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CENDRES ET DIAMANT
Scénario
Avec
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Musique
Réalisé par
- Comment s'appelle ce mec ? - Szczuka.
- Qui est-ce ? - Le secrétaire régional du Parti.
- Monsieur, s'il vous plaît... - File !
Ouvrez-moi la porte de la chapelle.
C'est fermé.
Va-t'en ! Maciek !
- Quoi ? - Ils arrivent.
Maciek !
Tu peux pas savoir comme j'étais impatient !
- Dépêche-toi ! - Merde, des fourmis !
Sauve-toi !
Vite ! Dépêchez-vous, ils arrivent !
- Prends ses papiers ! - Il n'en a pas !
Doux Jésus ! Sauvons-nous !
Attends !
- Que s'est-il passé ? - On a tué deux des nôtres.
Smolarski. Militant syndical à la cimenterie.
- Et l'autre ? - De la cimenterie aussi. Gawlik.
Il avait 20 ans.
Il venait de rentrer d'Allemagne. Du travail obligatoire.
Il est revenu pour trouver la mort.
C'est nous qui étions visés.
- Quoi ? - Oui.
Peu importe.
- Excusez, camarade... - Je m'appelle Szczuka.
Le secrétaire du parti qu'on nous a annoncé ?
- Oui. - J'ai une question.
On voudrait tous vous poser une question.
Combien de gens comme eux vont encore mourir ?
- Ce ne sont pas les premiers. - Ni les derniers.
- Vous avez peur ? - On veut vivre !
On a déjà eu trop de morts !
Smolarski a perdu deux fils : un en 1939, l'autre en 1943,
fusillé par les Allemands. Et maintenant lui...
Pourquoi ?
Qui l'a tué ?
Des Polonais ?
Ça va durer encore longtemps ?
Si je vous consolais comme des gosses, je serais un mauvais communiste.
Notre lutte n'est pas finie.
La lutte pour la Pologne, notre pays, ne fait que commencer.
Aujourd'hui, demain, après-demain... Nous risquons la mort.
On vous comprend...
Mais que va-t-on dire à sa femme ?
Que dirons-nous ?
Il m'est difficile d'en parler, camarades...
car ces balles étaient pour moi, et non pour ces deux-là.
Courage. Tant qu'on est vivant, il faut faire son devoir.
C'est ça qui importe. Il faut tenir bon.
Attention ! Communiqué spécial !
Aujourd'hui, le 8 mai 1945, sur les décombres de Berlin,
le haut commandement allemand
a signé l'acte de capitulation sans conditions.
Au nom du haut commandement allemand
l'acte de capitulation a été signé.
Par Keitel, Friedeburg et Stumpf.
Pour le Haut-Commandement de l'Armée rouge.
C'est le maréchal de l'URSS Zukow qui a apposé sa signature.
Eh bien, où est-il ?
Il devrait déjà être là.
- D'où viennent ses informations ? - De son patron.
- Qui est-ce ? - C'est le maire.
- Ce crétin est son secrétaire. - Il joue sur les deux tableaux ?
Je hais ce genre de combines.
Il est sûr, au moins ?
- Qu'est-ce qui est sûr ? - Pas mal ce char.
Les chars polonais se mettent en ordre de combat.
- Regarde ! - Salut, messieurs.
- Tu as eu un problème ? - Non, j'ai dû me changer.
- Tu te maries ? - Mais non...
J'ai tout un banquet à organiser.
- Donne-moi le sac. - Une très mauvaise image. Trop clair.
Andrzej, ne compte plus sur moi pour ce genre d'histoire.
Des tuyaux, d'accord. Mais des trucs pareils...
Arrête. Maciek !
- On s'en va. - Où ?
- Au banquet. - Tu rigoles ?
Je sais ce que je fais.
- C'est risqué. - Fiche-moi la paix.
Salut.
Bonsoir.
Qui vois-je ? Bonsoir.
- Qu'est-ce qui vous amène ? - Mes obligations.
Le banquet ? Vous cherchez le directeur Slomka ?
Vous le trouverez là-bas.
Prodigieux ! Je vous le dis.
Bonjour. Comment ça va ?
Monsieur le maire sera content.
Vous savez, monsieur Slomka, qu'il tient beaucoup à ce banquet.
Compris. La fin de la guerre. Un moment exceptionnel.
L'accès aux toilettes. C'est discret.
- Quoi de neuf, madame Jurgieluszka ? - Ça va, M. le directeur, c'est calme.
À le voir, ça a l'air pas mal.
Soyez sûr, monsieur le secrétaire, qu'au goût, ce sera encore meilleur.
