The first 200 lines.
Quelques jours avant le grand évènement,
le monde entier se demandait s'il viendrait.
Avion après avion décollait sans lui,
alors qu'il se reposait, qu'il se promenait ou qu'il mangeait.
Henry Kissinger l'avait appelé pour lui demander d'y aller pour son pays.
REYKJAVIK, ISLANDE
Dès son arrivée, il offensa les Islandais.
Il avait qualifié leur pays d'inadéquat, car il n'y avait pas de bowling.
Il se plaignait des caméras de télé,
de l'éclairage, des tables, des chaises
et du contraste des cases de l'échiquier.
Sa chambre d'hôtel avait, à ses dires, une trop belle vue.
Rien de tout ceci n'avait de rapport avec les échecs. Ou peut-être que si.
S'il gagnait, il serait le premier champion américain de l'Histoire.
S'il perdait, il ne serait qu'un amateur de plus de Brooklyn.
Après le 40e coup de la 21e partie,
il bloqua le fou de Spassky en 6 avec sa tour en 4.
Et ce fut terminé. Il rentra en héros national.
BIENVENUE BOBBY FISHER CHAMPION DU MONDE D'ÉCHECS
Il s'était vanté qu'il battrait les Russes et ce fut le cas.
Il pouvait réclamer autant d'argent qu'un champion de boxe.
Il était invité à la table des dirigeants et des rois.
Puis, Bobby Fischer fit le coup le plus inattendu et le plus original de tous.
Il disparut.
- Où est-il ? - Il est parti ?
Tu vois quelque chose ?
- On l'a perdu ? - Il fait froid. Rentrons.
S'il ne nous trouve pas dans deux heures, on s'en va.
Bonjour, les garçons.
Que fais-tu ici ? Tu ne voulais pas rentrer ?
Comment ça va ?
Un, deux, je cire mes chaussures. Je dois cirer mes chaussures, non ?
- Mets-toi de ton côté. - C'est mon côté.
Tu te souviens ? Toi, reste de ton côté.
- Tu parles trop. - Non.
JOYEUX ANNIVERSAIRE JOSH
Josh ?
Josh !
Tu es un gentil garçon. Là. Pas trop. C'est bien.
Un peu plus. Oui, c'est bien.
Fais attention à ne pas trop en utiliser, mais il en faut quand même suffisamment.
C'est parfait. Bien.
Ça a l'air parfait. Qu'est-ce que tu en penses ?
- Très bien. - Bien. Maintenant, fais pénétrer.
Tu vois comme le cuir absorbe tout ?
Ça sent très bon. Sens.
Oui. Super.
Maintenant...
Qu'y a-t-il ?
On a oublié de t'acheter une balle. Tu peux le croire ?
Il faut mettre une balle dure, pour donner la bonne forme.
Oui,
ça fera l'affaire. OK.
Mets-ça dedans. Plie ça.
Bien, va te coucher. Demain, je t'achèterai une vraie balle.
Je n'arrive pas à le croire.
- Quoi ? - Tu as sept ans.
Joyeux anniversaire.
- Bonne nuit, Josh. - Bonne nuit.
- Et toi ? - Ça a été.
- Josh, chéri. - Comment c'était, l'école ?
- Bien. - Super. Salut.
- Comment ça va ? - Bien. Salut.
Tu es d'humeur pour une pizza ?
- Je ne sais pas. - Tu te sens bien ?
- Oui, ça va. - Je veux une pizza.
On peut aller regarder les hommes au parc ?
Quels hommes au parc ?
- Je vais lui botter le derrière. - Dieu a béni ce pays.
Il y a le feu, mon frère.
Ce n'est pas terminé. Il te reste une minute.
Quand ça tape et ça se retourne, c'est fini.
Quand c'est fini ?
Jouons aux échecs.
JEUX D'ARGENT INTERDITS
- Quoi ? - On joue aux échecs, c'est tout.
- On joue aux échecs. - C'est 10 $ ? C'est ça ?
On joue aux échecs.
- Viens, Josh. Partons. - C'est ce que tu as de mieux ?
C'est ce que tu as de mieux ?
T'as rien. Tu es sûr que tu sais jouer ?
Retourne à Chinatown jouer aux dames chinoises.
Non, sûrement pas.
Là non plus.
Vraiment ? Si c'est ce que tu veux.
Impossible. C'est mon bébé. Enlève ça de là.
Ça suffit. On ne marchande pas avec moi.
Je ne fais pas dans le marchandage. J'ai l'air d'un marchand ?
Tu dois faire mieux que ça. Beaucoup mieux que ça.
- Oui, je sais. - C'est Kamran Shirazi.
C'est Kamran Shirazi.
Shirazi ! Le grand maître est ici. Tu viens te frotter à moi ?
Tu viens te frotter à moi ? Ne regarde pas mon horloge. C'est bon.
- Je veux rentrer. - Josh, rentrons.
Allez, grand maître, montre-moi un truc.
Montre-moi un truc.
Échec à Sa Majesté.
