The first 200 lines.
Musique douce au piano
...
Soupir
- J'en reviens pas. Je n'en reviens pas ! Je n'en reviens pas.
Je sais pas comment dire ça autrement. C'est simple, je n'en reviens pas.
J'en reviens pas. Je n'en reviens pas !
J'en reviens pas. Je n'en reviens pas. Je... Ah.
J'ai pas les mots. J'en reviens pas. Rires
Je n'en reviens pas. - Enfin, quand même !
- Non, j'ai pas les mots. Je suis abattu.
Non, pire que ça. Je suis anéanti.
Littéralement. Maintenant, tu m'excuses.
Souffle Il faut que je mange.
Rires Soupir
Enfin, quand même !
Ah non ! Tu sais quoi ?
Ça m'a coupé l'appétit. J'ai plus faim.
Je suis écœuré. Merci !
Enfin,
quand même...
Tu t'y attendais forcément un peu. - Non.
Pas du tout.
Je sais que ça arrive au moins une fois dans la vie d'un homme.
Je pensais pas vivre ça. Pas moi. Pas à mon âge. Pas comme ça.
Et excuse-moi : tu pouvais pas m'annoncer ça en fin de semaine ?
- Ben, non. J'avais envie de te l'annoncer ce soir.
- Ah, tu avais envie ? - Oui.
Madame avait envie.
T'as de la chance de faire des trucs qui te font envie. Moi...
là, j'ai envie de homard. Ça me ferait plaisir.
Pourtant, j'ai quoi dans mon assiette ? Ah ? Tiens !
Du maïs avec du beurre. Pour changer ! Hm...
Ah, tu me régales ! Je vais me régaler. Bon appétit !
Et le jaune, c'est la couleur des cocus.
Tu l'as fait exprès ? - Enfin, pas du tout.
Je pensais te faire plaisir. Je ne savais pas
que le maïs avait la couleur des cocus.
Rires - Me faire plaisir ? Ben, voyons.
Alors allons-y. Tu l'as rencontré où, cet abruti ?
On peut savoir ? - Arrête !
Les murs sont très mal isolés, on entend tout.
Laisse-moi réfléchir. Alors, attends.
Avec la gueule qu'il a, je suis prêt à parier qu'il est banquier.
Tu l'as rencontré au guichet ?
- Serge, pour l'amour du ciel, parle moins fort.
- Excuse-moi. Je suis encore chez moi, non ?
Je dis ce que je veux. Et puis...
Trois plombes qu'il est aux toilettes. C'est pas normal !
Oh, enfin ! Sois sympa.
Il est malade. - Que je sois sympa ?
Il me pique ma femme, et il faut que je sois sympa ?
Oui, sois sympa.
Il a chopé une bactérie épouvantable lors d'un safari au Kenya.
Il a les intestins ravagés. C'est quand même pas marrant.
Oh ? Putain, Madeleine...
Là, laisse-moi résumer, c'est important.
Tu me fais cocu,
ce qui est assez difficile à encaisser un mardi soir.
Passons.
Mais en plus, tu me fais cocu avec un mec
qui a des problèmes d'intestins !
Rires
Tu veux que je me suicide, c'est pas possible !
Et c'est quoi, la suite ?
Tu vas m'annoncer que t'es enceinte ?
Non. Tu ne comprends rien.
Tu n'écoutes pas ce que je dis. C'est ça, le problème.
C'est une relation platonique.
Ben, voyons !
"Ben, voyons", évidemment.
Ça te passe au niveau du cigare, ça.
Eh bien, ça existe, figure-toi.
Oui. Ça existe surtout
dans tes romans à la con.
Je savais bien qu'il fallait pas que tu lises.
C'est ça qui t'a influencée. Oh, "platonique" !
Enfin, arrête !
Il m'avait prévenu, Fred. Il m'avait dit :
"Fais gaffe. Si elle commence à lire des romans à l'eau de rose,
"c'est le début des emmerdes." Il avait raison.
Je ne lis pas que des romans.
Je me suis récemment abonnée à ce magazine scientifique.
Chasse d'eau
Eh ben !
Pas trop tôt ! J'espère qu'il a bien nettoyé.
J'ai pas envie de choper sa bactérie. - Oh !
Arrête.
- Désolé, c'était un peu long. - Hm.
- T'inquiète, on en a profité pour discuter.
Oh ! T'en fais pas pour nous, va.
On avait beaucoup à se dire. On se sépare pas tous les soirs.
J'y pense... Tu veux manger quelque chose, non ?
On t'a rien proposé. C'est pas très poli.
Je sais pas...
Pourquoi pas ? Ouais...
Non, je pense pas.
On va y aller plutôt, mon amour. C'est mieux.
Y a pas le feu. On a deux minutes.
Laisse-moi partager un moment avec mon remplaçant.
C'est ce soir ou jamais, non ?
Alors, ouvre ce frigo, prends ce que tu veux. Ça me fait plaisir.
