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Ne vous séparez pas !
Dis-moi où il est !
Il est où ?
Où est l'Européen, putain ?
Allez voir derrière !
Amenez-les !
Dis-moi !
- Fouillez les maisons. - Ne me tuez pas !
Brûlez tout !
Nicolas.
Encore deux jours et il pourra sortir de l'hôpital.
- Ça va aller. - Merci.
Merci, Julián.
Merci.
C'est grand. Vous êtes combien, dans ce bidonville ?
Il n'y a aucun recensement, on n'est même pas sur la carte.
On a quand même un chiffre grâce aux baptêmes.
Entre les enfants, les parrains, les familles,
ça fait quinze mille personnes.
Mais en tout, on doit être le double.
Trente mille.
Ça devait être un hôpital.
Maintenant, trois cents familles vivent ici, et nous parmi eux.
Le projet remonte à 1937.
C'était l'idée d'un socialiste,
Alfredo Palacios.
Le Congrès national l'a approuvé.
Qu'est-ce qui s'est passé ?
Il a été interrompu,
puis relancé presque vingt ans plus tard sous le gouvernement de Perón.
Puis il s'est arrêté de nouveau avec le coup d'État de 1955.
Ça devait être le plus grand hôpital d'Amérique latine.
Vraiment ?
Et désormais, on l'appelle l'Eléphant Blanc.
Bonjour, ça va ?
Voici le père Nicolas.
Bonjour, mon père.
Je te sers un thé ?
Je vais te montrer le chantier.
Julián, tu peux venir ?
Attends-moi.
Que veux-tu ?
- Qu'y a-t-il ? - Ils ont besoin d'aide à la cuisine.
Reste avec Nicolas, je te rejoins.
Apporte d'autres seaux.
Bonjour, Nicolas. Je suis Lisandro.
Bienvenue. On va à la chapelle ?
- Je peux t'aider ? - Oui.
- Tu t'es bien reposé ? - Oui.
C'est un plaisir de t'avoir parmi nous.
Julián nous a parlé de ton travail en Amazonie.
Bonjour, Luciana.
- Comment vas-tu ? - Bien, et toi ?
- Voici Nicolas. - On se connaît. Ça va mieux ?
La chapelle est inondée. Tu viens ?
Je vous rejoins.
Nicolas, tu devrais mettre ton col pour qu'ils t'identifient.
Il y a quelques semaines, ils ont pointé un révolver
sur la tempe d'un volontaire qui venait pour du soutien scolaire.
Ils ont cru qu'il était de la police.
Tu es le premier à me dire que j'ai l'air d'un flic.
- Salut. - Bonjour, mon père.
Tu peux...
Bonjour !
Venez au baptême, les filles.
- On y sera. - La semaine prochaine.
- Merci. - C'est complètement trempé.
Ça va mettre des jours à sécher.
- Roberto. - Comment vas-tu ?
Irma, comment ça va ?
Tout va bien.
- Amène ton fils au baptême. - D'accord.
Les gars, je vous laisse des tracts.
Prévenez les autres, c'est jeudi prochain.
Viens, continuons.
Qu'est-ce que c'est boueux !
- Comment va ta jambe ? - Mieux.
Tant mieux. Attention où tu marches.
- Julián. - Quoi ?
Il y a déjà seize inscrits.
- Et sept enfants sans papiers. - Tu l'as dit à Luciana ?
Je lui en ai parlé, elle voit ce qu'on peut faire.
Mais ils seront prêts, je pense.
Espérons.
Bonjour.
C'est fou, toute cette eau !
Voyons ce qu'on peut faire.
- C'est ici ? - Oui.
Voici notre chapelle.
- Julián. - Bonjour.
Ça va, Cruz ? Je te présente Cruz.
- Voici Nicolas. - Le prêtre gringo !
- Tout le monde parle de vous. - Père Nicolas.
Cruz nous donne un coup de main pour les ateliers.
- Allons éponger. - Sinon, le bois va pourrir.
Ce serait dommage que ça prenne l'eau.
Seigneur Jésus,
Tu as dit à Tes apôtres : "Je vous laisse la paix,
"je vous donne ma paix."
Ne tiens pas compte de nos péchés,
mais de la foi de Ton Église, et selon Ta volonté,
donne-nous l'unité et la paix.
Toi qui règnes
pour les siècles des siècles.
La paix du Seigneur soit avec vous.
