The first 200 lines.
Ouverture en fondu. Générique de début et musique
INT. JOUR CHAMBRE DE JAMES
La caméra panote sur JAMES WILDSTONE, aristo séduisant,
qui regarde tendrement EMILY JACKSON, alias Jacks,
endormie à ses côtés.
Jacks travaille chez Vogue.
Bien que britannique, elle a un accent américain,
signe qu'elle a grandi aux États-Unis.
Hé, la marmotte...
T'es réveillée ?
Quelle heure il est ?
Bientôt midi.
Désolée, il faut que tu partes.
Comment ?
Il faut que tu partes, j'ai des amis qui viennent bruncher.
Quoi ? Chez moi ?
Excuse-moi.
Trois ans que tu me traites comme un mec de passage !
Ma puce !
Désolée, j'ai été retenue par James.
Tu n'avais pas rompu ?
Si, mais il a du mal à s'y faire.
Tout seul dans son grand château vide ?
Sois gentille. J'ai dû regonfler son ego.
La barbe ! En disant quoi ?
Qu'il en rendra une autre plus heureuse,
qu'il y est pour rien...
- Il l'a gobé ? - Que dalle !
J'ai dû coucher.
Bien sûr.
Où est Peter ?
Ma puce, tu nous as manqué !
J'avais un article à finir pour Empire .
- Tallulah t'embrasse. - Elle va bien ?
Je lui ai fait rencontrer un Jamaïcain
qui la tringle quatre fois par jour
et lui inspire de beaux poèmes. Super, non ?
Non, j'exècre ses poèmes.
Au rayon tringle, ça a été avec Doug ?
Ouais.
C'est tout ?
Je te remercie de m'avoir présenté Doug. Et Phil, et John...
- Il te plaît pas ? - C'est pas ça.
Je nous vois pas d'avenir.
Après un seul dîner ?
On n'a rien en commun.
Vous êtes tous les deux artistes.
Il est fleuriste !
C'est un styliste horticole.
Qui rêve de créer une sculpture de Lady Di en bougainvilliers.
- T'es trop snob. - Pas du tout !
Ses œuvres réveilleraient mes allergies.
Il mérite mieux que moi.
C'est pas comme ça que tu trouveras.
Je suis réaliste, c'est tout.
Et moi, je suis la reine d'Angleterre.
C'est moi, la reine, ici !
Mes respects, Majesté !
LOVE (ET SES PETITS DÉSASTRES)
Daphne, c'est horrible !
Bien sûr, je te remplace au shooting.
Sasha me fait pas peur.
Je suis avec toi. Gros bisous.
Comment ça, tu embrasses ta chef ?
Son divorce se passe super mal.
Elle a besoin d'influx positif.
Ça va pas ?
J'angoisse. Il a une réputation de caractériel.
Qui ?
Marvin Bernstein, que j'interviewe.
Tu te laisses impressionner, maintenant ?
C'est pas un présentateur télé à deux balles.
Marvin Bernstein est une légende vivante.
Depuis 20 ans, il produit que des chefs-d'œuvre.
C'est un géant du cinéma.
- Un géant ? - Je dis que je suis malade ?
- C'est peut-être ça. - Je suis malade ?
Bernstein te rappelle que ces interviews
sont censées te payer le loyer pendant que tu écris.
Ne parlons pas de mes scénarios inexistants.
Je me sens déjà insignifiant.
N'oublie pas...
si Marvin Bernstein est un géant, toi, t'es un géant en herbe !
Oui, c'est vrai.
- J'ai rien compris. - Moi non plus.
J'ai rendez-vous avec M. Bernstein.
- Vous êtes ? - Peter Simon.
Vous êtes un parent de Neil ?
Comment ?
Neil Simon. Une belle plume. Et vous ?
Je ne sais pas.
Vous le sauriez.
Kenneth Branagh sur la 2.
Encore une belle plume ! Kenny B. !
J'ai adoré ton script ! Quels putains de dialogues !
Alors chapeau à Shakespeare.
- Ça ne répond pas. - Quoi ?
J'ai dit que la chambre de M. Bernstein ne répond pas.
Bon.
- Je vais attendre. - Je vous en prie.
Les filles, enlacez-vous !
Jade, regarde BenJ dans les yeux.
De l'amour !
Ça se passe bien ?
