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TERREUR DANS LE SHANGHAI EXPRESS
Le présent rapport, remis à la Société Royale de Géologie
par, je soussigné, Alexander Saxton, est un compte-rendu authentique
des événements qui sont survenus lors de notre expédition en Mandchourie.
En tant que chef de ladite expédition,
j'endosse l'entière responsabilité de sa conclusion désastreuse.
Mais je laisse aux membres de la Société le soin de porter jugement
sur les causes véritables de la catastrophe.
Pékin : Concession Russe
- Je suis désolé, il ne reste aucune place. - Mon nom est Saxton, Alexander Saxton.
Vérifiez vos listes, je vous ai envoyé un télégramme il y a 3 semaines environ
dans lequel je vous demandai de me réserver un compartiment.
Je ne peux rien pour vous.
Allô ? Oui.
Tiens, tiens, regardez qui est là. Le Professeur Saxton, je présume ?
- Docteur Wells. - Que faites vous donc à Shanghai ?
- J'allais vous poser la même question. - J'ai collecté quelques spécimens.
Miss Jones, permettez que je vous présente Le Professeur Alexander Saxton.
Il joue aux osselets et aux fossiles.
Ravie de vous rencontrer, Professeur.
Miss Jones est mon assistante. Bactériologie. Une excellente spécialiste.
Pour autant qu'une femme puisse l'être.
Excusez-moi.
Deux compartiments privés pour Moscou, s'il vous plaît.
- Deux, vous avez dit ? Et ça sera tout ? - Non, j'ai 3 caisses avec divers animaux.
- C'est impossible. - Je sais que je vous demande un miracle.
Mais cela devrait vous aider.
Merci.
C'est "forcer la main" disent les Chinois. Les Américains disent "savoir-faire".
En Grande-Bretagne, nous appelons ça subornation et corruption.
Maintenant, veuillez m'excuser.
Vous ! Sortez !
Halte ! Monsieur Alexander Saxton ?
- Oui. - Capitaine O'Hagan, monsieur.
Le Général Wang m'a demandé de vous trouver et de me mettre à votre disposition.
Ça me reviens maintenant ! J'ai bien un billet pour Votre Excellence.
- Votre... Votre billet, le voilà. - Merci.
Et que le Seigneur ait pitié de son âme.
Il ne le mérite pas, ce minable voleur ! Vous avez ses affaires ?
- Vous le connaissiez ? - Krasinsky, le Serrurier ?
Il pouvait ouvrir n'importe quelle malle avec une épingle.
Lui un voleur ? Mais il était aveugle !
Aveugle ? Il aurait vu un agent de police à un kilomètre.
Nom d'un chien !
C'est l’œuvre du diable !
Puis-je vous être utile, mon père ?
- C'est à vous ? - En effet, mais je demande une explication.
Quoi qu'il y ait dedans, ceci est sacrilège et doit être détruit.
Inspecteur Mirov. Qu'y a-t-il dans cette caisse, Excellence ?
Des fossiles.
Qu'est-ce qu'un fossile ?
Un minéral.
Un minéral ?
Il n'y aurait pas quelque chose de valeur comme de l'or ?
De l'or ?! C'est un objet de recherche scientifique.
Aucun intérêt pour un voleur.
Là où il y a Dieu...
Il y aura toujours place pour la croix.
Même sur ce sol de pierre, regardez.
Mais Satan est maudit et là où est le Malin, il n'y a aucune place pour la croix !
- Absurde ! Un tour de passe-passe. Capitaine. - Oui, monsieur.
Dites à vos hommes de mettre ma caisse dans le train.
Prêts ?
Soulevez. Allez.
- Où se trouve la caisse C ? - Elle est là-bas, monsieur.
Ah oui. Venez.
Faites attention à celle-ci.
Suivez-moi !
Avec découverte allez-vous effarer le monde scientifique cette fois-ci ?
