The first 200 lines.
Bon retour, Kaede.
Me revoilà enfin à Maebashi.
30E TOUR - LE MIRACLE DE 13 H 09 MIN
J’ai été assez affairée, mais le plus gros est réglé.
Il reste le cas de mon neveu. C’est à moi de lui parler.
Le moral de tes parents doit être au plus bas.
Pas tant que ça.
Comme tu le sais, mon frère était le fils prodigue.
Je serai un peu embarrassé
quand je les saluerai cet automne.
Il a fallu que je sois son chirurgien…
Quoi ? Tu t’en fais pour ça ?
Ça ne te ressemble pas.
Je leur ai déjà expliqué,
et mes parents ne sont pas bêtes.
Ils te sont surtout reconnaissants.
Qu’est-ce que raconte le grand chirurgien
de l’hôpital universitaire de Gunma ?
C’était si bien, Niigata ?
C’était l’éclate, même.
D’habitude, je vais toujours chez ma grand-mère avec mes parents,
et là, ils étaient pas là, ça changeait.
En somme, tu as monopolisé Kanata pendant quatre jours.
Ah oui, on peut dire ça…
Désolée.
D’ailleurs, j’ai pris plein de photos marrantes !
Comme quand il dort ou qu’il chasse des libellules.
Je te les montrerai.
Sérieux ?
L’été peut se finir, je n’ai plus aucun regret.
Pas question ! Je n’ai encore rien fait, moi !
Allons à la plage ! C’est l’été, quoi !
Je n’en ai pas très envie…
Je veux pas me montrer en maillot devant des inconnus.
Dit l’Ange du MFG !
Ton costume est bien plus léger qu’un maillot !
Pourquoi les filles portent un maillot à la plage ?
Pas pour le montrer aux gens !
C’est pour bronzer, nager et profiter de la plage !
C’est à 100 % pour nous-mêmes !
Faut être bête pour se soucier des regards !
Elle a raison…
C’est rare d’entendre des arguments convaincants de ta bouche.
C’est la base.
Bref, je te laisse gérer pour choisir une date.
J’inviterai Yûka. Toi, invite Kanata !
Kanata aussi ?
Évidemment !
Pour qui j’ai acheté ce joli maillot, à ton avis ?
Tu dis une chose, mais t’en fais une autre.
Tu cherches clairement à te faire reluquer.
C’était si bien que ça, Niigata ?
Je suis content pour toi, Kanata.
Je me suis amusé chaque jour.
Quand j’y repense, j’ai l’impression d’avoir rêvé.
Le riz de Niigata est incomparable.
Chaque grain brille comme un joyau.
Il dégageait un doux parfum.
J’ai eu le sentiment de goûter au summum de la cuisine japonaise.
La chance !
J’en ai jamais mangé.
La grand-mère de Ren est brilliant and lovely.
Malgré sa petite taille, elle a un grand cœur.
Les membres de la famille de Ren sont tous incroyables.
Elle a été élevée avec amour par des gens fabuleux.
Elle deviendra forcément une femme charmante.
Présenté comme ça,
on sent bien que tu l’aimes.
Pour l’instant, c’est encore une enfant gâtée.
Il faut dire qu’elle frappe sans prévenir.
Tiens, quand on parle du loup.
Allô ?
À la plage ?
Je suis invité ?
Ça va être compliqué.
J’ai pris quatre jours de repos pour notre séjour à Niigata,
du coup, je travaille toute la semaine.
La plage ?
Dans ce cas, va pour mercredi prochain.
Tu es où ? Au garage d’Ogata ?
Propose-lui de venir.
Il vaut mieux qu’il y ait des garçons pour éconduire les dragueurs.
À plus.
Tu vas à la plage avec une Ange ?
Vous me collez trop, M. Ogata.
Je t’envie trop !
Les amies de Ren viennent aussi.
Elle m’a demandé de vous inviter.
Pardon ?
Je peux vraiment y aller ?
Vous devez venir !
J’ai du mal à parler avec d’autres filles que Ren.
Ma sociabilité au travail n’est qu’une façade.
Je viens, bien sûr. Mais pourquoi m’inviter ?
Elle a parlé d’éconduire les dragueurs,
mais c’est quoi ?
Pour faire simple,
ce sont les coureurs de jupons qui font du gringue aux filles.
