eu une grosse réunion avec Mme Moreau. -Bon courage. Vous travaillez beaucoup, M. le principal.
Oh!
Con! -Je suis désolé!
Le passage piéton! Ça vous dit quelque chose, la priorité? -Ça va? -Non, ça va pas.
Oh, merde, pas celui-là! Qui est-ce qui va me recoudre ça, moi?
Wonderwoman. -Mais sans mes superpouvoirs, je frôlais la mort.
Je peux faire quelque chose pour vous? -Surtout pas!
Peut-être.
Vous avez bu du café, vous, ce matin. -Je pensais plutôt à quelque chose
comme vous emmener aux urgences, moi. -Ah non, mais c'est une urgence.
Ç'a pas l'air comme ça, mais c'est urgent. Enfin, je sais que...
j'ai un mec. Lui, il est très, très prêt pour s'engager
et moi, je... -Très, très confus.
Vous devriez travailler votre expression orale. -Oui, c'est ça. -Hein?
C'est exactement ça. Je suis confuse.
Pardon. (vibration de portable)
Oui?
Oui, c'est moi, oui.
Ah, carrément. Je...
Oui, je passe dans la journée. Merci.
Ça va?
Ma mère est morte.
Est-ce que quelqu'un sait ce que veut dire épistolaire?
Euh, c'est quand c'est pas tous les jours? -Oh, bel effort.
Non, on cherche encore. -Ç'a un rapport avec les armes? -Les armes?
Je sais pas, épistolaire, pistolet... -Ah, non.
C'est quand on correspond. -Genre qu'on s'entend bien? -Non, genre qu'on échange avec des lettres.
C'est un truc de vieux, ça. -Ah ouais?
Est-ce que tu peux me filer le truc qui devrait être éteint et rangé que tu plantes sur tes genoux?
Ouf! -Merci. Donc...
"De ouf! MDR, t'as vu le vent?" "Ah ouais, c'est 'auch' pour elle."
"Grave, elle est pétée, sa blague. Mais, de toute façon, c'est une grosse tepu."
Chic! Très chic. Alors, ça, par exemple, c'est un échange épistolaire
entre Samuel et je ne dirai pas qui sur un sujet qu'on préfère pas connaître.
Voilà. C'est plus clair pour tout le monde? Très bien, alors mardi,
je veux que vous fassiez une lettre sur le modèle de Mme de Sévigné qui écrit à sa fille.
Vous regardez la page 35 de votre livre et vous essayez de faire la même chose en écrivant à votre mère,
pas à Mme de Sévigné. Voilà, qu'on soit bien d'accord.
Bon, allez.
Salut!
Je peux ravoir ma casquette? -Oui, tu peux.
Tu peux... Toi, tu peux pas, tu restes là
et tu m'expliques pourquoi lundi tu m'as pas rendu ton devoir. -J'étais à l'hôpital.
Encore, mais pourquoi? -Je devais faire contrôler mon insuline.
D'ailleurs, je dois y aller, sinon je vais être en retard. -T'as cours, là, juste après.
Oui, mais c'est un rendez-vous que je peux pas rater. C'est dans une heure. Tenez.
Dis-moi, ton médecin peut pas te filer des rendez-vous à un autre moment?
Il sait que t'es au collège? -C'est compliqué. Ça dépend de ma glycémie.
Il faut que ce soit contrôlé à des heure fixes. -OK, vas-y, mais tu me rends ton devoir de lundi
et je veux pas d'excuse pour celui-là. Tu sais, t'as brevet à la fin de l'année.
Un zéro, ça peut faire chuter la moyenne. -Oui, non, mais vous inquiétez pas pour le brevet, je gère.
Salut!
Toi, t'as besoin d'un café. -Si tu savais...
T'as un nouveau blouson? -Hum, j'avais besoin de changement. J'hésitais.
Nouveau mec, nouveau job? J'ai fait nouveau blouson.
T'es sûre que ça va? -Mais oui, ça va.
Eh bien, en tout cas, il te va très bien, hein? Comme ça, tu pourras me prêter le vieux.
Bien, tiens! -Ha! Ha! Ha! -Je l'attendais, celle-là.
Bonjour à tous. -Bonjour. -Sam, tu comptes donner cours
à des ados de 14 ans en petite culotte? -Oui.
C'est pour stimuler leurs pulsions littéraires.
Attention à vous!
Bonjour à tous. -Tom, tu vas nous faire la roue
à chaque fois que tu rentres dans la salle des profs? -Et pourquoi pas? Ah là là, ce qu'elle est conventionnelle!
Ouf! -Merci, Véronique.
Bon, j'ai reçu vos convocations pour la visite médicale. -Donc, Sam, voilà.