- On y va. - Quelle belle fille.
Prenons un verre.
Bonsoir.
- Qu'avez-vous à nous offrir ? - Brandy ou vodka ?
Deux petites vodkas pures.
- Mademoiselle Krysia ! - Oui monsieur le rédacteur ?
- Krystyna, quel joli prénom. - Ne fais pas l'imbécile.
- Jamais de la vie. - Bois, et on s'en va.
Deux grandes vodkas pures et deux sodas.
J'aime bien ce bar.
À quelle heure vous fermez ?
À 3h.
- Vous aimez les violettes ? - Beaucoup.
Moi aussi !
Maciek !
- Tu as vu ? - Quoi ?
- On dirait des Varsoviennes. - Reste ici, si tu veux...
- Facile à dire. - Personne ne t'attend, que je sache.
C'est pour cela qu'il ne faut pas rester.
- Je ne comprends pas. - Moi non plus.
C'est sans doute monsieur.
J'y vais...
Allô ?
Oui. Staniewicz.
Ne quittez pas.
Monsieur le major ? Téléphone.
Allô ?
C'est Andrzej.
Je voulais vous informer que tout est réglé.
Tout s'est bien passé. Oui.
Non, pas de problème.
Oui.
Vous avez une chambre pour le camarade Szczuka ?
Réservée par le comité du parti.
Oui, bien sûr. La chambre 18, au premier.
Oui.
Une seconde.
Allô ?
Qu'y a-t-il ? Vous dormez ?
Je ne comprends pas.
Vous avez échoué ?
Maintenant c'est clair.
Tant pis. D'accord, venez tout de suite !
- Avez-vous des cigarettes ? - Américaines, hongroises ?
- Des américaines. - S'il vous plaît.
Merci.
Attends-moi au bar.
Je m'attendais à autre chose...
- Vous connaissez les Staniewicz ? - Oui.
- Ils habitent encore au même endroit ? - Oui, pas loin d'ici.
Ils ont le téléphone. Je vous le donne ?
S'il vous plaît.
Merci.
Voici leur numéro : 12-14.
Voilà votre clé.
À quelle heure commence ce banquet ? À 23h ?
Oui. L'auto vous attendra.
Oui, monsieur ?
- Pour l'instant, des cigarettes. - Américaines, hongroises ?
Des hongroises, elles sont plus fortes. Merci beaucoup.
- S'il vous plaît. - Pour la monnaie...
Gardez, gardez... Tenez, vous fumez ?
Non, merci... C'est trop fort pour moi.
- La toux, l'âge... - Quel âge avez-vous ?
- 60 ans... - Non, j'aurais dit 50, maximum !
Vous êtes très gentil.
- Vous êtes seul ? - Pour le moment.
Une blonde ?
Mettons...
On a toujours des ennuis avec les chambres à deux lits.
Donnez-m'en une à un lit. Plus on est serré, mieux c'est.
- Vous êtes de Varsovie ? - Oui.
Moi aussi. Je travaillais à l'Hôtel Savoy.
- Rue Nowy Swiat ? - Oui, oui...
Il m'a manqué 2 mois pour avoir 25 ans de travail.
- Vous étiez là pendant l'Insurrection ? - Dans le Centre. Jusqu'à la fin.
Moi, dans le Centre, puis à la Vieille Ville...
Sans notre Varsovie... on n'est plus les mêmes...
Elle me manque comme pas possible.
Des châtaigniers fleurissent déjà dans les Allées et au Parc Ujazdowski.
Ils fleurissent, vous dites...
J'allais vous mettre au troisième, mais il y a des punaises.
Prenez la chambre 17, au premier.
Vous la méritez. Entre Varsoviens, il faut se serrer les coudes.
- Vos bagages ? - C'est tout ce que j'ai.
- C'est pas grand-chose... - J'en ai eu encore moins.
S'il vous plaît...
- Votre carte d'identité. - Allemande ?
- Maciek Chelmicki. - C'est ça.
Né à Varsovie, en 1921.
- Profession : ouvrier ? - Un truc pour les Schleus. Étudiant !
Merci.
Pourquoi tu chiales ? On t'a engueulé, en cuisine ?
Ils sont jaloux.
- Quoi ? - Stasiek assassiné !
- Ils l'ont fusillé, les salauds ! - Quel Stasiek ? Qui ?
Mon fiancé, Stasiek Gawlik !
Sales bandits ! Que Dieu les fasse crever !
- Assieds-toi ! Pourquoi on l'a tué ? - Je ne sais pas.
- C'est sûrement faux. - Non, c'est vrai.
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