Non, recule. Regarde bien avant de t'effondrer.
C'est impossible.
Tu vois ? Cours. C'est ça, cours !
Appelez la police. Cet homme déambule.
JOUEZ OU PHOTOGRAPHIEZ L'HOMME QUI A BATTU TAL 1953
CINQ DOLLARS
Excusez-moi.
- J'ai vu votre affichette. - Votre appareil photo ?
Mon fils voudrait jouer avec vous.
Échec.
C'est fini. Tu as perdu.
Merci.
- Son prénom ? - Josh.
- Josh comment ? - Allons-y.
- Ne lui dis pas. - Waitzkin.
Josh... Waitzkin. Je vais te surveiller, Josh Waitzkin.
Dis-leur que je t'ai vu jouer dans le parc comme Bobby Fischer. Montre-leur ça.
Votre fils utilise des combinaisons pour attaquer, madame.
Ferme-la. Regarde ce que tu as fait.
Voilà le scénario. En seconde base, il se prépare.
Et il frappe.
- Salut, chérie. - Salut !
- Salut. - Salut.
- Où est Josh ? - Là-bas.
Comment tu vas ? Viens là. Viens m'aider.
- Qu'est-ce que j'ai raté ? - Rien.
J'ai emmené Josh au parc aujourd'hui. Il a joué aux échecs.
Première prise !
- Il ne sait pas jouer aux échecs. - Si.
Ne me demande pas comment, mais il sait jouer.
Tu vas écrire des articles de sport comme ton père ou tu vas jouer ?
Je vais jouer. Seconde base chez les Yanks.
Et ça fait quatre !
Ils en auraient bien besoin.
- Attention. Oh, bon sang. - Regarde ce que j'ai trouvé.
Tu veux faire une partie ?
- Pourquoi ? - Pour s'amuser.
Si on allait plutôt au magasin chercher des brochures ?
- Je peux ? - Bien sûr.
Ton père veut te voir jouer comme avec les hommes du parc.
Ce sera amusant. Après, on ira au magasin.
Bon, ne sois pas trop dur avec moi. Ça fait longtemps que je n'ai pas joué.
Échec.
Oh, échec et mat.
Tu vois, je te prends là et là. Tu vois ?
- On peut aller au magasin maintenant ? - Oui. Aux toilettes et prends ta veste.
J'aurais dû le laisser gagner, non ? J'ai tout essayé.
Il ne voulait pas gagner.
Non ?
Voyons, Bonnie.
- Ça ne fait rien. - Dis le fond de ta pensée.
Tu ne comprends pas. Il ne veut pas battre son père.
Papa...
Elle dit que tu as truqué la partie. Tu comprends ça ?
Truquer une partie ?
Non.
- Cette fois, essaie vraiment. - Mais j'essayais.
Je sais, mais on va refaire une partie juste pour le plaisir, d'accord ?
Josh, tu as le droit de battre ton père. Tu ne le blesseras pas.
PAGES JAUNES PAGES BLANCHES
C'est à toi.
À toi, Josh !
Impossible. Je joue aux échecs avec mon père.
Les échecs. C'est un jeu comme le Monopoly.
- Josh ! - Ne raccroche pas.
Salut !
- À toi, Josh ! - Tu as bougé ce pion ?
- J'ai bougé un pion, oui. - Oui, celui-là.
- Déplace mon cheval devant mon roi. - Ton cavalier, tu veux dire ?
Oui.
D'accord.
Il va perdre sa dame.
Vraiment ?
- C'est fait ? - Oui.
- On peut sortir maintenant ? - La partie n'est pas terminée, Josh.
Oh, si.
Bobby Fisher avait six ans
quand sa famille emménagea dans un petit appartement près d'Ebbets Field.
Le soir, quand le bruit de la circulation diminuait,
il pouvait entendre la clameur de la foule dans le stade.
Sa sœur avait ramené à la maison des jeux pour l'amuser
en l'absence de leur mère.
Monopoly, Parcheesi, échecs.
Même de cinq ans son aînée, elle n'était pas à sa hauteur.
Il devenait plus intéressant pour lui de jouer contre lui-même.
ÉCHECS EN RUSSIE
Il jouait les deux côtés du plateau de manière égale en termes de difficulté.
Et il gagnait toujours.
On lève, deux, trois quatre.
On tend les bras et on les repose. Maintenant, tournez-vous de l'autre côté.
Et plié. Et on ramène.
Restez bien droites. Et on lève.
CLUB D'ÉCHECS DE METROPOLITAN
LE JOUEUR MORTEL
Que fais-tu ?
Tu l'as bougé !
- Pas bougé, replacé. - Non. Tu l'as bougé
- et remis. - Remis en place.
- Vous êtes avec qui ? - Tu as bougé le pion !
Le Chapitre Hadassah de Staten Island.
Qu'aviez-vous en tête ? Des cours ? Une démonstration ?
Je cherche Bruce Pandolfini.
- De combien disposez-vous ? - 30 $.
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