BenJ déteste Jade, Jade déteste BenJ.
Et Sasha déteste tout le monde.
Le plateau de rêve !
Alors ? J'attends !
Paolo, si je dois demander, c'est trop tard.
C'est qui, ce beau gosse ?
La dernière conquête de Sasha.
Un Argentin.
Apparemment, Sasha l'a levé sur la plage d'Ipanema.
Dingue qu'il dégote tous ses assistants à la plage.
N'est-ce pas ?
C'est l'endroit idéal pour un bilan de compétences.
Tallulah, que se passe-t-il ?
On s'est engueulés, avec Freedom. C'est fini.
Je suis en plein shooting.
J'ai envie de mourir !
D'accord, raconte-moi tout.
Il est venu, on a baisé, j'ai demandé s'il était monogame.
On parle pas de ça après !
- Il a dit qu'il était pour. - Ah bon ?
Le haut, le milieu et le bas de gamme aussi.
- Il a de l'humour. - On rigole pas avec la monogamie !
S'il me trompait, je crois que j'en mourrais.
Tu le connais depuis une semaine. Arrête ton cinéma.
C'est dans ma nature de dramatiser.
- Sasha a besoin de vous. - J'arrive tout de suite.
- C'est qui, celui-là ? - L'assistant de Sasha. Il est gay.
- Comment ? - Gay !
- Comment tu sais ? - Crois-moi, je suis incollable.
Celui-là, pédé comme un phoque.
J'envie les phoques !
Monsieur ?
M. Bernstein a dû repartir à New York.
D'accord. Merci.
Je suis vraiment désolé.
Tu l'aimes. La grappe !
De l'amour, du vrai ! Excellent !
Écrase-la-lui sur les lèvres !
Excellent ! Plus sexy !
Rends la grappe sexy !
Embrasse-la ! Sur la bouche !
Excellent !
Voilà, on l'a !
Jacks,
tu me laisserais emprunter une tenue ? J'ai un rencard.
- Avec qui ? - Un mec, rien de spécial.
C'est peut-être même pas un rencard. Un dîner.
Prends la robe la plus sexy et rentre chez toi.
Qui bouclera, ici ?
Moi. L'amour importe plus que la mode.
- C'est qu'un dîner. - Je rectifie...
Tout importe plus que la mode.
Merci, Jacks.
Dîner, 21 h, chez Nobu. Je peux pas les affronter seul.
Sans problème.
Katie viendra les chercher demain.
James !
Ça va ?
- Y a quelqu'un ? - Ici !
- Alors, le géant légendaire ? - Rien du tout.
- Il m'a fait faux bond. - Dommage.
- Tu lis à poil ? - C'est "Le Chef se dévoile".
- Et t'es solidaire ? - J'attends la douche.
T'as presque plus de shampooing.
- Salut, Peter. - James, ça va ?
Bien, merci.
- Et toi ? - Bien, merci.
Il faut que j'y aille.
Je décolle à 21 h, j'ai ma valise à faire.
- Je t'appelle. - Amuse-toi bien à New York.
Tu fais quoi ?
Je salive sur une salade de betterave
à l'origan et au vinaigre balsamique.
Avec James ?
- Rien. - T'as rompu il y a un mois.
C'est purement sexuel. Il comble un vide, littéralement.
Comment tu vas trouver un mec, collée à ton ex ?
Très juste. Si je reprends James, je serai moins collée à lui.
C'est pas drôle.
Je te le fais pas dire.
À quoi bon te taper quelqu'un que tu n'aimeras jamais ?
C'est pas si simple.
Il est amoureux, mais pas toi. Y a pas plus simple !
T'es injuste. J'aime James. Beaucoup.
Je m'en veux d'être moins attachée que lui.
Je m'en veux de ne pas être amoureuse.
Il est intelligent, doux, gentil. Et je veux pas lui faire de mal.
J'espère toujours que ça viendra,
que je me réveillerai un jour en me sentant...
- Quoi ? - Amoureuse !
Prise de vertiges, de fièvre, de nausée...
C'est pas l'amour, c'est la grippe !
- Au moins j'essaye, gros cynique ! - Cynique ?
- Quand as-tu envisagé l'amour ? - Aujourd'hui !
Je parle pas d'un personnage de roman ou de film.
Moi non plus.
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