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UN COUPE-FEU, C'EST UNE BANDE DE TERRE SANS ARBRES DANS LA FORÊT…
… OU TOUT CE QUI PEUT EMPÊCHER UN INCENDIE DE SE PROPAGER.
Salut ! Ça va ?
- Tu m'entends ? - Ça me dit un truc.
- Un voyage ? - Je regarde mon agenda.
- Déplacé à lundi. - Je vois si je peux caser ça.
- Je n'y suis pas allée. - Bon, j'y vais !
COUPE-FEU
- On est arrivés. - Allons-y.
Dani, viens aider ta mère.
- Aidez-moi. - Lide, tu as tout pris ?
- Tiens. - Ma valise.
- Bonjour, Mara. - Salut.
Je prenais des photos pour ne pas vous déranger.
- OK. - Les meubles sont en état.
On peut demander 20 000 de plus.
Oui, d'accord. Ça me va.
Les clés. Je les récupèrerai quand vous aurez fini.
- Je suis Luis. - Merci.
- Le beau-frère de Mara. - Enchantée.
Je vous rassure. Une maison comme ça se vend vite.
On est prêts.
- On fait la course ! - J'ai soif.
On doit ranger les affaires.
Fais-le. Ce sont tes affaires.
Je ne sais pas m'en servir.
On aura un carton de dons qu'on mettra au débarras,
et un pour jeter.
"Dons." Voilà.
- Lance pas la balle. - Il m'imite !
Si tu ne veux pas jouer…
- Si, je veux. - Ben, joue alors.
Dani, aide-moi.
Maman, on va quand dans la forêt ?
Après. On doit nettoyer, puis manger.
- Après, OK ? - OK. Promis ?
Promis. Allez, vas-y. Dani, va jouer avec ta cousine.
Ça, dans le placard.
- Tu les veux ? - Oui, c'était à mes parents.
- Mon frère adorait celui-là. - Allez.
Hé, Mara, il est comme neuf.
- Tu ne le gardes pas ? - Je n'aime pas les gilets.
Si toi ou Luis le voulez…
Je préférerais ne pas l'avoir sous les yeux.
Tu as dû le perdre.
C'est toi le loup !
Une fois calmée, Mara le regrettera.
Tu sais ce que j'en pense.
On peut pas faire comme s'il avait pas existé.
Se débarrasser de la maison, de ses vêtements… C'était ton frère.
Elle doit faire face à son chagrin.
Et pas le fuir.
C'est exactement ce qu'on essaie de faire.
Nous tous.
Tata !
- Regarde ! - Dani.
Alors, regarde, maman !
Trop bon. J'étais affamé.
Pourquoi vendre la maison ? Je l'adore.
- Je la vendrais pas. - Je l'adore aussi.
Mais papa est mort ici.
Lide.
Ce n'est pas pour ça qu'on la vend.
Lide, regarde-moi.
On la vend parce qu'on en achète une belle.
Très jolie, près de la plage.
- À côté de la nôtre. - Voilà.
On pourra passer les fêtes ensemble.
- Génial. - On en a parlé, non ?
- Mais j'aime cette forêt. - On passera.
- Pour ramasser des champignons. - Oui.
S'ils sont lisses et blancs à l'extérieur…
C'est comestible.
Y en a des rouges à pois blancs, et ceux‑là, c'est…
C'est le voisin ?
- Y en a pas ici. - Salut, Mara.
Santiago, salut.
- Ça va. - Et toi ?
- Entre. - Je peux ?
- Bien sûr. - Bonjour.
- Prends place. - Merci.
- Salut. - Je viens de manger et j'ai du travail.
Toute la famille est réunie.
- Mon beau-frère, Luis. - Salut.
- Le frère de Gustavo. - On se connaît.
Sa femme, Elena, je ne crois pas.
- Non, jamais. - Et Dani.
- Salut. - Mon neveu.
- Et Lide. - Et Lide.
Je peux donner un cadeau à Lide ?
- C'est un papillon. - Oui. Vas-y.
Salut, Lide. Je t'ai apporté une surprise.
- Ça vient de la forêt. - Oui.
- On dit quoi, Lide ? - Merci.
- Merci. - De rien.
- Bon… - Je vous ai vus porter des cartons.
Oui, on vend la maison. On s'en va. C'est le dernier jour.
- Bon. - Alors…
Si vous avez besoin d'aide ou…
- D'accord. - Merci.