Bruno et Tom. -C'est obligatoire, hein? -Ça sert à rien!
L'an dernier, je leur ai dit que la craie me donnait de l'asthme. Ils ont rien voulu entendre.
J'ai dû faire intervenir le syndicat. -C'est pas la craie qui te file de l'asthme, c'est les élèves.
Tu me diras que moi, c'est les profs. Chacun son truc. -Il a fait les tests. C'est dans son dossier médical.
Brigitte, si ton mari était boulanger, il serait allergique à la farine.
Bonjour.
Ah, M. Manzarek. -Ah, M. Bordat. Raphaël, enchanté. -Enchanté.
Eh bien, je vous présente à tous notre nouveau professeur de français.
Je veux dire de lettres classiques, pardon. -Ça va soulage un peu Sam qui,
clairement, est débordée depuis qu'Aurélie est au CDI. Puis, M. Manzarek est agrégé.
Voilà, il nous vient d'Henri IV. Donc, nos élèves vont enfin pouvoir
apprendre le latin et le grec. -Ouais, mais ça, c'est quand ils sauront parler français.
Ah, c'est pas déjà le cas? Avec des professeurs de français parangons
de langage et de moralité, je suis un peu surpris. (petit rire de Sam)
Virgile en 4e? Mais c'est incroyable. -Non, mais ils ont adoré. C'est très moderne, Virgile.
Bienvenue, au fait. Pardon, j'aurais pas dû. -Mais Sam...
Oh, ça va. Elle rêve de le faire, elle osera jamais. -Peut-être parce qu'elle a dépassé le stade primitif, elle.
Vous n'allez pas porter plainte pour harcèlement, quand même. -Pas cette fois.
Bon! -Je suis vraiment désolée.
Mme Moreau? -Ah oui. -Toutes ses affaires sont là.
Merci. -Vous savez la marche à suivre? -Non. C'est la première fois que je perds ma mère.
Vous devez monter au troisième étage, ils vous donnerait un certificat de décès. -Max?
Max!
Bonjour. -Bonjour, docteur Laborde. -Mme Moreau.
Bonjour, madame. -Oui, re. -Oui, rebonjour.
C'est ma prof de français. -Vous connaissez ses problèmes? -Oui, puis ses devoirs aussi, c'est un problème.
En tout cas, merci, docteur, pour tout. -Ah bon, il a des soucis? Ça se passe pas bien?
Ça se passe pas du tout, il est jamais là. -Jamais là? -Ah, maman.
Mon chéri.
Ça va aller pour le retour, Mylène? -Maintenant qu'il est là, ça va aller.
Si vous vous sentez bizarre, ne vous inquiétez pas. Ça va passer, mais surtout, pas d'anti-inflammatoires
ni d'Aspirin. Avec le lithium, c'est contre-indiqué.
Merci, docteur.
Max! Tu t'es bien foutu de ma gueule avec ton histoire de diabète.
Oh!
Tiens, assis-toi, maman.
Quoi? -Qu'est-ce qui se passe avec ta mère?
Rien, c'est rien du tout. -C'est pas rien, elle est sous lithium, Max!
Elle est folle? -Taisez-vous. Elle est fragile, c'est tout.
Ils disent qu'elle est maniacodépressive, mais c'est n'importe quoi.
Moi, je m'occupe d'elle, tout va bien. -Tu dis un peu trop: "Tout va bien".
Vraiment. T'as 14 ans, Max. C'est pas à toi de t'occuper d'elle.
Mme Moreau? -Oui. -C'était à votre maman. -Ah, bien, merci.
Bon courage. -Ouais. Bon courage...
Et vous allez faire quoi? -Je vais en parler au collège pour commencer.
Non, non, non, madame, vous pouvez pas me faire ça.
On va être séparés. Ils vont m'envoyer au foyer. Elle peut pas rester toute seule.
Alors, mon problème, c'est pas elle, c'est toi. -Moi, je vais très bien.
Mais non, mais non, mon poussin, tu vas pas bien. T'as besoin de quelqu'un pour s'occuper de toi.
Mais arrêtez de jouer les mamans cool! J'ai juste besoin de ma mère.
C'est toi en premier, mon boudu. Regarde comme t'es mignon.
J'aurais dû aller la voir la semaine dernière. -Elle aurait pas faire la différence
entre toi et son pot de chambre. -Qu'est-ce que t'en sais?
Ça fait des fois qu'on l'a perdue, qu'elle n'est plus vraiment là.
C'est pas parce qu'elle parlait pas qu'elle était pas contente de nous voir.
Ma chérie, je comprends que t'aies de la peine d'avoir perdu ta grand-mère, mais bon.
Mais moi, je peux pas faire semblant d'être triste. J'ai pas de peine! Excuse-moi, hein?
