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Notre garnison de Tous a été défaite par les nomades.
Elle a été annihilée.
Empêcher l’ennemi de pénétrer la ville semble compromis.
Ils pilleront nos demeures.
Nous cacherons donc nos vivres et nos biens.
Ça ne va jamais rentrer, tout ça !
Mes fils et moi allons nous réfugier dans les montagnes.
Oui, c’est une bonne idée.
Toi et Sitara, cachez-vous dans la cave.
Nous reviendrons dans trois jours.
Sitara, je te confie Fatima.
Oui, je la protégerai.
À bientôt, madame, Sitara.
À très vite !
Ça me rappelle des souvenirs d’enfance.
Nous étions souvent évacués.
Toi, alors ! Arrête un peu de prendre ça à la légère !
Tenez, madame. Prenez quelques dates.
Merci, Sitara.
Enfermées ici, on a l’impression que le temps s’est arrêté.
La lumière du soleil qui nous parvient est apparue pour la troisième fois.
M. l’oncle et les autres ne vont plus tarder.
Quand bien même ils seraient en retard,
nous avons largement de quoi survivre, grâce à Anis et Zumurrud.
Même vos livres sont en sécurité.
Tu as raison.
Merci, Sitara. Je suis rassurée de t’avoir à mes côtés.
Je ne fais rien de spécial.
Dites-moi, madame,
croyez-vous que les nomades lisent ces ouvrages savants ?
Je n’en sais rien.
Mais en perdre un seul est inconcevable.
Mon époux a passé sa vie à les rassembler.
Je comprends.
Dis-moi, Sitara…
est-ce que tu aimes Mohammed ?
Oui, bien sûr, je le respecte.
Peu de gens me semblent aussi sagaces que lui.
Il ressemble beaucoup à son père.
Il n’apprécie guère le côté conservateur de la théologie.
J’imagine que, plus il avancera sur sa propre voie,
plus il rencontrera d’oppositions.
Dans ces moments-là, la seule à même de lui servir de refuge,
ce sera toi, Sitara.
J’aimerais que tu t’occupes de lui.
En ta qualité d’individu.
D’accord.
Ce doit être mon frère. Nous allons enfin pouvoir sortir.
Oui.
JAADUGAR - LA LÉGENDE DE FATIMA
ÉPISODE 2 ROSES EN FLEURS AU MOIS DE SAFAR
Merci, Sitara.
Ce n’est rien.
Poussez-vous.
Sitara,
ne leur tiens pas tête.
Bien, madame.
Je l’ai trouvé, Votre Altesse !
C’est celui-ci.
Bien.
Voici donc Les Éléments d’Euclide.
Non, pas ce livre…
Pas d’erreur possible ?
Non.
Magnifique ! Ça valait le déplacement.
Que fait-on des autres livres ?
Peu m’importe. Fais-en ce que tu veux.
À vos ordres !
« Le voleur et la voleuse, à tous deux,
coupez la main en punition de ce qu’ils se sont acquis ! »
– Sitara ! – Ce livre…
Il n’est pas à vous ! Rendez-le-nous !
Que dit-elle ?
Elle, euh…
Elle exige que vous rendiez le livre que vous avez volé.
Elle ose me traiter de voleur ?
Calomnie !
Toute chose ici-bas
appartient à mon père, Gengis Khan,
tout comme le soleil illumine la terre !
« Je ne suis pas un voleur.
Toute chose ici-bas… »
Ce garçon parle notre langue.
Tels sont ses mots.
Fillette,
tu ne manques pas de courage.
Petite prétentieuse !
La seule chose en droit de ressentir les faibles tels que toi,
c’est la peur.
Non !
Madame…
Ne touchez pas…
à un cheveu…
de ma fille…
Madame.
Dame Fatima ! Dame Fatima !
Sitara ?
Tu as survécu !
Tu n’es pas blessée ?
Anis…
Je…
Je… J’avais promis de protéger dame Fatima…
Je l’avais promis, mais…
Dame Fatima est…
Je vois.
Nous étions à mi-chemin de la montagne quand ils nous ont capturés.
Puis, nous avons été divisés en plusieurs groupes.
Celui des femmes, celui des enfants, celui des artisans…
Les autres hommes et les personnes âgées
ont été emmenés autre part.
Nous n’avons plus revu M. l’oncle.
Après quoi…
Mikhail…
Mikhail !
Non…
Zumurrud.
Debout !
Nous partons !
Arrête de pleurer, je t’en prie. Sois sage.
Zumurrud, tu peux te lever ?
Ça va aller.
Cet homme,
c’est le quincaillier qui avait réparé la bassine, jadis.
Nous devons vite retrouver M. l’oncle.
Hassan… Hassan !
La peur suscitée par ces inconnus conduisit
Sitara et ses pairs dans les steppes.
Cette année, le mois de Safar était encore frisquet.
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