The first 188 lines.
L'Oeuf
Allo? Allo Yusuf?
J'appelle de Tire. Il faut absolument que vous appeliez chez vous...
- Excusez-moi, nous sommes fermés... - Salut.
Un bouquiniste ouvert à cette heure, je ne m'y attendais pas...
Vous cherchiez?
Je vais à une soirée, je voudrais apporter un cadeau, puis je jette un œil aux livres?
Ça pourrait être un livre de cuisine par exemple...
Ça devrait être là en-bas à droite.
C'est sorti du livre, quelqu'un a dû les oublier.
- Des recettes de cuisine. - Vous pouvez les garder.
- Non merci... Il fait combien ce livre? - C'est écrit au dos...
Et si je laisse ce vin en échange, ça va?
D'accord.
- Merci, bonne soirée... - A vous aussi...
Mes condoléances...
Yusuf, mon fils, bienvenue. N'aie pas de chagrin! La mort est notre lot à tous...
Que peut-on y faire? Telle est la volonté de Dieu tout-puissant!
Qu'Allah octroie longue vie à ceux qui restent!
Mes condoléances...
Mes condoléances...
- Mes condoléances, mon fils. - Merci.
Tu as de l'eau? Allez, apportes-en.
- Bonjour. - Bienvenue.
- Les cheveux ou la barbe? - La barbe.
Bien.
- Le thé est chaud, vous en prendrez? - D'accord.
- Merci. - Du sucre?
Oui merci.
Si vous avez faim, il y a de quoi manger. Les voisins ont tout apporté.
Ils sont si galant.
J'ai accroché votre veste dans la chambre...
Il y a des serviettes propres dans la salle de bain.
- Bon appétit. - Merci.
- Il y a des coings, vous en voulez? - Non, merci.
- Assieds-toi, je t'en prie... - D'accord.
Ils les ont apportés de Bulgurca. Les coings sont abondants cette année.
- Les jardins y existent toujours? - Oui.
Oui, nous y sommes allés à la Saint George.
On avait de la famille là-bas.
Chez Tante Keriman...
Oui, on les a vues aussi...
- Comment vont-elles? - Elles ont beaucoup vieilli...
- C'est Grand-maman? - Oui.
- Ça, c'est votre père... - Mon père a fleuri...
- Et ça, c'est l'Oncle Necih, n'est-ce pas? - Oui.
Ils hantent encore mes rêves...
- Tu n'as pas peur, toi? - Ce sont des fleurs...
- Ma mère leur parlait toujours... - Oui.
- Oui, elle leur confiait ses peines. - Et toi?
Parfois...
- Et ça, c'est qui, au milieu? - C'est l'Oncle Rahmi...
- L'Oncle Rahmi est mort? - Vous n'êtes pas au courant?
Ça fait plus de quatre ans.
- Et toi, tu es quoi par rapport à l'Oncle Rahmi? - Je suis sa petite fille...
- Sa petite fille... Oui... - Ayla.
- Ayla. - Oui.
- Je vais servir du thé. - D'accord.
Merci.
Ayla, merci beaucoup. Pour avoir pris soin de ma mère.
- Je dois rentrer à Istanbul demain. - Je...
- Oui. - La Mère Zehra, avant de mourir...
...a fait voeu de faire un sacrifice à Birgi...
En fait... Demain, vous devez l'accomplir...
Un sacrifice?
Il faut que vous sacrifiiez un bélier...
Je vais te donner ce qu'il faut et tu t'en occuperas.
Mais il faut que ce soit vous qui l'accomplissiez...
- Moi, je ne peux pas sacrifier de bélier. - Pourquoi pas?
Ça ne vous prendrait que quelques heures.
Je ne crois pas à ces choses-là.
C'était une promesse de votre mère.
Considérez cela comme une ette envers la mère Zehra.
Vous n'avez pas d'égard pour sa mémoire?
D'accord, je viendrai cet été, nous règlerons cela à ce moment-là...
C'est à vous de voir...
Le lait! Le lait!
Le lait! Le lait!
J'en prendrai deux litres.
Pris-le. Allez, entre.
- Tu as rendu sa casserole à Madame Asiye? - Oui.
- Tu es passé chez Emine? - Oui.
Regarde un peu si la poule a pondu?
Non!
Non!
Non!
- Il n'y a pas d'œufs. - Regarde bien.
Non!
- Garde-les. - Tiens.
- Vous avez mal au dos? - Ça va passer.
- C'est à cause du lit? - Non. C'est parce que je suis trop fatigué.
Ah, mon dieu.
- Vous voulez du lait? - Non, il faut que je sorte.
Il y a les biens de la Mère Zehra, il faut que je vous les remette.
Je ne pars pas maintenant, j'ai des choses à faire au village.
Le passage que vous venez de lire est tiré d'un roman de Steinbeck intitulé La Perle.
Seule une infime partie des événements survenant à Kino nous est présentée.