Arrête.
Trois, deux, un, c'est parti! -Allez, Raphaël!
Vas-y, allez! Allez!
Non, ça va. (propos indistincts)
Merci. -Bien, oui.
Mon livre, vous l'avez ou pas? -Je te l'ai commandé, tu l'auras dans deux semaines.
Quoi, mais c'est pas possible, j'en ai besoin maintenant. -Oui, mais il est au programme de première, ton livre.
C'est normal qu'on l'ait pas. -Comment je vais faire? J'en ai lu aucun, il faut que je commence tout de suite.
Donne-moi ça, je vais voir ce que je peux faire. -Attends, c'est Manzarek, ton prof de français?
Ouais. -Commence par lire les livres du programme, déjà!
Ça suffit pas, les livres du programme. -Qu'est-ce que tu racontes?
Repasse en fin d'après-midi, je te trouverai quelque chose. Qu'est-ce que c'est?
Un foulard en soie. Il te plaît? Tiens, je te le donne. Il est à toi.
Je sais pas quoi en faire. Il était à ma mère. -Bien, dis donc, elle a bon goût, hein!
Comment elle va, au fait? -Elle est morte.
Ils sont là.
Dépêchez-vous.
Salut!
Pas la peine de courir, elle nous attend, hein? -Ouais, Alex, fais gaffe,
parce que plus tu vieilles, plus tu ressembles à ma mère. -Oh, bien, alors toi, ça y est, je te pousse, tu roules.
T'as raison, je n'en peux plus. -Par contre, maman, t'aurais pu faire un petit effort, non?
Écoute, on était en retard et moi, le noir, ça me vieillit, ça me fait transpirer.
D'accord, mais bon... -Ah, M. le croque-mort. -Madame, je sais que c'est une terrible épreuve
et que rien ne pourra alléger votre souffrance. -Alors, ça, c'est quand elle était vivante.
Bon, pas grave, on y va. -Suivez-moi.
On va la mettre où?
Au bord d'une rivière, ce serait joli. -Ouais, il faudrait qu'on fasse une cérémonie,
avec des discours.
Ça te fait quoi de l'avoir sur les genoux?
T'es bête! -Ça va, bonne-maman?
Ça secoue pas trop? -Ha! Ha! Ha!
On pourrait peut-être la garder avec nous, non? -C'est vrai qu'à la maison, ce serait pas mal.
On serait ensemble. -Ah non! Ah non, j'en veux pas chez moi. -C'est aussi chez nous.
T'as une meilleure idée?
Tu me la passes? -Pourquoi? -Tu me la passes?
Tiens. Tiens le volant.
Putain! -Non, mais attends, mais maman, qu'est-ce que tu fabriques!
La vie, c'est le mouvement, elle aimait ça, ta grand-mère que ça bouge!
Voilà.
Regardez. Il y a de la poussière d'elle partout maintenant.
Elle va adorer ça. Tiens.
On n'a même pas pu lui dire au revoir. -On n'a parlé, c'est pas maintenant que ça va commencer.
(rires)
Monsieur? Monsieur! -Hum? -Vous êtes pas payé pour "geeker".
C'est vrai, tranquille. On va aussi sortir nos tablettes. -C'est pas encore les vacances. -Vas-y, ta gueule, toi!
Tu veux qu'il fasse cours ou quoi? -Oh, putain! (rires)
Asseyez-vous.
Ça vous intéresse, un prof qui n'a pas envie de faire cours? Non. Bien, moi, c'est pareil.
Ça m'intéresse pas de faire cours à des élèves qui ont pas envie d'apprendre.
Je suis avec vous parce que je l'ai choisi. D'accord?
Mais je tiens à vous prévenir tout de suite. Il y a une catégorie d'élèves que je saque systématiquement.
Quoi, vous êtes raciste? (rires) -Oui, avec les paresseux,
les feignasses, les glandeurs, les mous, les tire-au-flanc,
ceux dont on dit qu'ils ont des capacités mais qui font rien. Je m'en coutre-fous que vous fassiez une bonne année.
J'attends de vous l'excellence. Est-ce que je suis clair? Hum?
Oui, vous allez me haïr, me maudire même, mais je vous promets qu'à la fin de l'année scolaire,
moi, je serai fier de vous. Et encore mieux,
vous serez fiers de vous. Bon, alors, on va faire l'appel
pour apprendre un peu à se connaître. Parce que vous, vous vous connaissez.
Qu'est-ce que tu fais? -Je vous connais pas encore. Euh, mademoiselle Inès Benattia?
Là. -Enchanté. Moi, c'est Raphaël Manzarek.
Il est formidable. Dis donc, toi, tu vas t'excuser, hein,
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