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Tiens-toi prêt. Allez, tire.
- Hé, dégonflé. - Hé, le Jet.
Tirez-vous.
Rends-le.
Tirez-vous.
Hé, les Jets.
Rocco, Indio... On va le choper.
Allez, les Jets.
Allez.
Allez, les gars.
LES REQUINS PUENT
Arrêtez. Séparez-vous, espèces de voyous.
Allons. Je vous ai dit d'arrêter.
- C'est l'inspecteur Schrank. - Bonjour, monsieur l'inspecteur.
- Et M. l'agent Krupke. - Bonjour, monsieur l'agent.
- Bien le bonjour. - Descendez de là.
- Mais on s'amuse. - Le terrain de jeu, on adore.
Ça nous tient à l'écart des tentations de la rue...
- Fermez-la. - Surtout qu'on est nés sur le pavé.
Baby John, approche. Viens ici.
Lequel de ces Portoricains t'a rossé?
- Eh bien, monsieur... - Lequel?
Excusez-moi, m'sieur...
En réalité, on a idée que ce travail-là a été fait par un flic.
Deux.
- Impossible. - En Amérique, rien n'est impossible.
Très bien, gros malins. À présent, vous allez m'écouter.
Tous.
La rue ne vous appartient pas.
Je ne veux plus de bagarres.
Massacrez-vous si vous voulez.
Mais pas dans mon secteur. Des questions?
Voudriez-vous traduire ça en espagnol?
Emmène tes "amis" hors d'ici, Bernardo.
Et restez en dehors.
S'il vous plaît.
C'est bon, les Requins...
Bon sang... comme si ce quartier n'était pas assez moche.
Maintenant, vous les gars, tàchez d'être raisonnables, hein?
Tenez-vous tranquilles, avant qu'on me recolle à la circulation.
Et la circulation, j'aime pas ça.
Alors tàchez d'être gentils avec les Portoricains.
J'ai dit gentils. Vous pigez?
Si je reprends l'un de vous à se bagarrer dans mon secteur,
je me charge de vous rosser et de vous envoyer au trou.
Dites au revoir à ces charmants garçons.
Au revoir, les gars.
Le trou... rien que ça.
La rue ne vous appartient pas.
- Allez au parc. - Marchez pas sur la pelouse.
- Pas dans la maison. - Pas dans l'immeuble.
Une bande qui n'est pas maîtresse d'une rue n'est rien.
Mais elle est à nous.
En route, les gars.
- Pas toi, Anybodys. - Laisse-moi entrer dans la bande.
Enfin, regarde-moi. Je suis une tueuse. Je veux me battre.
Aucun mec ne la toucherait, autrement.
- Fumier. - Retourne dans la rue, môme.
Allez.
On a eu assez de mal à régner sur ce coin. On ne va pas y renoncer.
Deux autres bandes ont essayé de nous virer... on les a vidées.
- Les Portoricains, c'est pas pareil. - Ils reviennent.
- Ferme les fenêtres. - Ils mangent notre pain.
Au secours! Je me noie dans le tamale.
T'as entendu ce que disait Schrank. Faut être gentils avec les Portoricains, sinon...
Faut les laisser entrer chez nous, sinon...
Non. Pour sûr...
Qu'est-ce qu'on va faire, les gars?
Je vais vous le dire. Faut agir, et vivement.
Faut liquider ces Requins une fois pour toutes,
pour qu'on ne les revoie plus dans notre coin.
Et on le fera en une seule peignée.
- La grande bagarre. - Du calme, Action.
Les Requins veulent à tout prix se rendre maîtres de ce coin.
C'est des vrais durs.
Ils pourraient réclamer des couteaux ou des pétards.
Je ne dis pas qu'ils en auront, Baby John,
mais ils pourraient en avoir.
Aussi faut qu'on se prépare.
Qu'en dites-vous, les Jets?
- Je dis allons-y. - Je dis baston.
- Démolissons-les. - Rossons-les.
- Mais s'ils ont des couteaux ou des feux? - Si on laissait tomber?
Et toi, qu'en dis-tu, Riff?
Je dis que ce coin est petit, mais c'est tout ce que nous avons.
On va le tenir comme on l'a toujours tenu: avec nos poings.
Mais s'ils parlent couteaux, je dirai couteaux.
S'ils parlent pétards, je dirai pétards.
Je veux que les Jets soient les caïds.
- Sur la terre, sur l'eau et dans les airs. - On va mettre les gaz.
D'accord, les gars. On va se bagarrer.
On va faire un conseil de guerre pour tout mettre au point.
Je vais annoncer la mauvaise nouvelle à Bernardo.
- Emmène un lieutenant. - Moi.
- Tony. - On n'a pas besoin de Tony.
Si. Il a une réputation plus grande que tout le West Side.
- Il n'est plus avec nous. - La ferme, Action.
- Moi et Tony, on a créé les Jets. - Où il est?