- Non, Bruno. Prends ton blouson, on va y aller.
Ben...
Je sais pas...
Il a l'air sympa. Restons 5 mn.
- Oui, il est sympa. C'est pas le problème.
- Quoi ? Tu as peur qu'on devienne amis ?
- Non, je n'ai pas envie qu'il ouvre ce frigidaire.
Eh ben, moi, ça me fait plaisir.
J'ai envie de partager un moment avec mon remplaçant.
Vas-y. Prends ce que tu veux.
Installe-toi. On va discuter 2 mn
entre mecs. J'ai 2, 3 anecdotes
sur ta nouvelle gonzesse. Ça pourra te servir.
Tu vas voir, hm... Elle est pleine de surprises.
Ha, ha... Très amusant.
- Je fais quoi ? J'ouvre le frigo ou pas ?
- Allez, ouvre-le ! Ça me fait plaisir.
- Bruno, si tu l'ouvres, je te préviens. - Quoi ?
- Montre-lui que t'es un bonhomme. Ouvre-le.
Je te préviens.
- Ouvre ! - Ne l'ouvre pas !
Hé !
Ouais ! Il se racle la gorge.
Pardon.
Désolé d'interrompre à brûle-pourpoint.
C'est pas correct, j'en ai conscience.
Je fais rapide pour pas trop déranger.
Bonsoir, déjà.
Je m'appelle Yannick. Voilà.
Euh, je prends la parole parce que là, bon...
Le prenez pas mal, mais pour moi, c'est pas divertissant, le spectacle.
Rires
Désolé de vous balancer ça en pleine gueule comme ça.
J'imagine que c'est pas agréable à entendre.
Comme j'ai payé pour un truc qui me change les idées...
Je suis censé me sentir bien ici.
Là, j'ai carrément l'impression que c'est l'inverse.
Vous me rajoutez des problèmes au lieu de me faire oublier les miens.
Ça doit pas être normal, normal.
Y a un pépin dans votre histoire.
N'importe quoi !
- Vous vous rendez pas compte, monsieur,
mais en fait, là, ça se fait pas du tout.
Alors, je sais,
je m'excuse à nouveau.
C'est juste, moi, je me suis organisé
pour me rendre disponible ce soir.
Je suis gardien de nuit. Je travaille 7 jours sur 7.
Je dois poser une journée de congé.
Vous savez sûrement pas ce que ça implique,
mais c'est compliqué. Je peux pas le faire souvent.
Faut que je demande un papier à mon patron,
faut que je demande à un collègue de me remplacer.
Toute cette organisation fait que si je pose une journée
pour me divertir, il faut que je me divertisse.
Sinon, c'est carrément catastrophique à mon échelle.
Je dis pas que vous le faites exprès. Vous êtes que...
les comédiens.
C'est pas de votre faute.
Il doit y avoir un responsable derrière ça, j'imagine.
Un metteur en scène, c'est ça ? - Oui. Enfin...
L'auteur de la pièce, accessoirement. - Oui.
Il faudrait que je lui parle. Ce serait plus judicieux.
Vous pouvez lui demander de venir que j'explique mon souci rapidos ?
- On va faire plus simple : je vous donne son téléphone,
vous sortez, vous l'appelez, vous lui racontez vos salades.
Et on peut se remettre à bosser. OK ?
- Attends, c'est une blague ? Il est pas là ?
- Mais non. - Le mec qui organise tout ça
est pas présent pour s'assurer que vous bossez bien ?
Quoi ?
- Attendez, monsieur. Ça, c'est... - Non, attends !
Normal que ça capote, votre machin. Si le capitaine est pas là...
C'est quoi, cette gestion ?
- C'est vous qui capotez tout. Nous, ça allait bien.
- Cette pièce, on va la jouer 60 fois au minimum.
Le metteur en scène peut pas toujours être là. Ça se passe pas
comme ça. - Donc, on est chez les fous.
C'est quoi, cette entreprise à la mords-moi-le nœud ?
Vous imaginez un restaurant sans son cuisinier ?
Non, mais la lourdeur...
- Non, c'est pas du tout pareil. Rire
- Ah, si ! Les clients payent pour un service.
Si le service est pas satisfaisant,
faut qu'on puisse se plaindre à un responsable.
Imaginez, dans une brasserie, je me prends une viande,
je trouve des cheveux sur mon assiette.
Je fais quoi si y a pas de cuisinier ?
Ça veut plus rien dire. - Vous savez quoi ?
On a compris votre métaphore.
Mais nous, c'est pas pareil.
On fait de la scène. C'est de l'art.
- De l'art ? - C'est pas un morceau de viande.
OK ? Rire
Elle est bonne. De l'art, carrément ?
Rires discrets du public Rire
J'ai pas payé pour voir de l'art.
Je sais pas pour qui vous me prenez. Un ministre ?
Je paye pour qu'on me change les idées. Ça a rien à voir. C'est pas...
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