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UN SPECTACLE ORIGINAL NETFLIX
Écoute...
Tu parles. T'arrêtes pas de parler.
Tu peux arrêter de parler ? Parfait. Alors voilà :
je te l'ai déjà dit et je vais pas le répéter.
Les tickets sont à la billetterie, Zac. Va à la billetterie.
OK ? Je ne te mens pas. C'est pas un piège.
Je sais tu viens avec une fille. Va à la billetterie.
Je...
Je veux plus en parler, OK ? Salut.
Amène-toi... Merde !
Bordel !
Hé...
Fais voir ton badge, mec. Tu sais pas lire ?
C'est écrit "VIP". T'as pas l'air très important du tout.
OK, tu m'attaques, là ? En fait, c'est mon spectacle.
- Donc... - Ton... ? Quoi ?
T'es qui ? Je sais même pas... Tu débarques comme ça.
Je suis Brent Morin. C'est...
- Qui ? - Brent Morin. C'est mon spectacle.
Il faut que j'entre.
Oh, il faut. "Il faut que je..."
Non, t'as pas de badge, donc tu rentres pas.
- C'est mon émission spéciale. - Je m'en fous.
Je m'en fous que tu sois spécial.
Non, je ne suis pas spécial. C'est mon émission spéciale,
ma première pour Netflix, je commence dans cinq minutes.
- Il faut que j'entre, imbécile. - Tu vas rien faire avec Netflix,
- ils ont fermé mon compte. - Il faut que j'entre.
D'accord.
Tu crois que je me fous de toi ? Je t'ai dit...
- Je t'ai dit... qu'il fallait un badge. - Tu viens de me gifler ?
- Alors, t'as un badge ? - J'en ai pas.
- C'est mon émission spéciale. - T'as un badge ?
Len, ça va. Lâche-le.
- Mec... - Il me cherche, Adam.
Je lui ai dit qu'il faut un badge.
Je t'ai déjà dit de pas étrangler les gens.
Relax. C'est Brent Morin. C'est son spectacle ce soir.
- Ça va. Il est avec moi. - Ça va ?
- Je suis désolé, mec. - Il est avec moi. C'est ma liste.
Je suis avec lui, on est là ensemble.
T'es avec lui ? Mec...
- Ça va, mec ? - Bien.
- T'en en forme mec. - Merci, mec.
- On ira boire un verre ? - Oui.
- Donne-lui un badge. - Oublie.
Oublie, laisse tomber.
- Nom de Dieu. T'as un badge ? - Un badge ?
C'est quoi, la salle de sport ? Je suis juste entré.
Oh, mon Dieu. Ce type me ressemble trop.
- OK. - T'attends une fille ?
Oui, Instagram. Ça pourrait être la bonne, ou pas.
Je sais pas. On s'en fout. J'ai réservé un siège au premier rang.
C'est top.
- Mec, profite. - Oui, c'est clair.
Ouais, je suis avec lui là. Salut, Brent ?
Je suis Laura, la régisseuse.
- Salut, Laura. - On commence dans trois minutes.
- Superbe. Merci. - OK ?
- Tu vas porter ça ? - Oui.
Vraiment ?
Ouais. Quoi ?
- Quoi ? - OK.
Il refuse de se changer.
- C'est quoi ce bordel ? - C'est son préféré.
- Tu ressembles à Drake. L'écoute pas. - Merci.
C'est des conneries. C'est ta soirée, OK ?
- Désolée. - Bordel de... "Désolée" ?
T'as pas l'air désolée.
Je l'ai dit, donc je le suis.
Brent, c'est T. Elle est cool, hein ?
Putain !
On a besoin de quelques minutes. Tu vas pas porter ce t-shirt, alors ?
T'es contente, maintenant. Mais merde ? C'est quoi ce truc ?
Je m'en fous de savoir qui c'est. Et merde !
Il perd ses cheveux.
Quoi ?
Bébé, c'est malpoli... et vrai.
Qu'est-ce que tu fous ici ? Pourquoi t'es pas avec maman et papa ?
Je l'ai déjà vu.
Brent, il y est temps d'y aller. C'est l'heure du spectacle.
OK. D'accord. Bien. Je dois y aller, OK ?
- Musique d'introduction ? - Commence avec Hall & Oates.
Qui ça intéresse ?
- Ouais. - Ils ont cinq chansons de ouf.
Dingues ! Toutes leurs chansons.
De quoi vous parlez ?
Non, je m'occupe pas de votre charabia, OK ?
Je dois y aller et je dois me changer,
et je peux même pas porter mon t-shirt Drake !
Et je te remercie, T. J'apprécie.
Ouais, continue de me regarder comme ça. Je... Putain !
Faites du bruit, continuez d'applaudir.
Applaudissez bien fort Brent Morin !
New York !
Ça aurait pas pu être mieux. C'était génial.
Merde. J'aimerais que toutes les filles qui m'ont rejeté soient là.
Ce serait génial.
Allez vous faire foutre.