- Pourquoi il fait ce boulot nul? - Le patronage l'a perverti.
Une maladie... Ça lui passera.
Souviens-toi de ce qu'il a mis aux Émeraudes.
- Il m'a déjà sauvé la peau. - Et il le refera.
Il s'est toujours dévoué pour nous, il le fera encore.
Quand on est un Jet, on l'est pour très longtemps
De la première cigarette au jour de l'enterrement
Quand on est un Jet, qu'on fasse ce qu'on voudra
On se sent entouré, la famille ne manque pas
On n'est pas làché, jamais on n'est isolé
Parmi vos copains, si on est attaqué, on est protégé
Quand on devient un Jet avec un grand J
On ne l'oublie pas, c'est pour la vie
Quand on est un Jet, on reste un Jet
Je connais Tony. On peut compter sur lui.
- Il faut y aller. - Où trouveras-tu Bernardo?
- Au dancing, ce soir. - C'est en terrain neutre.
A-rab, je me bornerai à lui lancer le défi.
Fringuez-vous. Vous nous retrouverez Tony et moi, au bal, à 10 h.
- Et marchez bien droit. - Comme toujours.
- On est les Jets. - On est les meilleurs.
Quand on est un Jet, on est le roi du pavé
et le champion des compétitions.
Quand on est un Jet, on triomphe au combat
Petit gars te voilà un homme, petit homme te voilà roi
Les Jets font du chemin, avec eux, ça gaze bien
Ils font reculer les Requins car les Portoricains les craignent bien
Les Jets s'amènent à fond de train
Qui est sur leur chemin ne se sent pas très bien
Les Jets s'amènent - pauvres mecs, cachez-vous
disparaissez sous terre, tirez-vous, planquez-vous
Nous marquons les bornes, ne les franchissez pas
Lisez l'écriteau: Défense absolue d'entrer
C'est pas du chiqué
Voici les Jets, prêts à éjecter les autres bandes du quartier
Nous les Jets, on est les caïds du quartier.
- Tony, tu ne m'écoutes pas. - Je te reçois 5 sur 5, Riff.
Alors réponds.
J'ai peur de te vexer, tu es mon meilleur ami.
Toujours copains?
À la vie, à la mort.
Alors faut que tu viennes au dancing ce soir.
Allons, Tony, dis oui.
As-tu jamais pensé au nombre de bulles dans une bouteille de soda?
- Tony, c'est important. - Tout est important, Riff.
Toi, moi, le brave type pour qui je travaille.
Les Requins deviennent menaçants. Si on ne les contre pas...
- Tiens. Gagne un peu ta vie... - C'est la meilleure.
4 ans que je vis avec un pote et sa famille. Moi qui croyais bien le comprendre.
Ça, je peux dire que tu me déçois.
Mets fin à tes souffrances. Prends tes affaires et déménage.
Ta mère en pince pour moi.
Non. C'est parce que je n'aime pas vivre avec mon oncle, un ràleur.
C'est bon. Va jouer avec les Jets.
Pourquoi pas? Ce sont les caïds.
Ils l'étaient.
Quoi? Tu as trouvé mieux?
Non, pas encore, mais...
Mais quoi?
Tu ne pourrais pas piger.
Dis-moi.
Dis-le-moi, Tony.
Chaque nuit, depuis un mois,
je m'éveille et je tends les mains...
- Vers quoi? - Je ne sais pas.
Une fille?
C'est là, tout près, derrière la porte.
- Mais ça vient. - Quoi donc?
Je ne sais pas.
Ça me transporte, comme quand j'étais un Jet.
À la bonne heure. Sans la bande, tu es orphelin.
Avec la bande, tu te sens multiplié par 2, 3, 4.
Quand on est un Jet, on s'épanouit, mon vieux.
Ça suffit comme ça.
Tony, regarde-moi.
Je te regarde.
Jusqu'ici je ne t'ai jamais rien demandé, pas vrai?
Mais à présent, je te demande de venir au dancing, ce soir.
- Faut que je nettoie ici... - Tu nettoieras après le bal.
J'ai déjà dit aux gars que tu viendrais.
Si tu viens pas, je passerai pour un tocard.
- À quelle heure? - Dix heures.
Pour moi, Tony. Pour Riff.
D'accord, 10 h.
- À la vie à la mort? - Oui. Mais je vais le regretter.
Qui sait? Ce que tu attends sera peut-être au bal.
Oui, qui sait?
Qui sait?
Peut-être
Qui sait?
Quelque chose va arriver, bientôt je le saurai
Je le verrai
Du haut du ciel, un météore prêt à foncer
Étinceler, m'émerveiller
Qui sait?
Peut-être est-ce déjà tout près, dans le quartier, sur les quais
Dans la forêt
Car je sens qu'un miracle va arriver, se révéler
Me transformer
Se peut-il?
Pourquoi non
Même, quelque chose de bon
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