I see. Girl hunt.
Il y en a aussi en Angleterre.
Une journée à la plage avec de jolies lycéennes !
Je suis si heureux d’être en vie !
C’est le meilleur événement estival de toute mon existence !
M. Ogata ! Vos jours sont en danger !
Vous faites une grosse hémorragie !
Chérie ! Chérie, où es-tu ?
Qu’y a-t-il ?
Tu as couru sous cette canicule ?
J’ai appris une terrible nouvelle.
À l’instant,
j’ai pu parler à Kaede au téléphone.
Ken Katagiri…
est décédé le mois dernier à l’hôpital universitaire de Gunma.
C’est horrible…
Qu’allons-nous dire à Kana ?
C’est une lourde responsabilité, mais quand il rentrera,
je lui en parlerai moi-même.
Euh… je…
Je suis un peu perdu.
Comment est-ce possible ?
Si seulement j’avais pu trouver des indices plus tôt.
C’est regrettable.
Je suis désolé, Kanata. Je n’ai pas pu t’aider.
C’est faux !
Ne dites pas ça, M. Saionji.
Vous avez fait de votre mieux.
Je vous remercie du fond du cœur.
Kanata…
Ton père avait une sœur bien plus jeune.
Kaede Katagiri. Elle travaille à l’hôpital universitaire de Gunma.
Cette personne est donc ta tante.
Elle a demandé à te rencontrer pour discuter avec toi.
Tu voudrais aller à Gunma ?
Oui, si ça me permet d’en apprendre plus sur father,
j’irai n’importe où !
Tu es sûr que ça ira, seul, Kana ?
Mon mari pourrait t’accompagner.
Ne vous inquiétez pas, Mayuko.
C’est gentil, mais je peux y aller seul.
M. Saionji a du travail.
Et vous avez vos cours de peinture, ça passe en priorité.
Il a raison. Va travailler, papa.
J’irai.
Je vais à Gunma avec Kanata.
Mais…
Très bien.
Ren est parfaite pour le rôle.
Laissons-la faire.
Ça ne te dérange pas, Kanata ?
Elle peut t’accompagner ?
Je suis inquiète. Je doute que Ren puisse être utile.
Ce serait pareil avec moi.
Tant qu’il a quelqu’un à qui se confier, ça ira.
En ce sens, Ren est idéale pour le rôle.
Je la prenais encore pour une enfant,
mais elle a bien grandi sans que je m’en rende compte.
Enchantée.
Je suis Kaede Katagiri.
Tu dois être Kanata. Je l’ai su tout de suite.
De près, tu es le portrait craché de Catherine,
mais de loin, c’est fou ce que tu ressembles à mon frère.
Entre ta gestuelle
et l’allure que tu dégages, on dirait lui dans sa jeunesse.
Les liens du sang sont vraiment mystérieux.
Excusez-moi.
Je suis Ren Saionji. J’accompagne Kanata.
Enchantée.
Tu es donc la fille des Saionji. Quelle jolie accompagnatrice.
Je suis navrée.
Vous avez fait de la route, mais je n’ai que peu de temps.
Discutons autour d’un café.
Mon frère souffrait d’un cancer.
Quand il a été transporté à l’hôpital,
il était déjà en phase terminale.
Même une chirurgie n’aurait rien pu y faire.
Vu l’état de progression,
il devait ressentir les symptômes,
mais il a ignoré les signaux d’alerte de son corps
pour se plonger dans son travail.
Il était comme ça. Lui et son entêtement…
Quel genre de travail faisait-il ?
Il était sculpteur.
Pour être plus précise,
il était spécialisé dans les statues de Bouddha.
I see. C’est incroyable.
J’imagine qu’il ignorait que j’étais au Japon.
Non, il le savait.
Je suis désolée.
Je lui ai suggéré de te contacter,
ce n’est pas faute d’avoir essayé.
Mais il refusait obstinément de m’écouter.
À mon avis,
il ne savait pas ce qu’il pouvait te dire.
Je le sais.
Il ne se pensait pas en droit de se présenter comme ton père,
alors qu’il était parti à ta naissance.
Malgré tout, il regardait chacune de tes courses.
Il a vu les deux premières sur son lit d’hôpital.
Mais aux qualifications de la troisième étape,
il était déjà dans le coma.
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