The Lovemakers

The Lovemakers (La viaccia)

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La Viaccia 1961 1080p BluRay x265 HEVC FLAC DUAL-SARTRE
A Commentary by Sartre

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BluRay
1080
x265
HEVC
Published on: 2022-07-31
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The first 200 lines.

Musique sombre

- Raconte-moi une histoire. - Gaie ou triste ?

- Gaie si possible. - Il était une fois un cimetiêre...

FLORENCE - 1885

Ghigo !

Un chien aboie.

Ghigo !

Je vois que vous êtes tous venus.

On n'attend plus que Nando. C'est très bien.

C'est pas la peine de larmoyer. Je suis pas encore mort.

J'ai enterré cinq de mes fils et mes trois femmes,

la fine fleur du pays.

Surtout les femmes qui vous ont enfantés.

Vous êtes venus avec l'idée de vous partager la terre,

une fois que je serai mort, hein ?

Ah, Stefano !

Le souffle commence à me manquer.

Dis-leur à tous ce que j'ai décidé.

Le père vous a fait demander pour vous rappeler

que la Viaccia a toujours appartenu aux Casamonti.

Il a fait cette terre, l'a retournée avec ses ongles,

y a dépensé de l'argent, du sang, de la sueur pendant toute sa vie,

depuis le temps où les maîtres portaient desjabots.

Son domaine ne doit être ni partagé, ni vendu.

Jamais. C'est ça, sa volonté.

C'est pour ça qu'il vous a appelés.

Le père va vous faire signer à tous un papier

où il est écrit que chacun de vous renonce à sa part

et que je suis le seul héritier.

Et si quelqu'un a quelque chose à redire,

je me lève, et d'un coup de poing,

je l'étends par terre.

Mais il faut attendre Nando.

Tais-toi, tu entends...

La terre reste à Stefano

et à sa descendance. Stefano, va chercher ton fils.

Je te l'amène. Il ne doit pas être loin.

Je vais l'appeler.

- Tu l'as trouvé ? - Non.

N'abuse pas trop de tes poings.

Amerigo ne se laisse pas mater comme le vieux vous a matés.

Aboiements

Ghigo !

Musique douce

- Ah, voilà Ferdinando ! - On va pouvoir s'expliquer.

- Enfin, te voilà Nando. - Bonjour Stefano.

- On t'attend depuis hier soir. - Bonjour Nando.

Il faut aussi que je compte avec celui-là.

Je sais que vous m'attendiez hier soir,

mais malheureusement, j'ai eu cette nuit une petite attaque.

Alors, comment il va ? Je sais qu'il est encore...

Oui, il est encore vivant.

Mais avant qu'il y passe, il doit oublier certaines choses.

Ferdinando, y a rien de vraiment écrit.

Non, mais c'est comme si ça y était.

- Et où sont les témoins ? - J'en vois pas.

- Explique-lui. - On veut nous dépouiller, Nando.

Allons, du calme. Asseyons-nous.

C'est la faute de personne. C'est la volonté du grand-père.

Tu lui en feras pas démordre.

C'est la justice, tu le comprendras.

La justice ? Le laisser mourir sans appeler un prêtre.

C'est aussi sa volonté.

C'est la sienne ou la tienne ?

Si on raisonnait un peu. Nous sommes frères, oui ou non ?

On doit pouvoir s'entendre. On n'est pas là pour se disputer.

Ah, te voilà Ghigo !

Bonjour.

Hm... J'ai l'impression que Ghigo te donne du mal.

On verra ça plus tard.

Musique sombre

Va vite me faire chauffer une autre brique.

Allez, dépêche-toi.

Où étais-tu fourré, idiot ?

J'étais aux champs.

À quoi faire ?

La vigne n'a pas besoin d'être piochée.

- Y a trop de monde ici. - Ah... du monde ?

Des pourceaux, tous tant qu'ils sont !

Approche-toi.

Je suis pas contagieux : je meurs de vieillesse.

Viens ici, je te dis.

Je te fais peur maintenant parce que je vais mourir ?

Tu m'as jamais fait peur.

Maintenant, si.

Ça me plaît pas de te voir mourir. Ni toi,

ni personne.

Ghigo, il faut t'habituer à ça.

Chez nous, chez les Casamonti,

on n'attache pas d'importance à la mort.

On meurt quand l'heure est arrivée,

quand on s'arrête subitement comme une horloge,

quand on n'est plus bons ni à travailler,

ni à flanquer des coups aux gens.

Fais bien attention.