Et avec votre esprit.
Dans la charité du Christ, donnons-nous un signe de paix.
Quand j'étais petit, mon père me mettait des beignes.
Alors je montais sur le toit, et il criait :
"Monito, descends, tu crains rien !"
Tout le monde s'est mis à m'appeler comme ça.
J'aime pas ça. Mon prénom, c'est Esteban.
Ça me soûlait.
Tout le bidonville m'appelait Monito, le ouistiti.
Mais j'aime bien vivre ici.
T'aime être ici ? Parce qu'il y a la came, oui !
Pourquoi tu sors ça ? Je suis sérieux.
Laisse-moi te dire une chose, parce que ça me gave.
- Tu veux vivre ici ? - Ben oui.
Si tu veux rester là, tiens-toi, mec.
Parce que si tu pars, le bidonville te retrouvera, petit con.
Arrête de dire des conneries. C'est pas la faute du bidonville.
Pourquoi on fait ça, à ton avis ?
À l'école, les bourges me demandent :
"Comment tu peux vivre dans un bidonville ?"
Mais moi, je suis bien ici.
Je me sens bien.
Tant mieux.
Vive le bidonville Oculta !
On ne va pas le nier, le bidonville, c'est chez nous.
Mais c'est bien de sortir et de prendre un peu de distance.
C'est pour ça qu'il y a le centre, pour s'éloigner des choses néfastes.
J'ai que dalle, mon père. Qu'est-ce que vous dites ?
Tu as Dieu à tes côtés, comme nous.
Vous feriez quoi, à ma place ?
Chacun décide s'il veut sortir ou non.
Il faut s'appuyer sur le groupe, sur nous, sur la famille...
Quelle famille ? On a tous été abandonnés.
Sur les personnes qui t'aiment.
C'est comme ça, il faut s'accrocher au jour le jour.
Alors, si je me drogue, Dieu va me punir.
Non, Dieu n'est pas là pour te punir.
Ceux qui croient ça ne le connaissent pas.
Essaie de voir Dieu comme un ami.
Les amis ne t'entraînent pas toujours du bon côté.
Et c'est toujours plus cool d'aller du mauvais côté.
Et l'autre curé, il a compris ce qu'on a dit ?
Qu'est-ce que je viens de dire ?
Que tu aimes t'amuser.
Il est malin, il a pigé.
Comment on dit "joda" en français ?
Et "ándate a la puta que te parió" ?
- Il n'y a pas de mots pour ça ? - Si.
- Ils sont partis ? - Depuis deux semaines.
Tu sais qui c'est ?
On va demander à Cruz.
D'accord.
- Salut ! - Bonjour, les gars, ça va ?
- Ça va ? - On est peu nombreux.
- Il y a beaucoup d'absents. - Oui.
Que se passe-t-il ?
Aucune idée, Julián.
Vous ne parlez pas avec eux ?
Si, mon père, souvent.
- Et ? - Ils veulent pas venir.
Ce sont vos amis, essayez de les convaincre.
- C'est important. - Ils disent toujours qu'ils viendront.
Voici Andy. Il va intégrer l'atelier.
Faites-lui une place.
Assieds-toi ici.
- À plus tard. - D'accord.
- Parlez-leur. - On reprend ?
Au revoir, Julián.
On va en poser un.
Pousse un peu ça, tiens.
Je vous salue, Marie, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous.
Vous êtes bénie entre toutes les femmes,
et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.
Sainte Marie, mère de Dieu, priez pour nous, pauvres pécheurs,
maintenant et à l'heure de notre mort.
Je vous salue, Marie, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous.
Vous êtes bénie entre toutes les femmes,
et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.
Sainte Marie, mère de Dieu, priez pour nous, pauvres pécheurs,
maintenant et à l'heure de notre mort.
Tout ça va être démoli. Les foyers seront construits ici.
Les gens qui habitent ici
seront les premiers à occuper les nouveaux appartements.
- Bonjour, mon père. - Ça va ?
Les gens sont contents ?
En général, oui.
Leurs conditions de vie s'améliorent et ils restent dans le quartier.
Ils n'ont pas à quitter leur famille, leurs amis.
Il y a toujours des gens qui se plaignent.
Mais c'est partout pareil.
Voilà notre projet.
Et ce qui est bien,
c'est que ces gens construisent leur propre maison.
Et là-bas...
On va construire une cantine pour trois cents personnes.
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