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D'APRĂS UNE HISTOIRE VRAIE
C'est n'importe quoi.
Qui a fabriqué cette camelote ?
- Sven ! - Quoi ?
Regarde ça !
Je dois téléphoner !
STOCKHOLM MINISTĂRE DES AFFAIRES ĂTRANGĂRES
- Le 15 juillet 1942⊠- Bon Dieu !
⊠l'alarme a sonné l'invasion de la SuÚde par l'Allemagne.
On est en guerre !
SECRĂTAIRE D'ĂTAT SĂDERSTRĂM
- Les Allemands attaquent ! - Mon Dieu.
Ils sont lĂ pour nous.
- Il faut en informer le ministre. - Oui.
MINISTRE DES AFFAIRES ĂTRANGĂRES GĂNTHER
OĂč a-t-on failli ? On s'est pliĂ© Ă tout.
Passez-moi l'ambassade d'Allemagne.
Mon DieuâŠ
Ăvidemment, pourquoi Ă©pargneraient-ils la SuĂšde ?
AprĂšs la NorvĂšge, le DanemarkâŠ
- AllĂŽ ? - Bonjour.
J'appelle pour avoir des informations
concernant votre attaque de la SuĂšde ce matin.
De quoi parlez-vous ?
Fritz ! Les Suédois pensent qu'on les attaque.
FAUSSE ALERTE
- Comment ? - Quels imbéciles !
Pardon pour le dérangement.
Bien, monsieur le Ministre.
THE SWEDISH CONNECTION
Je retourneâŠ
En 1942, la SuÚde était une nation isolée, entourée de pays occupés par l'Allemagne.
Elle se disait neutre, mais acceptait la plupart des demandes d'Hitler.
Les troupes allemandes traversaient librement le pays.
Il fournissait la Wehrmacht en minerai de fer
et en roulement Ă billes.
Ă ce stade, presque personne en dehors de l'Allemagne
ne connaissait le sort réservé aux Juifs.
Les Juifs ? On est occupés à faire cette fichue guerre !
Les Suédois n'étaient pas si occupés.
PREMIER MINISTRE P. A. HANSSON
M. Le Premier Ministre !
Une affaire concernant un Juif ? Donnez ça aux Affaires étrangÚres.
Des Juifs ?
Je pars pour Solvalla. Confiez ça à Söderström.
Entrer dans le pays ? Pas question. Filez ça à Gösta.
Gösta ?
Engzell, du service juridique. Au sous-sol.
Il gĂšre les demandes d'asile.
GĂSTA ENGZELL SERVICE JURIDIQUE
Papa, Göran dit que tu travailles pour Hitler.
- Tu fais quoi ? - Ăa n'a rien Ă voir.
Je travaille dans la diplomatie.
C'est quoi ?
Tu te rappelles quand vous avez joué au ballon chez Jonsson ?
- Oui. - Ouais.
Quand il s'est énervé, tu n'es pas allé lui parler.
Je suis intervenu pour arranger les choses.
C'est ça, la diplomatie.
Papa parle aux voisins de la SuĂšde pour empĂȘcher les hostilitĂ©s.
Il tamponne pas des papiers dans une cave ?
Bon, ça fera l'affaire.
Allons-y.
Tu as dit quoi Ă Jonsson ?
J'ai dû faire preuve de subtilité et de finesse.
Tu parles !
Il lui a apporté un gùteau. C'est ça, la diplomatie ?
Ăvitez de toucher Ă la radio.
Elle sert à écouter les informations.
- Pas ce vacarme américain. - Compris.
Donc, tu prépares des gùteaux pour Hitler, papa ?
SERVICE JU IDIQUE
Oh.
OĂč se trouve Engzell ?
Bonjour. Il est juste ici.
VoilĂ pour vous.
Une affaire de Juif.
- Madame Johansson ? - Merci. Encore une.
Gösta Engzell chapeautait le service juridique depuis six ans.
Il était donc déjà en poste en 1938,
quand la SuĂšde a convaincu l'Allemagne
de marquer d'un J les passeports des Juifs allemands.
- Merci. - Merci beaucoup.
Vous vous demandez pourquoi je parle de Gösta ?
Un ĂȘtre insignifiant.
OĂč est le champagne ?
Mais vous allez voir ce qu'un ĂȘtre insignifiant peut faire.
Les faits remontent à un an avant ma rencontre avec Gösta.
ENCORE
- Bonjour. - Bonjour.
Je suis Rut Vogel.
C'est mon premier jour.
Regardez les noms. Je dois faire venir ma famille ici.
Je comprends votre situation,
mais il y a des rĂšgles que nous nous devons de suivre, etâŠ
Ce sont les canalisations. On s'y habitue.
Bienvenue au service juridique.
Six mĂštres.
VoilĂ une raison de plus.
C'est juste⊠Ce n'est pas vivable.
Je vous présente mademoiselle Rut Vogel.
Votre bureau est lĂ -bas.
- Vogel ? - Oui.