Lisez le rapport de la Société Royale et vous le saurez.
- C'est un remarquable fossile. - Un fossile ?
Mais il s'agit d'un être vivant. Je l'ai entendu.
- Vous vous trompez. - Vous n'aurez donc pas à le nourrir ?
L'occupant de cette caisse n'a pas mangé depuis 2 millions d'années.
C'est un bon moyen d'économiser les frais alimentaires.
Bagagiste, je vous prie.
- Alinka, qu'est-ce qui ne va pas ? - Oui, Madame la Comtesse ?
- Avez-vous un coffre pour les objets de valeur ? - Oui, Madame la Comtesse. Je vous prépare un reçu.
Excusez-moi.
Alinka semble avoir peur. Qu'avez-vous dans cette caisse ?
Oh, rien qui ne puisse intéresser Alinka, Madame.
D'habitude, elle adore les Anglais.
- Comme tous les Polonais d'ailleurs. - J'en suis honoré, Madame.
Ah, l'Angleterre. La reine Victoria, les crumpets, Shakespeare.
J'admire la Pologne, Madame. Et de nombreux liens unissent nos deux nations.
Mon mari, le Comte Petrovski, dit qu'au XVe siècle,
votre roi Henri nous a trahi au profit des Russes.
J'espère que vous et votre accepterez mes plus profondes excuses.
Elle a vraiment peur !
Je me demande bien pourquoi.
Puis-je vous accompagner à votre compartiment, Madame ?
C'est à vous ?
Oh, merci. Excusez-moi.
Oui ?
J'étais sur le quai tout à l'heure, quand ce moine fou divaguait.
- Oui ? - Je suis un ingénieur, un scientifique.
Ceci est de la craie ordinaire.
Comment expliquez-vous qu'elle n'écrive pas sur votre caisse ?
Hypnose. Yoga.
Ces mystiques savent être convaincants. À tel point qu'ils peuvent s'hypnotiser eux-mêmes.
Pour la nourriture de vos bêtes, qui va payer, monsieur ?
Oh, notez combien vous dépensez et je vous réglerai.
Si... euh... on pouvait creuser un petit trou dans cette caisse la nuit prochaine,
et jeter un œil à ce qu'il y a dedans, Je serai très reconnaissant.
Tout est en ordre.
Aidez-moi.
De quelle façon, Madame ?
- Est-ce le numéro 8 ? - C'est à côté, le compartiment de M. Wells.
Allons, allons, ne pleurez pas.
Tout ira très bien.
Excusez-moi.
Navré, cher ami, mais vous vous trompez. Ici, c'est le n° 8. Vous voyez ?
8A, couchette du bas.
8B, couchette du haut.
Ne vous inquiétez pas. Je devais avoir ce compartiment pour moi seul.
- Vous permettez. - Excusez-moi si je vous gêne.
Excusez-moi, je n'ai pas de billet et je dois quitter Shanghai.
- Je n'abuserez pas de votre temps. - Cette jeune femme a des ennuis.
Que voulez-vous que nous fassions alors ?
- Et si vous partagiez un compartiment avec quelqu'un d'autre ? - Avec Miss Jones ?
Je suis sûre que l'on peut trouver un terrain d'entente qui conviendra à tous.
Il y a la puanteur de l'enfer dans ce train, même le chien le sent.
Quelle robe devrais-je porter quand cet Anglais viendra nous voir ?
Vous êtes sûre de vous, n'est-ce pas ?
La bleue avec son fameux décolleté...
ou peut-être la rouge.
Vous jouez avec l'immortalité de son âme.
C'est pour cela que vous êtes là, Pujardov. L'immortalité de nos âmes est de votre ressort.
Elle a peur de quelque chose.
- Dites-moi, Pujardov... - Oui ?
À votre avis, que devrais-je porter pour recevoir l'Anglais ?
- Ma robe rouge ou la bleue ? - C'est assez !
