The first 200 lines.
J'ai deux lunes dans la tête
alors que la plupart des gens n'en ont qu'une.
Je regarde la lune comme tous ceux qui n'y sont jamais allés.
Je l'ai toujours trouvée intéressante,
qu'elle soit pleine ou simple croissant.
Mais parfois,
je pense à une autre Lune, celle que j'ai vue de près.
Et j'ai du mal à croire que j'y suis allé.
Je vous promets, je suis humain, je me suis pincé
pour être sûr que c'était vrai.
La Lune a été mon foyer pendant trois jours de ma vie
et je suis là pour en parler.
C'est de la science-fiction.
Mon père était né peu après les frères Wright.
Il avait du mal à croire
que j'étais allé sur la Lune.
Mais mon fils Tom avait cinq ans.
Pour lui, ça n'avait rien d'extraordinaire.
Entre 1968 et 1972,
neuf vaisseaux spatiaux américains sont allés jusqu'à la Lune.
Les hommes à leur bord sont les seuls êtres humains
à avoir visité un autre monde.
Racontée par eux,
voici l'histoire des hommes qui sont allés sur la Lune.
Décollage ! On a un décollage à 32 minutes après l'heure !
Tour passée !
DANS L'OMBRE DE LA LUNE
Au début des années 6O,
l'URSS et les USA rivalisent pour envoyer un homme dans l'espace.
Un jour, sur ordre secret,
notre groupe de pilotes au centre d'essais
est allé à Washington pour un briefing.
Ils nous ont parlé de la fusée Atlas.
Ils voulaient mettre une capsule dessus,
avec un homme dedans,
pour tenter d'envoyer un homme dans l'espace.
À l'époque, les fusées Atlas explosaient tous les jours
à Cap Canaveral.
Ça semblait être...
un moyen rapide d'abréger sa carrière !
Le 12 avril 1961,
Youri Gagarine est le 1er homme en orbite autour de la Terre.
Moins d'un mois plus tard,
Alan Shepard est le 1 er Américain à voyager dans l'espace.
Son vol dure 15 minutes.
20 jours après, le 25 mai 1961, J. F. Kennedy s'adresse au Congrès.
C'est l'heure de faire de plus grands pas,
l'heure d'une nouvelle grande entreprise américaine,
l'heure pour cette nation de prendre le premier rôle
dans la conquête spatiale.
Politiquement, il s'agissait de battre les Russes.
Mais ceux qui s'intéressaient à la science
savaient que c'était plus que ça.
Je crois que cette nation devrait s'engager
à atteindre l'objectif, avant la fin de cette décennie,
d'envoyer un homme sur la Lune
et le ramener sain et sauf sur Terre.
C'était magnifique de simplicité.
Quoi ? La Lune. Quand ? La fin de la décennie.
Il nous a défiés
de faire ce qu'on croyait impossible,
et moi le premier.
Nous allons dans l'espace
car, quoi que l'humanité entreprenne,
les hommes libres doivent y participer.
Dans un sens très concret,
ce ne sera pas un homme qui ira sur la Lune.
Nous l'affirmons, ce sera une nation tout entière.
Car nous devons tous œuvrer à l'y envoyer.
Je construisais des modèles réduits d'avions,
de petits engins en balsa.
Certains volaient et ça me plaisait.
Je m'intéressais aux objets mécaniques dans le ciel
d'aussi loin que je m'en souvenais.
J'étais émerveillé par les avions.
Quand j'étais petit,
un orateur qui pilotait un avion de la Première Guerre mondiale
a atterri dans notre ferme.
Mon père l'a aidé à se ravitailler,
et j'ai eu droit à un vol.
Il m'a emmené faire le tour du champ.
Ça a été mon baptême de l'air, j'avais quatre ans.
Les Mustangs larguent leurs réservoirs
et plongent dans la bataille !
Ça venait peut-être du cinéma ou des actualités,
mais je savais que c'était ce que je voulais faire un jour.
Je savais que je voulais piloter des avions.
En 61 , juste après mon diplôme de pilote d'essai,
j'ai été pris pour piloter des avions de chasse
au centre d'essais d'Edwards.
Le centre d'essais est l'école la plus rapide du monde.
L'école de pilotes d'essais de l'US Air Force,
dont sortent les hommes destinés
à repousser les frontières des connaissances aéronautiques.
Être pilote d'essai a été déterminant.
Les caractéristiques du métier étaient l'esprit de corps,
le danger constant et l'esprit pionnier.
On vole à une vitesse supersonique, à haute altitude, et on apprend
à survivre et à ramener sa machine au sol.