En lisant toute l'œuvre, vous verrez que les péripéties découlent d'une seule.
Que des personnages très variés évoluent tous...
...dans un même espace et au même moment.
- Oui? - Monsieur l'Avocat est là?
Il est à Izmir pour affaires. Est-ce que je peux vous aider?
- Il reviendra aujourd'hui? - Pas aujourd'hui, demain.
- Alors je repasserai demain. - Monsieur Yusuf...
Si vous avez une affaire de succession à régler, je peux rédiger une déclaration.
- Et tu es... - Mehmet, le fils de Muharrem Yilmaz.
Je vous sers du thé?
Puis-je avoir votre pièce d'identité?
Non, pas le permis de conduire... Il faut une carte d'identité.
Je ne l'ai pas sur moi...
- Il faut le numéro de carte d'identité. - Qu'est-ce que je peux faire?
Vous ne pouvez pas vous en faire faxer une copie?
D'accord...
- Je n'ai pas de réseau ici. - On est dans un renfoncement.
- Essayez dans la cour. - D'accord.
Allo? Comment ça va? Pas mal.
Je suis à Tire. Ma mère vient de mourir. Merci.
Non, je vais revenir. Elle est déjà enterrée.
Mais j'ai des affaires à règler. C'est pour cela que j'appelle.
Tu peux passer par le magasin?
Ma carte d'identité est dans le tiroir de la table.
Je vais te donner un numéro, tu peux m'en faxer une copie?
D'accord, merci.
Qu'est-ce qui t'est arrivé mon garçon? Tu es tombé?
Sens de l'oignon, mon fils. Réveille- Toi, allez, réveille-toi.
Qu'est-ce qui t'es arrivé... Tu es tombé... Tu as mal quelque part?
Allez, assied-toi. Redresse toi.
Qu'est-ce qui t'es arrivé? Tu souffres?
Allez, je vais t'aider.
Lentement.
Assieds-toi là, je vais te donner de l'eau.
Doucement.
Allez.
Allez.
Je vais te donner de l'eau.
Doucement. Doucement.
Je vais te donner de l'eau.
Tu vas revenir à toi.
Tu vas te sentir mieux.
Tu as mal quelque part? Tu es tombé là-bas.
Qui a récité Sala, la prière accompagnant les obsèques?
Il n'y a pas eu de prière accompagnant les obsèques, fils. C'est donnée le matin.
Là, ce n'est pas le moment.
C'est venu de par- Là.
Je n'ai pas fait attention de quelle mosquée c'est venu...
...mais le soir il n'y a pas vraiment de prière accompagnant les obsèques.
D'ici, on voit tout!
- Regarde là- Bas, derrière ce grand arbre... - C'est notre maison.
Oui.
Le bâtiment peint en bleu à côté de cette mosquée là-bas, c'était notre lycée.
D'ici, tu peux voir qui tu veux.
Asseyons-nous un peu.
- Comment vont tes cours? - Ça va bien.
Le dernier examen s'est bien passé. J'espére que ça se passe mieux cette année.
Espérons. Si tu réussis, tu iras à l'université?
- Bien sûr que j'irai. - Où par exemple?
- A Istanbul, à Izmir, où je serais accepté. - Loin quoi.
Très loin.
Qu'est-ce que tu penses de moi?
Qu'est-ce que tu veux que je pense?
Tu es quelqu'un de bien. Et puis j'ai confiance en toi.
- C'est tout. - Seulement quelqu'un de bien pour toi?
Qu'est-ce que tu veux que je te dise?
- Ayla, je suis sérieux. - Moi aussi je suis sérieuse.
Allons- Y.
Il est arrivé en début de soirée. Il dort encore.
Il va probablement dormir jusqu'à demain matin.
Raconte un peu. Qu'est- Ce que tu fais? Comment ça va à l'école?
Ça va très bien. Tout se passe comme je veux.
Tu connais Asli? Nous partageons la même chambre.
Tu as beaucoup de chance. Elle aussi a de la chance.
J'espère que toi aussi tu auras ton examen et que tu viendras aussi.
Je travaille, je fais de mon mieux.
Bien sûr, ne néglige pas tes cours.
Tante Zehra aussi voulait que tu étudies.
Il n'y a personne?
Ta mère Zehra était quelqu'un de très bien. Notre fille Ayla est maintenant seule.
Yusuf! Yusuf!
Cevdet, comment ça va?
- Comment vas-tu? - Comment vas-tu Yusuf?
Merci.
- Toutes mes condoléances. - Merci.
- Tu n'as pas changé Yusuf. - Toi non plus.
- Viens donc. Prenons une bière. - Mais je vais à Istanbul là...
Rien ne vaut une mère, Yusuf, tu verras...
- Comment ça va au magasin? - Pareil... Ni plus grand ni plus petit.
Tu connais la situation à Tire.
- Tu revois qui? - Demande plutôt qui est resté.
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