The first 200 lines.
On ne devrait pas être ici.
Magnus a dit que c'était une opportunité,
à condition de supporter le froid,
les longues nuits,
et la faim.
L'année dernière, tous ces râteliers étaient pleins.
Hier, on a commencé à manger le poisson qu'on avait mis de côté.
Les hommes ne pensent qu'à leur prochaine journée en mer.
C'est peut-être le seul moyen de survivre.
Mais je refuse de marcher aveuglément dans le noir.
Appâtez les hameçons et attachez-les vite
Alourdissez-les d'une pierre
Il y a deux oiseaux sombres Dans un ciel blanc
Le soleil a la couleur des os
- Bonsoir, Helga. - Bonsoir, madame.
Ça fait du bien.
Ce long hiver N'en finira jamais
Jusqu'à ce qu'on me rende mon amour
Rangez les rames, lancez les lignes
Inclinez la tête et priez
- Je vous ai gardé la tête, madame. - Merci, Helga. Asseyez-vous.
- Vous étiez debout toute la journée. - Merci.
Le fjord est gelé Les collines enneigées
Et la mer pleine de poissons
Oui !
Ce long hiver n'en finira jamais
Jusqu'à ce qu'on me rende mon amour
Oui !
C'est déjà triste de manger notre salaire,
mais avec ce goût...
Si vous n'aimez pas, cuisinez.
Tu veux changer de place ? Je parie qu'Helga rame mieux.
Dites-moi...
Suis-je un menteur ?
Non, pas du tout.
J'ai su que durant au moins trois hivers,
les pêches ont été aussi faibles.
Mais on avait encore de quoi vendre.
Sans vous offenser, Ragnar,
mes inquiétudes ne concernent pas la pêche,
mais le bien-être des hommes.
Durant ces périodes, tout le monde n'a pas survécu.
C'est une station de pêche, ici.
Un homme qui n'a pas de cicatrices sur les mains,
de sel dans le sang,
et l'estomac qui gronde du matin au soir
n'a rien à foutre ici.
Père.
Excusez mon langage.
Vu que les routes de montagne seront enneigées jusqu'au printemps,
autant se serrer la ceinture,
et ne plus se plaindre,
car personne n'ira nulle part.
Vous savez, Eva, votre mari, paix à son âme,
a lancé cette tradition
de porter un toast aux hommes à l'équinoxe d'hiver.
La situation semble sombre,
mais nous avons malgré tout de la chance.
À partir de demain, les jours rallongeront,
et ce jusqu'au printemps,
où vous retrouverez enfin vos proches,
où qu'ils soient.
Ils seront ravis de vous voir.
À vrai dire, ils seront surtout ravis
de voir notre argent.
Que le Seigneur vous protège des récifs,
des créatures marines et des pirates.
Tu seras bientôt un homme.
Ferme-la.
J'ai entendu parler de deux frères,
venant d'une ville un peu plus au nord.
C'étaient des pêcheurs.
L'un était très beau, l'autre était banal.
Ils travaillaient dur chaque hiver.
Et avec le temps, ils devinrent riches.
Alors,
le plus banal des deux frères dépensa son argent judicieusement,
mais pas le plus beau.
Plus il grandissait, plus il enviait
la jolie femme de son frère,
et leur belle maison.
Alors, un jour,
quand ils étaient en mer,
il prit sa rame
et frappa trois fois son frère à la tête,
il le poussa par-dessus bord et rentra.
Il dit à tout le monde qu'il y avait eu un terrible accident.
Une année passa.
Il épousa la jolie femme de son frère
et emménagea dans leur belle maison.
Puis, une nuit,
alors que tout le monde dormait,
on frappa à la porte.
Il envoya un domestique voir qui c'était,
mais l'homme ne revint pas.
Il envoya sa femme,
mais elle ne revint pas non plus.
Finalement, l'homme alla lui-même à la porte,
mais il n'y avait personne.
