The first 200 lines.
Ne pleure pas, je t'en prie. Ce n'est que pour deux ans.
- Vorobyev ! - Présent.
Va-t'en.
- Il est là, Ryabokon ? - Il est là. On le porte.
Il arrive.
L'ennemi ne passera pas.
- Il est temps de se dire au revoir. - C'est pour toi.
Mes frères, la frontière est fermée et la clé est dans notre poche.
Posez votre barda sur la table. Plus vite.
Montrez-moi vos sacs.
Bière, vodka et autres, sur la table.
C'est ta copine ? Tu l'as niquée une dernière fois, au moins ?
Quoi ? Elle n'a pas voulu ?
Allez, t'en fais pas.
Un tas de mecs ici sont prêts à s'occuper d'elle.
- C'est quoi ? - Des peintures.
Soldat, tu comptes peindre quoi là ? Les roues des tanks ?
Tu pourrais aussi prendre ton chevalet, l'artiste !
Joconde !
Suivant !
Tu crois qu'elle va t'attendre ?
Tu lui écriras des lettres pendant qu'elle se fera niquer.
Tu me cherches ? Qu'est-ce que je t'ai fait ?
Enfin t'as retrouvé ta voix ! Tu veux me casser la gueule ? Viens.
Viens, connard !
Relax, mec. Je vais faire de toi un soldat.
Tu connais la règle n° 1 à l'armée ?
Supporter les difficultés et les privations de la vie militaire.
Pourquoi tu portes un costume ? Tu te crois en vacances ?
- C'est tout ce que j'ai. - On échange ?
Je te file mes fringues et des clopes en plus.
Ça change rien pour toi. Et moi, je sors en ville avec des nanas.
La belle vie, quoi.
Mieux que ça. La vie de soldat est un rêve et j'ai pas envie de me réveiller.
Alors, t'es d'accord ?
- Bien sûr que je suis d'accord. - Génial.
- Vire-moi ce drap. - Bien sûr.
- Un joli rêve, tu disais ? - Ouais.
- Qu'est-ce que tu fous ? - Restez là, connards.
Bougez pas, j'ai dit !
- Qu'est-ce que tu fous ? - Du calme.
- Arrête ! - Privations et difficultés, hein ?
C'est ça ?
C'est ça ?
Tu finiras ta coupe tout seul.
- Les gars, c'est bien la 6e unité ? - Où tu vas, Rambo ? Casse-toi.
Du calme, Chugun. Comment tu t'appelles ?
Volodya Vorobyev.
Lyutaev Oleg.
On m'appelle Lyutyi. Et voici Ruslan, Joconde.
- Stas. Seryi. - Enchanté.
Ryaba.
Chugun.
C'est tout.
Dégage, mec.
- Assieds-toi, Moineau. - Et après, Ryaba ?
Je me réveille le matin. J'ai la tête qui va exploser.
Je tente d'ouvrir les yeux et je regarde autour de moi.
Où je suis ? Comment je suis arrivé là ?
Une meuf est assise à côté de moi, elle sourit. Elle est à poil !
Son père se penche sur moi, comme sur un cercueil.
"Mon gars, t'es dans la merde. Elle a pas encore 18 ans."
"T'as le choix : l'église ou la prison."
La pétasse, elle cache sa poitrine, les yeux rivés au sol. L'air de rien.
En plus, elle était moche comme un pou.
Et j'ai dit non, mon petit père.
Je préfère qu'un tank me passe dessus plutôt qu'elle.
Et je me suis tiré vite fait.
Pour moi, c'était ici ou la taule.
Je me suis marié hier. Mariage et adieux en même temps.
Félicitations !
Bien joué, mec.
Elle me dit : "Maintenant on peut le faire, je suis ta femme".
Je suis pas con. Je la dépucelle et je me casse pour deux ans ?
Elle pleurnichait, parce que je voulais pas toucher ma femme.
Quand je rentre, je verrai bien. Si elle m'a trompé, je la tue.
Et je suis parti.
Là, c'est lui ! Avec le costume.
Un problème, connard ?
Du calme. On se calme.
Et toi, tu la fermes, crétin. Ils vont en Afghanistan.
Allez, viens, connard.
Hé ! Tu viens d'où ?
- De Grozny. - Où ?
Grozny.
De Grozny. On t'appellera Pinochet.
- Quoi ? - Pinochet.
- Pourquoi Pinochet ? - Je sais pas. Pourquoi pas ?
C'est lui qu'on attend ?
Quelle gueule.
Vous venez d'où, bande de clowns ?
De Sibérie, mon Commandant.
Ce sera Instructeur Chef Dygalo.
Quoi ?
Vous avez de la merde dans les oreilles ? Allez, debout !
Levez-vous ! En rang, plus vite que ça.
Mettez vos bonnets.
En rang. Je veux une seule file.
Personne n'est aveugle. Ces montagnes, c'est chez nous.
Au-delà, c'est l'Afghanistan.
Et pour que vous ne vous fassiez pas tuer le jour même de votre arrivée,
je serai sur votre dos pendant 3 mois, 24 heures sur 24.
