The first 200 lines.
Musique entraînante
Musique joyeuse
Musique douce Des enfants jouent.
Attention à ta robe, Lucette, allons !
- Émile ! - Hein ?
- Donne un peu de vin à ta voisine. - Voilà, voilà.
Trimault. - J'ai déjà dit non trois fois.
- Un verre, pour elle. - Ginette, dis-lui.
Il doit pas boire, ça lui fait mal.
Non, mais ça me gêne dans mon travail.
- Un travail ! Un drôle de boulot, son travail.
Tout le monde peut pas être flic.
Rires - Si tout le monde
était flic, la société serait plus fréquentable.
Tout le monde crèverait de faim.
- Il est mauvais, Propro, quand il s'y met. Une vraie gale !
- Jeanne, une autre. - Pensez à mon sang.
- Son sang, on croirait qu'il y a que lui qui ait du sang, ici.
Donne-moi ça. Tu sais pas déboucher le Bordeaux, toi.
- Y a que moi qui vende mon sang. Alors, il faut qu'il soit sain.
Si je buvais, mon sang serait avarié.
- En somme, dans ton genre, t'es un cumulard.
Éclusier et donneur de sang, ça fait deux métiers.
- Donneur de sang, c'est pas un métier, c'est un honneur.
- Mon sang est très pur. Il est d'un rouge !
Mais je ne le vendrais pas pour un empire.
- Si on vous en donnait 400 francs du litre,
vous vous laisseriez faire, comme nous tous.
- Savoir qu'il y a des gens qui ont mon sang dans les veines...
- Ça me dégoûterait pas. Du sang, c'est du sang.
Tu boirais dans n'importe quel verre.
- Moi, je ne vendrais pas mon sang. J'y tiens, à mon sang.
- Changez de conversation. C'est pas des propos de 1re communion.
Non !
Lucette, du fromage ?
- Non, je n'ai plus faim. Papa, je voudrais du gâteau.
Tenez, à vous l'honneur ! Voilà.
Tonnerre
- Ça couvait depuis ce matin. - Un orage sec.
Qu'est-ce qu'il a, l'autre ?
Manolo, n'aie pas peur.
Ne le regardez pas, vous autres.
Moi, j'appelle ça avoir les foies.
- Tais-toi, tu penses comme il a les foies.
Il a été 2 ans à Barcelone, il en a vu d'autres.
Il a quoi, alors ?
C'est pas la peur, c'est les souvenirs.
Reste près de moi, Manolo, on ne te fera pas de mal.
- Quand même, quelle drôle d'idée. - Quoi ?
D'avoir adopté ce gosse-là.
Personne sait d'où qu'il sort.
- Tout le monde est mort dans sa famille.
C'est un étranger, quoi !
- C'est pas un étranger, c'est un orphelin.
Bonsoir, m'sieurs dames !
Jeanne, allez servir.
Eh bien, Mme Ginette, et le gâteau ?
Voilà !
Merci.
Lucette, monte ça à Mme Raymonde. Elle doit s'ennuyer, toute seule.
Elle tape.
Bonsoir, Raymonde !
Bonsoir, mon petit !
Oh, mais dis donc, toi ! C'est ta noce ?
Tiens, pour toi.
- T'as pensé à moi, toute seule dans ta belle robe ?
Elle est bath, la môme.
Pose ça là.
Qui t'a donné l'idée de monter ce gâteau ?
- Moi. - Menteuse.
C'est vrai, M. Edmond.
Tu mens un jour pareil ?
- Tu vas pas lui gâter sa journée, non ? - Laisse.
Pourquoi ne m'en as-tu pas apporté ? - Y en avait plus !
Y avait qu'à faire ça.
Et j'aurais eu ma part.
En bas, ils ne peuvent pas me sentir et ils me le font sentir.
Tu les remercieras quand même.
- Oh dis, passe la main, tu fatigues ton monde.
T'aimes pas les gâteaux. Là, je l'aurais aimé.
Eh ben, aime-le et fous-nous la paix.
Si encore c'était de la tarte. Mais du Savoie...
Viens que je t'embrasse.
Tableau touchant.
Respecte la religion !
Tu remercieras tout le monde. Mme Lecouvreur, surtout.
Il est bon, ce gâteau.
- C'est honteux de faire une scène à une môme qui y entrave que dalle.
Ah. Tu n'as plus mal à la gorge ?
- Heureusement, depuis une heure que je "m'inhalate" !
- Tiens. - T'en as déjà marre ?
Ça bourre comme une pipe.
- Non. - Quoi ?