- Oui⊠- Oui, Vogel. Elle est allemande.
Allemande ?
- Les SS arrĂȘtent tous les Juifs. - De nombreuses rumeurs circulentâŠ
Ce ne sont pas des rumeurs.
Navré, mais j'ai une autre réunion.
Prenez rendez-vous, et nous étudierons la question.
- Je n'ai que ça Ă proposer. - Je voisâŠ
- Je vous raccompagne. - Ăa ira.
Et ma réunion avec le cabinet ?
Rut Vogel vous accompagnera.
Qui est cette Rut Vogel ?
Ma remplaçante aprÚs mon départ à la retraite.
Bonjour !
Voici les dimensions du bureau.
Engzell, ne revenez pas sans la promesse d'un bureau plus grand.
Nous avons eu vent d'autres troubles en NorvĂšge.
Une centaine d'hommes juifs ont Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©s rĂ©cemment.
Les Norvégiens censurent la presse à ce sujet.
Nils Erik, fais en sorte que notre presse ne l'ébruite pas.
TrĂšs bien, sans faute.
Nils Erik Eklund, ou "Nils-le-Censeur",
gĂ©rait l'autocensure de la SuĂšde via l'agence d'information d'Ătat.
Tous les articles liĂ©s Ă la guerre devaient ĂȘtre approuvĂ©s par Nils Erik.
CENSURĂ
Tout est sous contrĂŽle.
- On a serré la vis. - Bien.
Hitler aurait fait part de sa colĂšre envers la SuĂšde.
Ă cause de la presse.
VoilĂ qui est dit.
Nous pouvons donc conclure la réunion.
Ah oui, j'oubliais.
M. Engzell a aussi un dossier pour nous.
Monsieur Engzell.
Désolé, mais il faut que je file.
Certains ont peut-ĂȘtre d'autres obligations.
Si c'est le cas, vous ĂȘtes excusĂ©s.
Je voulais juste dire qu'au cours des mois d'août et de septembre,
de nombreux dossiers trÚs sérieux ont été rejetés
par l'Immigration.
PAULSON BUREAU DE l'IMMIGRATION
Qu'insinuez-vous ?
Simplement que la pression sur nos épaules ne cesse de grandir.
De plus, nous sommes à l'étroit dans nos locaux.
Vous voulez parler de la taille de votre bureau, monsieur Engzell ?
Ici mĂȘme ?
Je ne fais que rapporter. De nombreux facteurs entrent en jeuâŠ
Non, ce n'est pas suffisant.
Les toilettes de Söderström sont plus grandes que ce bureau !
Doucement. Vous savez bien qu'il n'en a pas.
Vraiment ?
Vous leur avez dit qu'on se noyait littéralement ici ?
Dans la merde !
Reparlons-en plus tard, d'accord ? Merci.
Engzell, on a le consulat d'Oslo sur la ligne deux.
Répondez.
- Calme-toi. - Je suis trĂšs calme !
Toi, calme-toi ! J'essaie de⊠Tu as une meilleure idée ?
- Engzell Ă l'appareil. - Ici Westring. Bonjour.
CONSULAT D'OSLO
Comment allez-vous ?
Je vais bien, merci.
- Donc⊠- AlorsâŠ
Vous devez ĂȘtre au courant pour les Juifs arrĂȘtĂ©s ce week-end.
Tous les hommes juifs de Trondheim.
- Ainsi qu'une centaine ici, Ă Oslo. - Oui, maisâŠ
Ils seront bientÎt libérés, exact ?
L'un d'eux est un citoyen suédois.
J'aimerais obtenir votre autorisation pour soumettre une note verbale
afin de faire libérer cette personne.
Je voisâŠ
Un instant.
C'est inutile ! Tout semble inutile !
Ăa ne sert Ă rien de parler Ă Engzell !
Alors, on fait quoi ? Tu m'expliques ? On ne peut pas compter sur lui !
Il n'ose mĂȘme pas parler Ă Söderström !
- AllĂŽ ? - Parlons-lui nous-mĂȘmes.
- On doit⊠- On doit agir !
Oui, mais d'abord⊠soufflons.
AllĂŽ ?
Je ne pense pas que le moment soit bien choisi.
On ne parle que d'une personne !
Merci d'avoir appelé.
- à une autorité supérieure ! - Supérieure ?
- Söderström ? - Oui.
Vous devriez quand mĂȘme soumettre la note.
Stockholm s'est montrĂ© catĂ©gorique. Vous l'avez entendu vous-mĂȘme.
Un citoyen suédois est emprisonné à tort !
Vous avez peur de vous faire taper sur les doigts ?
Moi, peur ?
Engzell.
Nous avons longuement Ă©changĂ©âŠ
Vu les nombreuses affaires concernant des Juifs et notre manque d'espace,
nous suggérons d'archiver ces affaires autant que possible,
et au plus vite.
Bien.
ENTRE VARSOVIE ET BERLIN
VON OTTER DIPLOMATE SUĂDOIS
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