İlk 166 satır.
Fatima, ceci est un ordre confidentiel.
Deviens mon espionne.
Votre espionne ?
Comme tu le sais,
Ögödeï est monté sur le trône de l’empire.
Tolui et moi avons accepté cette décision
à condition que tout se passe bien.
Toutefois…
le lien qui unit des frères est chose fragile.
Certes, Tolui n’est pas empereur,
mais il possède désormais la plus grande puissance militaire.
Si cette situation singulière n’est pas maîtrisée,
elle sera source de malheurs.
En effet, je comprends.
Qu’attendez-vous de moi ?
Infiltre-toi à la cour de Djaghataï
et informe-moi de ses faits et gestes.
Le prince Djaghataï ?
Oui, c’est une vilaine supposition de ma part,
mais si quelqu’un devait s’immiscer entre les deux frères,
nul doute que ce serait avant tout Djaghataï.
Il a toujours été le plus proche d’Ögödeï.
Tu es une parfaite inconnue, personne ne se méfiera de toi.
Tu acceptes de t’exécuter dans notre intérêt, n’est-ce pas ?
JAADUGAR - LA LÉGENDE DE FATIMA
ÉPISODE 5 - LES TACHES DU SERPENT SONT VISIBLES, CELLES DE L’HOMME, INVISIBLES
Demain matin,
rends-toi à la tente avec un étendard.
On t’y expliquera comment t’infiltrer.
Un étendard. Une tente avec un étendard.
Ce doit être celle-ci.
Elle m’a ordonné de venir ici, mais après ?
Fatima !
Salut.
Shira ? C’est bien toi ?
Tu es devenu un homme, ma parole !
Mais que fais-tu ici ?
N’étais-tu pas au service du prince Tolui ?
Je suis là à la demande de dame Sorgaqtani.
Je dois te prêter main-forte.
Quelque chose me dit que de nouveaux troubles se préparent.
Œuvrons ensemble à notre ascension sociale.
Tu n’as pas changé…
Et donc ? Quelle est cette tente ?
C’est celle du gestionnaire des biens perdus.
On lui confie les bêtes et les esclaves sans maître.
Entre la transhumance et le quriltaï,
c’est un peu le bazar partout.
Tu en profiteras pour te faire passer pour une esclave du prince Djaghataï.
On joue donc sur une substitution.
Il faudrait une sacrée aubaine pour trouver une esclave adéquate.
T’inquiète. Si le Ciel le veut, tout ira bien.
En piste !
Je ne suis pas rassurée, au contraire.
Bonjour, j’ai une requête.
Cette esclave s’est perdue.
Pourrais-je vous la laisser ?
A-t-elle quoi que ce soit qui l’identifie ?
Hum… Bonne question.
C’est une esclave ordinaire.
À part son sourire charmant, elle est d’une banalité affligeante.
Dis donc !
T’énerve pas. On s’infiltre mieux quand on ne sort pas du lot.
Tu aurais pu le dire autrement.
Calme-toi.
Une chose est tombée.
Qu’est-ce que c’est ?
Il s’agit d’un bézoard.
Je l’ai extrait d’un mouton.
C’est un antidote, ça ! J’en ai entendu parler.
Un instant. Ne serait-ce pas une pierre yada ?
Je ne sais pas ce qu’est un bézoard,
mais on appelle pierres yada celles qui se forment dans un animal.
Elles appellent la pluie.
Les shamans les plongent dans l’eau…
ce qui provoque aussitôt des tempêtes prodigieuses.
Pourquoi une esclave en possède une ?
J’ai peut-être eu tort de l’emporter.
Eh bien, euh…
Pour tout vous dire,
je me suis perdue en voulant la remettre à mon maître.
D’ailleurs, je suis moi-même à la recherche d’une esclave.
Les gens du prince Djaghataï auraient-ils déposé une fille qui lui ressemble ?
Une esclave de l’Ouest à la cour du prince Djaghataï…
Comme s’il allait trouver ça…
Rien qu’hier, on m’en a confié trois.
Beaucoup d’esclaves se perdent avec l’agitation du quriltaï.
Avec un petit effort, celle-ci lui ressemble un peu.
Totalement, oui !
Ah, te voilà ! Je t’ai cherchée partout.
Rien en commun.
C’est à moi de dire ça !
À la revoyure ! J’espère que tu rejoindras vite tes maîtres.
Rien en commun.
Merci bien !
Bon, va attendre avec les autres femmes.
Quelqu’un viendra te chercher.
C’est vrai qu’il y a foule.
Ah, je reconnais ces deux-là.
Excusez-moi, vous comprenez le persan ?
Oui !
Vous venez donc de Mechhed et de Merv ?
Moi, je viens de Tous.
Quoi ? Vraiment ?
Je rêvais de m’y rendre.
Ah oui ?
Il paraît que c’est une belle ville, très vivante.
Tout à fait !
Alors, peut-être que dans une autre vie,
qui sait ?
Nos chemins se seraient peut-être croisés.
Que de souvenirs !
J’adorais faire les courses au bazar.
Je sers désormais à la cour du prince Djaghataï,
mais je me suis perdue en un rien de temps.
Je m’inquiète pour ma famille.
Ta famille ?
Oui, mon époux est esclave, tout comme moi.
C’est un artisan talentueux, né à Boukhara.
Quand on m’a amenée chez les Mongols, j’étais effrayée et désespérée.
Aujourd’hui, je suis épouse et mère.
J’ai survécu, et ma vie a plutôt pris un bon tour.
Le tout, c’est de faire son nid !
Et puis, l’ordre règne sur les terres du prince Djaghataï.
Certaines personnes se sont construit une nouvelle vie ici.
Non !
Je serais parfois prête à leur pardonner.
Je ne dois jamais oublier.
Je m’étais juré
de garder en mémoire
ce que les Mongols nous ont fait.
Hé ! Celle qui vient d’arriver.
Vous parlez de moi ?
Oui, toi. Viens avec moi.
Shira s’est arrangé pour qu’on vienne me chercher ? Il aura fait vite.
Navré pour l’attente. Il s’agit de cette fille.
Tu posséderais une pierre yada.
– Oui. – Montre-la-moi.
La voici. Y a-t-il un problème ?
Viens par ici.
Allez, en selle.
Que se passe-t-il ? Il devait juste m’escorter !
Tu pèses ton poids, toi.
N’essaie pas de filer, voleuse.
Moi, une voleuse ? Il y a erreur sur la personne !
Qui êtes-vous ? Vous appartenez à la cour du prince Djaghataï ?
Tu traites une chèvre de chameau.
Quoi ?
Ça signifie que tu n’y es pas du tout.
Fais-toi une raison et avoue tout.
– Mais je n’ai rien à avouer ! – Hue !
Vous me faites mal !
Où sommes-nous ?
Silence ! Suis-moi bien gentiment.
C’est moi, Qadaq. J’entre.
Je vous ai amené celle qui a volé la pierre.
Je n’ai rien volé du tout !
Entre.
Beau travail, Qadaq.
Je la reconnais.
C’est donc toi.
Toi qui as volé ma pierre yada.
– Plaît-il ? – À d’autres !
Je parie que c’était un ordre d’Ögödeï !
Il cherche vraiment à me déposséder de tout.
Sauf votre respect, à qui ai-je l’honneur ?
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