Quand j'aurai plus ma connaissance,

qu'ils m'amènent pas un curé pour m'asperger les pieds.

Et rappelle-toi :

de la cervelle...

et des poings.

Ton père, lui, il me ressemble.

Et il faut que tu me ressembles encore plus.

Encore plus.

Un jour ou l'autre, elle sera à toi, la Viaccia.

Elle sera à toi, tu m'entends ?

Comprends-moi bien... il faudra encore l'agrandir.

Et si un de ceux-là...

mettait des hommes de loi en travers de la route...

Cri étouffé

il expire.

Que croyez-vous que les Massai vous en offriront ?

Une misère. il est également certain que la volonté du père

de faire de Stefano son seul héritier relève de la fantaisie.

Ça n'a aucun fondement légal.

Explique-toi mieux. Arrête de tourner autour du pot.

Je suis en mesure d'acheter la Viaccia.

Ça permettrait à Stefano de rester ici

et au lieu des Massai, il m'aurait comme patron.

Je suis plus jeune,

je suis célibataire, j'ai pas d'enfants...

À ma mort, vous hériterez une deuxième fois de la Viaccia.

Oui, deux fois.

Maintenant, et plus tard.

Je suis d'accord, Nando.

- S'il le dit... - Nous, ça nous suffit.

Alors ?

Ça me va.

Tout s'arrange.

Plus tard, je vous donnerai une quote-part.

Nous irons chez le notaire.

Demain. Ou quand grand-père sera...

- C'est fini. Grand-père est mort. - Soupirs de dépit

Brouhaha discret

Ton Amerigo m'a l'air sympathique.

J'ai besoin d'un garçon qui me soit dévoué,

qui défende mes intérêts.

Tu n'auras qu'à me l'envoyer aussitôt que tu pourras.

Je lui fournirai le gîte et le couvert.

D'accord.

Maintenant, allons voir le vieux.

Pauvre pépère !

Je me souviens qu'une fois, lorsque j'étais enfant...

Cloches d'église

J'aurais jamais cru que ce serait moi qui le mettrais en terre.

Combien de fois on en a parlé ! Là, justement. Par-dessus

ce petit mur, il me disait :

"C'est avantageux que la Viaccia longe tout le cimetière.

"Les humeurs cheminent sous la terre

"et les ossements des morts engraissent mes champs."

Que dieu lui pardonne !

Maintenant, il engraisse sa propre terre.

Cloches d'église

Ghigo !

Viens.

Musique sombre

Pourquoi me regardes-tu comme ça ?

Même s'il voulait pas de curé, ça lui a pas fait de mal.

Ça l'a toujours rafraîchi.

Suis mes recommandations : sois sérieux.

Quand tu seras en repos, viens nous voir.

Oui, maman.

Ici, j'étais bien.

Je me plaisais.

Je serais allé avec plaisir en Amérique.

Aller à Florence, au fond d'une boutique,

je manquerai d'air.

Au revoir, Ghigo. Je t'envie d'aller habiter la ville.

Monte, dépêche-toi !

Je pars pas en Amérique. Florence, c'est à côté.

Au revoir.

Au revoir, mon enfant.

Musique sombre

Tu as vu ?

À ia mort du grand-père, on a failli être dépouillés.

L'oncle est malade. Il en a plus pour très longtemps.

Quand son heure viendra, il faut que la Viaccia nous revienne.

Écoute-moi au lieu de contempler le ciel.

Tu crois que tu as des ailes ?

C'est la dernière fois que je te répète tout ça.

Maintenant que le grand-père a été enterré,

que Nando est devenu le patron, tâche de le satisfaire.

S'il t'ordonne de te couper une main, sois prêt à te couper les deux.

Ouvre l'œil, mon garçon.

C'est pas la famille que nous avons à craindre,

mais la Beppa et son corniaud de garçon.

Depuis plus de 30 ans, elle est la maîtresse de Nando.

Elle l'était déjà du vivant de son mari.

Et elle a toujours prétendu que Gustavo était le fils de ton oncle.

Je parle pour rien.

Hé, Casamonti ! Vous allez à Florence ? On peut monter ?

Y a pas de place. Et mon cheval est fatigué.

Hue !

Ah...

Pourquoi tu l'as laissé ? Que t'a-t-il fait ?

Dis-moi, qu'y a-t-il ?

Il est pas intéressant. C'est un bon à rien, un bandit.

Et c'est pas une façon de parler.

Il n'a aucun désir de travailler.

Lui et d'autres veulent dépouiller les propriétaires

et prendre tous leurs biens.

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