Juste une forte odeur d'algue
et de viande pourrie.
Alors,
à l'arrière de sa tête, il sentit...
Fous le camp.
J'ai été surprise de voir autant de joie, hier soir.
Les pêcheurs sont comme ça.
On boit quand les temps sont bons,
et plus quand ils sont mauvais.
En plus, j'ai gagné un pari.
Voir Ragnar perdre son argent, ça remonte toujours le moral.
Quel était le pari ?
Je ne m'en souviens pas.
Allez.
C'est un peu gênant, pour être honnête.
- Ça vous concernait. - Moi ?
Certains hommes pensaient que vous ne reviendriez pas cette saison.
Après ce qui est arrivé à Magnus,
ils pensaient que vous vendriez la station de pêche
avant de rentrer chez vous.
Magnus était ma famille.
- Oui... - Cette station de pêche...
C'est tout ce qu'il me reste.
Allez. Un, deux, trois.
Soulevez !
Stop !
Pauvres âmes.
Ils ont dû s'échouer sur les récifs quand la marée a changé.
Que faisaient-ils aussi loin ?
Dieu tout-puissant,
protège ces hommes apporte-leur l'aide dont ils ont besoin,
et sauve-les de la mer glaciale.
Amen.
- Où tu vas ? - Allumer le feu de camp.
Les survivants seront gelés quand on les ramènera.
C'est pas notre problème.
- Ça pourrait être nous. - C'est pas le cas !
S'ils avaient un peu de bon sens, ils n'auraient pas approché un tel bateau
si près du rivage.
On a déjà perdu Magnus dans ces récifs.
Et tu veux qu'on prenne le bateau
pour risquer nos vies ?
Pour des étrangers ?
Ce sont des étrangers.
On ne va pas les aider ?
T'as entendu ce qu'a dit Eva, hier soir ?
On peut à peine se nourrir.
Il doit y avoir 10 ou 20 personnes, là-bas.
Si tu n'aimes pas ma façon de commander, trouve un autre bateau.
C'est moi, le timonier. C'est ma décision.
Non, c'est la sienne. Le bateau est à elle, pas à toi.
Je crains que Ragnar n'ait raison.
Aider ces hommes nous mettrait tous en danger,
et je ne le veux pas.
Je ne peux pas.
Nous ne pêcherons pas aujourd'hui, par respect.
C'est bon.
On devrait fouiller les plages.
On perdrait notre temps.
Comment ça ?
C'est un coup de chance que ça ait fini là.
Je connais les courants.
Les débris qui flottent resteront près des récifs.
Combien de temps ?
Jusqu'à la prochaine marée.
Après ça, qui sait ?
On peut sortir un bateau avant ?
Il faut y aller maintenant.
Continuez à ramer.
Arrêtez.
Là !
Attention, imbécile. Tu vas nous renverser.
Ragnar, par ici.
- Venez à l'arrière, madame. - Éloignez-nous !
- On peut les aider ? - Ils sont trop nombreux.
Ils nous feront couler.
Venez à l'arrière, madame.
Éloignez-nous !
- On s'en va ! - Allez-vous-en !
- Ramez ! - Allez-vous-en !
On va chavirer !
Arrêtez. Stop.
Lâchez-moi !
N'approchez pas !
Ragnar !
Où est Ragnar ?
Ragnar !
- Continuez à ramer. - Ragnar est tombé à la mer !
- Où est Ragnar ? - Quelqu'un le voit ?
Il est tombé !
Ragnar !
Mon Dieu.
À l'aide !
- À l'aide ! - Reculez !
Cinq pots d'huile de lampe, et six bouteilles d'eau-de-vie.
C'est tout.
Au moins, on ne sentira pas le froid.
Tu crois que ça valait le coup ?
C'est mieux que rien.
On a perdu notre timonier, imbécile.
Comment on va pêcher ?
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