À compter de cet instant.
Des questions ?
Pas de questions. Droite.
Suivez-moi au camp.
En avant.
Quand je donne l'ordre d'avancer, vous pliez le coude. En avant !
- Nom ? - Soldat Ryabokon.
- Nom ? - Soldat Chugainov.
La ceinture, c'est pas fait pour tenir les couilles.
- Nom ? - Soldat Bekbulatov.
- N... ? - Soldat Stasenko.
Soldat Petrovsky.
- C'est toi, le peintre ? - C'est moi, Chef.
Qu'est-ce que tu fous ici, mon gars ?
Tu serais mieux chez toi à dessiner des meufs à poil et des fleurs.
Si je puis me permettre, Chef, selon Freud,
l'art serait la sublimation des instincts inconscients.
Y compris l'instinct de violence.
Mais vous pouvez ne pas être d'accord.
La science soviétique ne reconnaît pas la doctrine bourgeoise de Freud.
Petit intello.
Désolé. Vous m'aiderez à me corriger, Chef.
Règle n° 1 :
un para reste toujours sur ses gardes.
Très bien. Nom ?
Soldat Lyutaev.
Règle n° 2 :
seul son supérieur est plus intelligent que le Chef.
Oubliez qui vous étiez dans le civil et ce que vous savez.
Retenez ça, bande de clowns.
Ici, vous n'êtes ni bons ni mauvais.
Ni intelligents ni stupides, ni artistes. Ici, vous n'êtes rien.
Vous n'êtes même pas des êtres humains. Ici, vous êtes de la merde !
Je vais faire de vous des soldats. À la force des poings.
- C'est clair ? - Oui, Chef.
- J'ai rien entendu. - Oui, Chef.
- Plus fort ! - Oui, Chef.
Remplissez vos sacs.
Chef, la première unité a un équipement plus léger.
Tu vas pas pique-niquer avec ta copine.
Ici, plus vous emportez de munitions, plus vous avez de chances de survivre.
Votre mission est de faire reculer l'ennemi.
Investissez les hauteurs, mettez-vous à l'abri et faites-moi un rapport.
Chef, la 2e unité est prête à partir en mission.
En rang.
En avant, marche.
La mission a échoué.
Vous êtes tous morts. Toi, toi et toi !
Juste un tas de viande fraîche à fourrer dans un cercueil.
Le convoi qui passe par ici tombe dans une embuscade.
Vous imaginez s'il y avait une mitrailleuse sur ces hauteurs ?
Hein ! Vous avez entendu ?
Mettez vos casques, bande de cadavres. Les morts ne se reposent pas.
Descendez-moi ça au pas de course.
Vivement qu'on soit en Afghanistan.
- Moineau. - Qu'est-ce que tu me veux ?
- Viens me tenir la bite. Je dois pisser. - C'est trop lourd pour lui.
Regarde. Salut, Blanche-Neige.
Viens nous voir, Blanche-Neige.
Viens par ici.
- Allez, viens, Blanche-Neige. - N'aie pas peur.
- Je vais bander toute la nuit. - C'est qui ?
D'où tu sors ? C'est Blanche-Neige, la fille de l'infirmière.
Toute l'armée lui est passée dessus. La moitié de l'Afghanistan l'a sautée.
T'as rien à faire, elle baise comme une bête.
- Comment ça s'appelle, cette maladie ? - C'est bon, doc'.
- Tu pourrais pas m'arranger un coup ? - Arranger quoi ?
Elle est comme les Kalachnikov, toujours prête à l'emploi.
Faut juste passer les deux postes de garde.
Laissez tomber. C'est un coup foireux.
Les autres l'ont baisée avant de rentrer. Le pire, c'est l'Afghanistan.
Nous, on a encore trois mois à tirer.
Si tu te fais choper, t'es mort.
Dis-moi, Lyutyi.
Tu te la taperais après qu'elle s'est fait 40 mecs ?
- Pas toi ? - Non.
Je préfère crever de faim que d'avoir les restes des autres.
Sérieux ? Moi, j'ai déjà crevé de faim.
T'as déjà eu tellement faim que tu ne peux pas dormir ?
C'est des conneries.
On mangeait trois cuillères de colle et on faisait les poubelles.
Pour récupérer ce que les mecs comme toi avaient laissé au resto.
Tu piges ?
J'aurai jamais mieux que des salopes du genre.
Ça va, les gars.
Quand t'auras touché une femme, tu pourras parler.
- Tais-toi. - Non, je me tais pas.
Tu me fais pas chier et je t'emmerde pas.
"Les restes des autres" ! Elle vaut mieux que les pétasses que tu te tapes.
Ouvre encore ta gueule et je te fais mordre la poussière.
Qu'est-ce qu'un para soviétique ?
C'est la puissance, la gloire et la fierté des forces armées soviétiques.
Qu'est-ce qu'un para soviétique ?
Le para soviétique est un modèle que tous les civils envient.
Et qu'êtes-vous ?
Nous sommes la honte du bataillon et la vôtre en particulier.
Écoutez.
C'est qu'un con.
No comments yet. Be the first to leave one.