- C'est gentil. - Bonne journée.
- Prends soin de toi. - Pareil.
- Salut, Santiago. - Salut.
- À plus. - Salut.
À plus tard. Salut.
Il a l'air gentil.
Oui.
On n'est pas très proches, mais Gustavo a passé du temps avec lui.
Il nous a vus charger des cartons toute la matinée.
- Là, il propose de l'aide. - Luis…
Quand on partira, il dira :
"Vous avez besoin d'aide ! Me voilà, puant l'encens et le patchouli."
Il neige ?
Le feu de forêt a brûlé plus de 1 000 hectares de forêt.
Les pompiers s'emploient à maîtriser les flammes.
La sécheresse prolongée et intense…
C'est beaucoup d'hectares.
… a accéléré la propagation de l'incendie.
Sauf changement de vent,
le feu devrait être maîtrisé d'ici la tombée de la nuit.
On espère aussi que le coupe-feu,
créé en fin d'été, pourra empêcher les flammes de gagner…
Les coupe-feu, ça marche pas.
C'est tout pour le moment.
On rejoint à présent notre correspondant…
On finit, et on part.
- Les coup-feu ne marchent pas. - Mais maman.
- On va pas dormir ici, hein ? - Non.
- Dani et moi, on gère l'atelier. - T'es sûr ?
- Nous, les chambres. - Inutile de se hâter, mais…
- Ça va aller. - On va rentrer.
- On y va. - Oui.
Je fermerai pas les cartons.
- Allons-y. - On reviendra un autre jour.
Pourquoi tonton a sculpté ces ours ?
Il les aimait beaucoup.
Ton oncle adorait la montagne. On venait toujours ici.
Il était triste quand ils ont disparu.
On va les ramener à la maison pour les emballer.
- C'est peut-être bien comme ça. - Papa ?
- Quoi ? - Il est mort ici ?
C'est ça.
Il voulait passer ses dernières heures là.
C'est pour ça qu'on est ici.
Pour que tata n'ait pas à le faire. Allez.
Prends celui-là. Je finirai ça plus tard.
- Ça va ? - Oui.
Oui ? D'accord.
Ça, on peut le jeter. Y a un sac, non ?
- Il n'en reste plus ? - Non.
C'est le dernier.
Jetons ça.
Et ça aussi.
Lide, tu as mon cube ?
Non. Je te l'aurais pas donné.
- Fais voir. - C'est à moi.
- Je les ai trouvées. - Tout est à toi.
- J'ai pas dit ça. - T'as toujours ce que tu veux.
- Où est mon cube ? - Je sais pas.
T'as dit que tu le rendrais pas.
- Non. - Si.
Montre-moi.
- Non ! - Si !
- Je les ai trouvées ! - Allez !
- T'es énervante ! - Alors, va-t'en.
- C'est chez moi. - Plus maintenant, Lide.
Garde tes jumelles.
Je donne presque tout. Si quelque chose te plaît…
Maman, j'ai trouvé ça. Je vais remplir ma gourde et on y va.
Lide, on ne peut pas. Il y a un incendie. On doit partir.
- On devait dire adieu ensemble. - On ne peut pas.
- C'est très dangereux. - Mais tu as dit qu'on pouvait.
Oui, chérie, mais il y a un feu.
La hutte va brûler, tu crois ?
Non, l'incendie est loin, mais on doit ranger et partir.
- Allez. - Je me fiche de l'incendie.
On devait aller dans la forêt et dire adieu ensemble.
Oui, mais il y a un feu.
- Et dire adieu ensemble ! - Ça suffit.
On lui dirait adieu, ensemble !
- Il y a un feu, arrête. - Je m'en fiche !
Je me fiche que tu t'en fiches. Fais tes cartons.
- Menteuse ! - Va vider ta chambre !
- Non ! - Je te le répéterai pas.
Allez !
On balance pas les choses !
- Je lui parle ? - Non.
Elle me rend les choses difficiles.
- Mara… - Quoi ?
Quoi ?
Ces photos aussi ?
DÉBARRAS
Vous avez partagé toute une vie.
Exactement.
Malgré ça, il a choisi de pas se battre jusqu'au bout.
Pas même pour nous.
- Je m'occupe de la cuisine. - Oui ! Alors je vais…
Dani, viens nous aider.
Il est d'une grande aide.
- On y va. - C'est tout ?
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