- Je vous défends de parler ainsi. - Vous lui défendez ?
Pardonnez-moi, Votre Excellence.
J'ai oublié les convenances, en me souciant du bien-être spirituel de Mme la Comtesse.
Je vais prier pour plus d'humilité.
Priez assidûment, Pujardov ou vous devrez aussi prier pour trouver un emploi.
Au nom du Père, et du Fils et du Saint Esprit...
Oh, c'est le morceau que je joue. Je me demande de qui il s'agit.
Vous vouliez nous voir ?
J'ai pensé que l'un de vous saurait peut-être ce qu'il est advenu du bagagiste.
- Je n'en ai pas la moindre idée. - Et vous ?
Peut-être que cela a quelque chose à voir avec ce qu'il y a dans cette caisse.
Je suis de votre avis. Il essayait de l'ouvrir quand il lui est arrivé quelque chose.
Quoi ?!
- Heureusement, il a été interrompu. - Oui. Mais par qui ?
Pourquoi êtes-vous si inquiet à l'idée que l'on ouvre cette caisse ?
C'est peut-être ma faute. J'ai demandé au bagagiste de jeter un œil. Simple curiosité.
Ce ne sont pas vos affaires.
Ni les vôtres.
Bonne nuit.
Un homme est mort, un autre a disparu. Il est temps d'ouvrir cette caisse.
Vous n'en ferez rien !
Donnez-moi la clé !
Konev, voyez si vous pouvez l'ouvrir avec ça.
Laissez-le !
Mon Dieu... c'est le bagagiste.
- Qu'y avait-il là-dedans ?! - Je vous l'ai dit, un fossile.
Moitié singe, moitié humain. Il vivait il y a 2 millions d'années.
Êtes-vous en train de me dire qu'un singe qui vivait il y a 2 millions d'années
est sorti de cette caisse, a tué le bagagiste et l'a mis à sa place,
puis a pris soin de bien reverrouiller la caisse derrière lui et s'est enfui ?
- Oui ! Il semblerait qu'il soit revenu à la vie ! - Enfermez-le.
Nous allons fouiller le train, trouver cette chose, quelle qu'elle soit, et la détruire.
- Mais s'il vit... - Ne parlez de ça à personne !
Je ne veux pas affoler les voyageurs.
Mon verre est vide.
Oh, pardonnez-moi, j'étais perdu dans mes pensées.
À quel sujet ?
Je suis navré, je ne peux vous le dire.
- Bonsoir. - Bonsoir.
Bonsoir.
Nous sommes-nous déjà rencontrés ?
Je ne pense pas, non.
Si, au palais du Gouverneur, le Général Wang.
Vous faites erreur.
En effet, je vous demande pardon. C'était quelqu'un d'autre.
Quel est le problème ?
L’œil de ce poisson est blanc.
Naturellement, il est bouilli.
Bouilli... oui.
- Est-il vrai que vous êtes médecin ? - Demandez-le moi quand j'aurai fini de dîner.
- C'est urgent. - Quels sont les symptômes ?
Il est mort, vous l'avez vu. - Oh, celui-là.
Il n'y a rien que je puisse faire.
Il y a un autre mort. Un de mes soldats avec les mêmes yeux blancs.
- Je veux connaître la cause de sa mort. - Qui est mort ?
Ne vous mêlez pas de ça ! Vous n'avez rien entendu.
Excusez-moi.
Le fossile de Saxton court encore ?
Je crois qu'il a sauté du train, qui qu'il soit.
- Mlle Jones, j'aurais besoin de votre assistance. - À votre âge, je ne suis pas surprise.
- Pour une autopsie ! - Ah, c'est différent.
Très curieux.
Une erreur génétique, apparemment.
Scalpel.
Tenez ça.
- Que fait-il ? - Une trépanation.
Ne vous levez pas.
Vous avez décidé de dîner seul, Sir Alexander.
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