The first 200 lines.
J'ai toujours été Américain dans mon cœur.
Depuis que ma mère m'a emmené au cinéma.
Tu ne peux pas me l'enlever.
C'est ma putain de maison.
Allez, donne-la-moi.
Lâche-moi !
Allez, donne-moi cette putain de bouteille, salope.
Je la veux maintenant bordel !
Allez.
Donne-la-moi.
- Amène Potato chez les voisins. Sors-le d'ici !
Maintenant !
Baisse ta main.
Potato, où est ton écharpe rouge ?
Je ne la porterai pas.
Quoi ?
Le rouge représente tout le sang versé pour la révolution.
Je ne porterai pas votre stupide écharpe communiste
assoiffée de sang.
Et si j'en parlais à ta mère ?
- Maman dit qu'on doit questionner
tout ce que le gouvernement nous dit.
Vous êtes médecin.
Qu'est-ce que vous attendez ?
Elle s'y connaît ?
Donne-lui ceci.
- Les communistes et les nazis, c'est pareil.
Ils ont tué tellement de gens. Ils ont ruiné ce pays.
Je suis innocent. Aidez-moi.
- Si j'avais dit ça quand j'avais ton âge.
Sortez-moi d'ici.
Regardez devant vous.
Je meurs ici !
J'ai besoin d'aide.
Pitié.
Vu que Schwarz a appuyé
sur le bouton avant de lâcher prise,
des machines géantes
se mettent à bouger sous terre,
et elles commencent à faire de l'air qui surgit
du sol, comme un geyser.
J'en ai déjà vu.
On s'en fout.
Et après ?
- L'air fuse et casse toutes les fenêtres de Mars.
Tout le monde crie.
Et la mutante à trois seins ?
Elle aussi.
Ils croient qu'ils vont mourir.
Schwarz et la fille ont des têtes enflées
comme des marionnettes folles.
Dima, c'est le geyser que tu as vu ?
- Tais-toi. - Tais-toi.
Et enfin, l'oxygène se répand partout,
même là où est Schwarz.
Alors il arrête de mourir, et il vit.
Et sa petite amie ?
Elle vit aussi.
Et la mutante ?
C'est ta mère, la mutante.
Aïe.
Attends, attends, regarde.
Où as-tu trouvé ça ?
La benne à ordures.
Sympa, hein ?
Potato, regarde.
Beurk.
Hé, rends-moi ça.
Wow ! Belle trouvaille.
- Vous avez vu Star Wars, épisode 35 ?
Il n'y a pas d'épisode 35.
Si, il y en a un.
Je l'ai vu chez le voisin de ma grand-mère.
Tu es bête.
Il y a des bombasses dedans ?
Plusieurs.
Je t'écoute.
Moi aussi. Il paraît que c'est bien.
Stupide.
Raconte, raconte.
Ça commence… dans l'espace.
Chers compatriotes.
C'est réel ?
Ça se passe vraiment ? Je ne rêve pas ?
Si mon père était vivant pour voir ça.
Il était tellement fier de servir dans l'Armée rouge.
On l'emmerde.
On va enfin être libres ?
C'est quoi, libre ?
- Plus d'Union soviétique, plus de communisme.
On aura la liberté d'expression.
Et peut-être du papier toilette.
Je pensais peut-être emménager avec toi.
D'où ça vient ?
La semaine dernière, tu voulais encore me larguer.
J'étais perdu.
J'avais relu Nietzsche, je ne savais plus qui j'étais.
Et maintenant tu le sais ?
Je me sens inspiré par ça.
Tout va changer.
Je me sens comme un nouvel homme.
Une mère divorcée devrait mendier
des étrangers dans la rue pour emménager avec elle.
Grand-mère, ne sois pas stupide.
T'entends ce qu'il dit ?
Parce que tu es stupide.
- Je ne sais pas, tu vas, tu viens, Potato a besoin de stabilité.
Je m'en fiche.
Ne dis rien.
- Si c'est une question de place, je n'ai vraiment pas grand-chose.
Quelques habits et une télé couleur.
Une télé couleur ?
Il a dit une télé couleur ?
Tu l'as eue quand ?
Le mois dernier.
Mon frère m'a donné son ancienne télé.
Un homme à la maison, c'est utile.
Pourquoi pas ?
Essayons. Plus on est de fous, pas vrai ?
Une télé couleur.
Qu'y a-t-il ?
Tu vas voir.
- As-tu perdu la raison ? On n'a que deux chaînes.
Ça vient.
De quoi tu parles ? Je ne vois rien.
Toute l'école en parle.
C'est arrivé hier soir.
C'est une chaîne renégate. Elle montre des films américains.
Je ne peux pas le croire.
On a trois chaînes.
Je veux voir. Laisse-moi voir.
Des films américains à la télévision.
Des films américains.
C'est quoi ?
La chaîne secrète numéro trois.
Ils passent des films américains tard le soir.
Oh.
Non, non, pas maintenant.
On ne saura jamais la suite.
Que s'est-il passé ?
Le courant est à nouveau coupé.
Mon Dieu, pas encore.
C'était un accident.
Un accident.
Il a été battu à mort.
Il est mort d'un accident.
Écrivez-le dans votre rapport.
Accident.
Ça n'a pas pris longtemps.
Quoi ?
Vova, il a tenu combien de temps ?
Quelques mois, cette fois.
Il a dit qu'il avait besoin de se trouver.
Il ne peut pas faire ça chez toi ?
J'en sais rien.
Je m'en fiche, mais sa télé me manque.
- Les femmes de notre famille sont maudites.
Aucun homme ne reste.
Des minables comme ça,
je te les laisse.
Je préfère être seule qu'avec eux.
Seule ?
Et Potato ?
Quoi, moi ?
Tu as besoin d'un père.
J'ai un père.
C'est un sac à merde.
- Il ne nous donne rien. Je retourne au tribunal dans un mois.
Il faut un père, quel qu'il soit.
Tu plaisantes ?
Tu veux que ton petit-fils voie ta fille se faire battre tous les soirs ?
Ton problème,
c'est que tu n'as jamais vraiment aimé un homme.
Sauf Potato.
Je suis bien comme ça.
- Même juste après ta naissance, tu étais froide.
Tu avais ces petites lèvres minces que tu pinçais.
Je sais, maman.
Et les yeux comme une fourmi.
Oui, les yeux exorbités.
Maman, tes lèvres ne sont pas fines.
- Quels autres compliments voudrais-tu me faire ?
Souviens-toi quand tu étais petite,
tu mettais tes cheveux en arrière, et les voisins
te traitaient de vieux fuif.
- D'après mes souvenirs, la seule qui disait ça, c'était toi.
"Ton Juif vient de passer",
disaient-ils, et je disais :
"Oh non, c'est ma petite vieille
"moitié arménienne que vous avez vue.
"Elle n'est pas Juive."
Merci d'avoir rectifié le tir.
C'est le rôle d'une mère.
- Au début, le Christ n'avait qu'une poignée
d'apôtres, et aujourd'hui, des millions
suivent sa parole dans le monde.
- Maintenant que la Babel rouge est tombée, vos camarades,
vos amis et vos voisins
commenceront à croire en lui aussi.
L'important, c'est de ne jamais
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