C'est la tâche fondamentale.
Plus on volait vite et haut, plus c'était dangereux et enivrant.
Je croyais avoir le meilleur job du monde
dès mon entrée à l'école de pilotes.
Jusqu'à ce que je voie
Al Shepard s'envoler dans une fusée !
La fusée se comporte à la perfection.
Il est allé plus haut et plus vite que je ne suis jamais allé.
Et surtout, il a fait plus de bruit. Il passe même à la télé !
Comment je fais pour décrocher ce boulot ?
J'AI UN SECRET
"J'ai un secret" vous est présenté ce soir par...
Dream Whip !
La délicieuse crème fouettée qui ne s'effondrera pas
sur vos desserts !
Dream Whip !
Murmurez-moi votre secret,
M. et Mme Armstrong.
Nous allons le montrer à nos téléspectateurs.
"Notre fils est devenu ASTRONAUTE aujourd'hui."
Tout le monde postulait
à chaque demande de la NASA.
On avait tous le même niveau.
La NASA a demandé un troisième groupe d'astronautes,
début 63.
Bien sûr, tous les pilotes d'essais de ma promotion ont postulé.
C'était l'occasion de relever un nouveau défi.
C'était un sacré défi à relever.
Si d'autres gens voulaient y participer,
et c'était un effort national noble,
je voulais en être aussi.
Que ressentiriez-vous, Mme Armstrong,
si votre fils était le premier homme à aller sur la Lune ?
Que ressentiriez-vous ?
Je dirais : "Dieu le bénisse."
Et je lui souhaiterais très bonne chance.
Ce groupe d'astronautes était de très loin
le meilleur avec lequel j'avais jamais travaillé.
Il n'y avait aucun maillon faible.
Ils étaient extraordinairement compétents
et bosseurs.
Un groupe de gens vraiment bons.
Un jour...
vous êtes Gene Cernan, jeune aviateur de la Navy,
et le lendemain, un héros américain.
Sans avoir rien fait.
Quand Tom Wolfe a écrit L'Étoffe des héros ,
je me suis dit : "Pas mal !
"On va penser que j'ai l'étoffe d'un héros.
"Je suis toujours le même, mais maintenant,
"j'ai l'étoffe d'un héros !"
C'est la croyance indéfectible
en sa propre infaillibilité.
C'est ça, l'étoffe des héros.
Vous êtes immortel, capable de faire tout ce qu'on vous défie de faire.
Les nouveaux astronautes sont étroitement impliqués
dans la conception du vaisseau Apollo qu'ils piloteront.
Personne ne savait vraiment comment aller sur la Lune.
On ne savait ni faire les choses ni les faire fonctionner.
On assemblait les éléments,
on les essayait et on corrigeait le tir.
En tant qu'astronautes, on a participé à la conception
avec la direction et les ingénieurs.
Au début, on a pris le vaisseau spatial
et on l'a divisé comme un gâteau.
On l'a découpé en dix ou quinze morceaux.
On a donné un morceau à chaque astronaute et on lui a dit :
"C'est à toi, on veut que tu apprennes ce morceau."
Nous enverrons sur la Lune,
à 390 000 kilomètres de distance,
une fusée géante de plus de 90 mètres de haut,
faite de nouveaux alliages
dont certains n'ont pas encore été inventés,
assemblés avec une précision dépassant la meilleure horlogerie,
dans une mission sans précédent,
vers un corps céleste inconnu,
et nous la ramènerons saine et sauve sur terre.
Elle rentrera dans l'atmosphère à plus de 40 000 km/h,
à une température qui sera la moitié de celle du soleil.
Presque la chaleur d'aujourd'hui !
Pour faire tout ceci,
pour le faire bien et le faire les premiers,
avant la fin de cette décennie, nous devons être audacieux.
Kennedy était-il un visionnaire,
un rêveur, un renard de la politique ?
Il était probablement les trois.
On ne saura jamais.
On ne saura jamais non plus s'il se rendait vraiment compte
du défi qu'il avait lancé
devant le peuple américain.
Et, alors que nous embarquons, nous demandons à Dieu de nous bénir
pour la plus périlleuse,
la plus dangereuse, la plus grande aventure
qu'ait jamais tentée l'homme.
Dès janvier 67, la NASA fait des simulations de compte à rebours
pour préparer le lancement du premier vaisseau Apollo.
Les choses allaient très vite.
J'étais membre de l'équipage secondaire de la mission Apollo 1 .
Il y avait beaucoup de problèmes.
Gus Grissom faisait de son mieux,
avec Ed White et Roger Chaffee, pour les régler
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