J'allais dire un prénom, mais je me suis dit,
elle est peut-être là, et ce serait bizarre.
Je vais pas faire ça.
Ça alors. New York, New York !
Je viens de la côte est, du Connecticut, ne me jugez pas.
Tellement blanc. Tout le public est blanc.
Je viens de le réaliser.
C'est le public le plus blanc que j'aie vu de ma vie.
C'est le truc le plus mignon que j'aie jamais vu.
C'est genre, une émission d'M6 ici.
C'est ça mon public, ceux qui paient leurs impôts, personne de branché ?
Putain ! Il faut que je fasse un scandale.
OK, vos gueules. Écoutez. Désolé.
Il faut que je commence. OK.
D'accord, alors voilà. J'ai... OK, juste...
D'accord, vos gueules.
Récemment, une fille m'a quitté pour un magicien.
Pourquoi c'est drôle ?
Ça arrive.
Peut-être pas. À Poudlard peut-être.
Je sais pas si ça arrive en vrai. Mais ça m'est arrivé.
Déjà, on était pas en couple.
Je vous explique.
Je suis célibataire. J'aime être célibataire.
C'est cool. J'adore.
Quand t'es célibataire, y'a pas de dispute à gérer.
En général, on sors ensemble pendant un temps,
et on se sépare.
On se croise peut-être, et on a une demi conversation.
Genre : "Je sais ! Bonjour ! Au revoir !" Vous savez, ces conneries.
Donc je suis à une fête, je vois cette fille,
je pense qu'on va avoir cette conversation, vraiment.
Elle s'approche mais à la façon dont elle commence,
je réalise qu'on ne va pas avoir cette conversation.
Elle s'approche et voici la première chose qu'elle me dit : "Salut Brent.
Écoute, je voulais te parler..."
Chaque fois qu'une fille doit verbaliser un souffle, c'est genre...
Dès qu'elle a fait ça, mon cœur s'est emballé.
Ça vous est déjà arrivé ?
Comme quand t'es au lycée et t'appelles ta prof "maman" sans raison,
vous avez déjà fait ça ?
Je suis le seul à qui c'est arrivé ?
- "Salut Brent." - "Salut maman. Merde !"
- "Qu'est-ce que t'as dit ?" - "Ta gueule, Elliot ! Le dis à personne."
Donc mon cœur s'emballe et je suis à cette fête avec mes amis.
Ce que je veux dire par là c'est que je suis avec mes pires amis.
Ils entendent ce...
Comme un signal d'alarme et ils font : "Putain, venez.
Venez. Ça pourrait être une MST.
Elle pourrait parler d'une MST.
Ramenez toutes les jolies filles. Tout le monde, venez.
Faites qu'elle soit enceinte." Ils disent n'importe quoi.
Je suis assis, elle est là, mon cœur bat très fort,
amis et inconnus m'entourent et voilà ce qu'elle me dit :
"Écoute, la raison pour laquelle j'ai un peu
pris mes distances, est que...
en fait, j'ai commencé à sortir avec ce magicien."
Ça vous est déjà arrivé d'entendre un truc et de vous dire :
"Impossible que je vienne d'entendre ça."
Genre : "T'as dit orgie ?"
"Non, j'ai dit allons louer un DVD."
Personne ne fait plus ça, c'est un mauvais exemple,
mais vous voyez.
Plus de location. Netflix, ouais !
Donc elle dit : "Magicien."
Vous comprenez que je m'attendais évidemment pas à ça.
Donc je réplique : "Désolé, t'as dit quoi ?"
Mon ami s'approche et dit :
"Elle t'a quitté pour un magicien.
Elle l'a quitté pour un magicien.
Non, c'est pire qu'une MST. Dis-le à toutes tes amies.
Oui un magicien, genre un magicien de cirque."
Voilà mon problème.
Pourquoi dire magicien,
comme si c'était un job normal, comme si c'était réel ?
Autant dire marionnettiste.
Dis pas magicien, comme si la magie existait.
Personne va rentrer chez soi en volant.
Tu sors pas avec Dani Lary. Voilà mon problème :
y'a pas de magiciens de classe moyenne.
Je pense que soit t'es riche et célèbre, soit t'es pauvre avec un lapin.
Vraiment.
Tu verras pas un type en pavillon de banlieue,
passant la tondeuse avec une cape sur le dos.
Ça n'arrive pas.
Un putain de magicien, vraiment ?
Un magicien !
Vous vous demandez pourquoi je critique les magiciens,
alors que ce sont mes collègues.
Genre, ai-je un passé avec un magicien ?
Est-ce que mon père était magicien et nous a quittés ?
J'ai huit ans, je pars au baseball, mon père dit : "Au revoir, fils."
"Papa ?"
Je sais pas pourquoi je dis "papa".
Je suppose que cet un magicien qui vient d'ailleurs,
où que ce soit.
J'aime juste imaginer mes souvenirs d'enfance
en tant que petit garçon italien des années 1900.
Vraiment. C'est grave.
Comme si c'était la meilleure époque pour un enfant.
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