- Pas là. - Quoi, pas là ?
Pas près du peigne !
Et un peigne n'a rien à faire sur une table près de la confiture.
Qui n'a rien à faire près du fer.
Comme ta brosse à dents à côté de la poudre !
- Y a autre chose qui est pas à sa place, ici.
Quoi donc ?
- Une femme comme moi avec un type comme toi.
Patience...
- Patience ? Où veux-tu en venir avec ta menace ?
- Je potasse l'anglais. J'apprends la photographie.
Patience.
- Patience quoi ? Patience qui ? - Patience rien.
- Pour être photographe, même ambulant, il faut une licence.
Faut se lever tôt pour l'obtenir. - Tu me réveilleras.
- Edmond, tu ne m'aimes donc plus que tu veux travailler ?
- Je veux gagner mon bifteck. Chacun ses goûts.
- Je serais pas l'amante d'un photographe !
- Ça sent mauvais pour moi, ici. Y a des signes qui trompent pas.
- Tu veux te planquer ? - Je veux changer d'air.
Ma vie n'est pas une existence. - Parce que mon existence est une vie ?
Ça va décidément mieux, ta gorge.
J'ai compris.
Pas besoin d'interprète. - Hein ?
Tu veux que je descende.
Tu sors pas d'ici ?
Je t'attends.
La gueule, ça va ?
Ça va.
Prends l'article en main.
- Il y a deux hommes en toi : l'éclusier et le donneur de sang.
L'éclusier prendrait bien une muffée,
mais le donneur l'empêche de lever le coude.
Rires
Vous avez de la chance, Mme Ginette, d'avoir deux maris en un.
- Sauf qu'au lit, y a plus personne ! - N'importe quoi !
- Au lit, y a des moments où je suis comme veuve.
Hé, je vous consolerai !
Sacré Kenel !
- Ça va mieux, la gorge, Mme Raymonde ?
C'est parti.
- Alors, venez trinquer avec nous. - C'est pas de refus.
Merci pour le gâteau. Il était bon.
Un peu... bourratif !
- À une 1re communion, on mange pas de religieuses !
Jeanne, allez voir.
Brouhaha
- Ils veulent une belle chambre, je leur donne la 16 ?
Oui, oui.
Elle claque la porte.
C'est beau, tu ne trouves pas ?
Le canal, le bruit de l'eau...
Carillon
Quelle heure est-il ?
22 h, 22 h 30.
Tu m'aimes ?
Quelle drôle de question.
- Si tu ne m'aimais plus, je n'aurais plus rien.
Je serais seule au monde.
Un chien aboie.
- Ils passeront peut-être une nuit blanche à cause de nous.
C'est peut-être eux qu'on alertera tout à l'heure.
À présent,
tu peux me montrer notre cadeau.
Qu'est-ce qu'on risque ?
Il va pas s'enrayer, au moins ?
Renée, mon amour...
il est encore temps de dire non.
- Si je disais non, on devrait se remettre à vivre. Quelle corvée !
Et quelle complication.
Tu es prête à tout quitter ?
J'ai rien à quitter.
Tu te rends compte...
de ce qui va se passer ici dans quelques instants ?
Très bien.
J'y ai si souvent pensé !
Je m'étendrai près de toi.
Je poserai ma tête sur ton bras
et tu m'embrasseras doucement, comme la première fois.
Je fermerai les yeux.
J'entendrai le tic-tac de ta montre contre mon oreille.
Tu me diras mon petit nom à voix basse
et tu me tireras une balle ici, au cœur.
Fais attention.
J'ai mis la broche que tu m'as donnée pour que tu ne me rates pas.
Tu fermeras les yeux aussitôt. Je ne veux pas que tu me voies mourir.
Et à ton tour...
c'est ici...
qu'il faudra viser...
pour me rejoindre.
Renée, mon petit...
- Je ne t'ai jamais aimé autant que ce soir.
On ne peut pas t'aimer davantage.
Puisque nous n'avons rien à espérer de mieux, autant en finir.
Oui, tu as raison.
Nous avons tout essayé, n'est-ce pas ?
Les autres n'ont pas voulu de nous, c'est sûr.
Tout a toujours foutu le camp autour de nous.
Alors, laissons ça là et pas de remords.
Pas de remords.
On s'est aimé, voilà tout.
- Au fond, je mérite de disparaître, je suis un lâche.
Je devrais avoir le courage de descendre un type pour le voler.
Jouer le tout pour le tout.
Mais je n'oserai jamais, même pour toi.
Ce que je suis moche.
Aboiement
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